‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 189 sur 339 · PARTIE IV. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — LIVRE II

nus dans leurs continuelles épreuves par l'inébranlable conviction qu'ils parviendraient à ressusciter leur nationalité. «Si je suis encore attaché à une vie empoisonnée par raraertuine des maux qui vous accablent , disait Coraï en 1803, c'est dans l'espoir de vous voir reprendre bientôt votre rang parmi les nations*.:^ Le clergé qui n'avait point, comme les prêtres de Rome, engagé une lutte funeste contre les lumières, ne s'opposait point à ces généreuses tentatives. Coraï pouvait, au contraire, citer une circulaire adressée aux Hellènes , pour les engager à fonder une Université au Mont-Athos. «Chaque être , disait le patriarche de Constantionple , est doué de qualités qui lui sont propres , celle de l'homme est la raison ; mais cette raison a besoin d'être cultivée. » Le vœu contenu dans cette circulaire est aujourd'hui réalisé. Les Hellènes ont deux Universités, l'une à Corfou* et l'autre à Athènes.

L'Université possède un bel édifice , où sont réunies les quatre Facultés de théologie, de droit, de médecine, des lettres et sciences. On

* Mémoire sur l'état actuel de la société grecque,

* Voy. Les Iles Ioniennes^ trad. par C. Rhally. Athènes 1859, imprimerie Irinidis.

s'étonne de ce que la terre natale des Socrate , des Platon , des Aristote et des Zenon n'ait pas de Faculté de philosophie. Un Français le comprendrait , puisque la France n'a pas non plus de Faculté spéciale pour une science dont l'enseignement est si étendu et si compliqué ; mais un Allemand se scandaliserait de ce peu de bienveillance pour la philosophie. En outre , la Faculté des lettres n'est pas distinguée de la Faculté des sciences , quoiqu'il y ait entre ces deux Facultés très-peu de rapports, et que l'immense développement des sciences au dix-neuvième siècle ne permette plus de contester les services qu'elles sont appelées à rendre au genre humain. Les Facultés de médecine et de droit sont mieux organisées. Il est vrai qu'on peut s'étonner d'abord de voir le droit canonique dans cette dernière Faculté ; mais en Orient l'Église n'ayant point, grâce à Dieu, de prééminence sur l'État, le droit canon est comme dans l'ancienne Église gallicane et dans l'Église toscane sous Léopold 1er ^ ainsi que l'exigent les véritables intérêts des nations , toujours en harmonie avec le droit civil. L'économie politique serait mieux placée dans une Faculté des sciences que dans

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