‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 17 sur 339 · PARTIE II. — LIVRE V. S · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE V. S

la nomarchie d'Argolide — des écoles célèbres de peintres et de sculpteurs capables de répandre son nom dans toute la Grèce. Elle dut aussi voir Corinthe , maîtresse du commerce des deux mers , l'éclipser par son luxe et par ses richesses. Mais aujourd'hui Sycione n'est plus qu'un nom. Corinthe est une misérable bourgade , tandis que l'Ârgolide possède dans Naupli une des plus jolies villes de la Grèce, qui a eu l'honneur d'être un moment la capitale du royaume.

Après quelques heures de repos , je me réveillai aux premiers rayons du jour. Avant le lever du soleil, les montagnes se colorèrent de la teinte de rose que le divin Homère met aux doigts de l'aurore. A Akladocambos , la nature ne me rappela pas seule le souvenir des Olympiens. M. Pappadopoulos y trouva une inscription en vers du deuxième siècle , consacrée aux louanges d'un citoyen qui donna à ses frais des fêtes publiques en l'honneur de Gérés et Proserpine. Ce «conservateur» du deuxième siècle n'avait pas soupçonné que l'inscription dont il était si fier ne provoquerait un jour qu'un sourire ironique. Les «athées» cachés an fond des

catacombes inspiraient certainement encore plus de mépris que d'borreur à ces adorateurs des «dieux immortels.» Tacite, ce penseur par excellence, en parle avec autant de dégoût que des délateurs dont la Rome impériale était peuplée. Les philosophes et les hommes d'État étaient sur ce point d'accord avec la foule fanatique et superstitieuse. Comment se fait-il que tous se soient trompés? Comment n'ont-ils pas soupçonné que des croyances, destinées à devenir la loi du monde civilisé, avaient quelque beauté et quelque puissance? Un tel aveuglement serait pour nous incompréhensible si nous n'entendions pas tous les jours des hommes estimés raisonnables répéter que les institutions décrépites du moyen âge n'ont pour adversaires que des «insensés» ou des «scélérats.» L'aveuglement d'un certain nombre de nos contemporains, défenseurs obstinés de la théocratie et d'un despotisme sans avenir, explique l'entêtement de la société païenne. Les Porphyre et les Julien font comprendre les J. de Maistre et les Charles X. Les arguments dont les premiers se servaient sont encore les mêmes que leurs imitateurs emploient avec un ton de conviction qui

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