PARTIE III. — LIVRE III
garder les carrières comme épuisées. Un ingénieur grec, M. Gléanthis, qui croyait qu'elles contenaient encore une quantité abondante de matériaux précieux, finit, après des travaux considérabres , par découvrir à Saint-Minas sur les montagnes de Marpissa , tout près des anciennes carrières, du marbre dont la qualité est supérieure au célèbre lychnites des anciens , fait qui a été constaté par un rapport de M. Bastard, de la marine impériale française, adressé à son gouvernement.
Les marbres du Pentélique et de THymelte n'étaient pas moins estimés pour la sculpture en général et pour l'architecture ornemenlale que ceux de Paros et de Ténos pour la statuaire. Les uns et les autres étant voisins de la mer, l'exportation en serait facile « et , dit un économiste, M. G. Leconte, ils donneraient incontestablement de beaux produits, si l'on voulait s'en occuper sérieusement. »
J'ignore s'il en est de même des minerais de fer, qu'on prétend exister sur plusieurs points. Une exploitation attentive pourrait seulerésoudre cet important problème. L'existence de l'argent est mieux constatée, puisqu'un Français, M. Sau-
vage, ingénieur des mines, en a trouvé une certaine quantité dans le plomb de Kéos. J'ai déjà dit que le cuivre se trouve à Garystos. Quand la Grèce aura découvert de Tor dans ses montagnes , elle possédera les métaux qui ont servi à ses poètes à caractériser ces quatre âges dont l'humanité parle comme les vieillards de la jeunesse. Pour elle, comme pour eux, le temps où les illusions empêchent d'apercevoir les réalités de la vie se nommera toujours un « âge d'or. »
Mais aujourd'hui que notre globe, menacé du sort de son satellite glacé , est déjà à moitié refroidi , il n'y a plus d'espoir de mener une existence facile sur un sol fécondé par la dépouille des innombrables générations vivantes qui nous ont précédés. Il faut maintenant parcourir les mers , gravir les montagnes et même descendre dans les entrailles de la terre. Un Hellène ne se résigne pas à la dernière de ces épreuves, comme l'Anglais taciturne ou le Belge flegmatique. Cependant on tire en Grèce quelque parti de l'émeri de Naxos, de la pouzzolane de Théra, de la pierre meulière et des plâtrières de Mélos. Les tableaux de l'exportation pour 1852, 1853, 1854, portent l'exportation des minéraux à 440,400,