‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 192 sur 339 · PARTIE IV. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — LIVRE II

tantes de la science astronomique sont trouvées ; la découverte de quelques petites planètes perdues dans Tespace , découverte qui la plupart du temps ne se fait pas dans les observatoires — il suffit de citer des noms tels que ceux de MM. Chacornac , Luther , Leverrier — n'intéresse pas l'humanité comme les progrès de l'agriculture, de la physiologie, de la chimie, de la physique, etc., sciences qui ont réalisé, dans ces derniers temps , de telles merveilles qu'on doit en attendre des prodiges dont l'imagination ne peut encore se faire une idée. La même observation s'applique à la construction du « palais de l'Académie hellénique ». Ce ne sont pas les «palais » qui font les a académies » , mais les écrivains , lïs philosophes et les savants. L'histoire de l'Académie française montre combien furent modestes les débuts de cette institution dont la renommée a été un moment européenne. Dans un pays qui manque presque partout de voies de communication , où il reste tant de marais à dessécher, de canaux à creuser, de localités à assainir, etc., on pouvait assigner à l'Académie, qui n'est encore qu'un projet, un des appartements du vaste château royal , à côté du-

quel les membres eussent eu à leur disposition de nouveaux jardins d'Académus. Peut-être diral-on que, appartenant à la Société d'archéologie, j'ai des goûts trop modestes, et qu'un poète aurait des vues plus larges. Quoi qu'il en soit, il me semble que l'important était de réunir en un seul Institut, analogue à l'Institut de France, admirable création de la Révolution française, les quatre Sociétés savantes d'Athènes , la Société d'archéologie , la Société de médecine , la Société d'histoire naturelle et la Société des beaux-arts. La première pouvait être transformée en Académie des inscriptions, la seconde en Académie de médecine , la troisième en Académie des sciences, la quatrième en Académie des beaux-arts. Il faudrait évidemment une cinquième classe consacrée aux lettres , et correspondant à la section de l'Institut qu'on nomme maintenant Académie française. Quant à la nécessité d'une Académie des sciences morales et politiques, je ne la vois nullement. Toutes les sciences sont morales , et la politique est mieux placée dans un Parlement que dans une Académie. Il faudrait, au contraire, prendre toutes les précautions possibles pour éviter les spec-

Page 1