‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 190 sur 339 · PARTIE IV. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — LIVRE II

une Faculté de droit, mais quand on pense que de grands établissements d'instruction comme ceux que possède la France, n'ont point encore de chaires d'économie politique ; que la Sorbonne elle-même en est privée et qu'une seule a été créée au Collège de France pour M. Michel Chevalier , on est plus porté à féliciter la Grèce d'avoir fondé cet enseignement capital dans des contrées où il peut rendre tant de services , que de s'inquiéter d'une classification imparfaite. A la Faculté de théologie , on enseigne le dogme , la morale , l'histoire de l'Église, l'Écriture sainte ou exégèse et l'éloquence sacrée.

La Uttérature héfiraïque serait beaucoup mieux placée dans cette Faculté qu'à la Faculté des lettres et sciences. L'hébreu , malgré la sublimité des prophètes, n'est point pour les littérateurs un objet d'études capital comme pour les théologiens. Il suffit d'avoir une idée du développement vraiment prodigieux de l'exégèse en Allemagne depuis Spinosa jusqu'au docteur fiaur, le célèbre fondateur de l'école de Tûbingen , pour comprendre la portée de cette observation. Or l'Ancien Testament étant tout entier en hébreu —

l'Eglise orientale ne reconnaît point les livres

grecs admis par l'Église romaine — ce n'est point, quoi qu'en ait dit le docte philologue Iconomos , par une traduction — fût-ce la traduction des Septante — qu'on peut se faire une idée exacte d'écrits où le sens précis d'un mot peut modifier tout un système théologique. L'hébreu est nécessaire même pour l'intelligence du Nouveau Testament, dont le grec est tellement rempli de tournures étrangères qu'on y trouve constamment des écrivains qui pensent dans leur langue nationale et qui s'expriment péniblement et obscurément dans une autre. Les remarques que je viens de faire ne s'appliquent pas seulement à l'Université d'Athènes. En général, l'étude approfondie de la Bible est beaucoup trop négligée dans l'Europe orientale. Et pourtant il s'agit du livre par excellence , du livre qui est devenu la base de la plus forte et de la plus brillante de toutes les civilisations , du livre qu'invoquent toutes les Églises , toutes les sectes , et très-souvent les hommes d'État et les philosophes pour justifier leurs théories !

Quant à la morale , on ne saurait trop recommander aux théologiens de se rappeler les admirables discours de Jésus-Christ contre le pha-

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