‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 193 sur 339 · PARTIE IV. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — LIVRE II

tacles étranges que donne parfois au monde rÂcadémie française qui y pour des motifs uniquement politiques , a nommé trop souvent des candidats complètement dénués de titres, tout en excluant de ses rangs des penseurs pareils à Descartes, des écrivains tels que Lamennais, des orateurs comme Mirabeau et des poètes tels que La Fontaine, Fauteur de Tartufe et Béranger*. Le jardin botanique , situé sur l'ancienne voie sacrée qui mène à Eleusis , est une de ces créations modestes , mais utiles , qu'on ne saurait trop recommander aux pays orientaux, trop disposés à préférer ce qui brille aux progrès solides qui assurent seuls la prospérité des nations. On y trouve deux institutions distinctes : un jardin pour l'application des cours de l'Université et une pépinière d'arbres qui se vendent au public. Le jardin ne renferme pas seulement les plantes exotiques nécessaires à l'étude de la phytologie. La flore de l'Olympe, du Parnasse et du Taygète y est représentée. Malgré des travaux dignes d'estime tels que ceux de M. le professeur Orphanidis, la flore hellénique est loin d'être

* Voy. Arsène Houssa^f^ , Le quarante et unième fauteuil de l'Académie française.

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complète. La collection d'orchidées appartenant à la Grèce, collection que j'ai admirée, donne une idée de ses richesses. La pépinière a été fondée pour acclimater en Grèce les plantes et les arbres qui y manquent. En Orient, on ne comprend pas aussi bien qu'en Angleterre que , dans le système harmonieux du monde, l'arbre est essentiel à la santé de l'animal, les végétaux absorbant les substances nuisibles aux animaux. En outre, l'acclimatation ou l'emploi de tel végétal peut devenir pour un pays une telle source d'avantages que la France a élevé une statue à Parmentier, auquel elle doit la culture de la pomme de terre. Le savant qui a conseillé de planter de pins maritimes le département des Landes l'a préservé des dunes et a commencé sa transformation. Le ver à soie robuste qui vit en plein air sur le vernis du Japon enrichirait peutêtre la Grèce. On commence à penser que cet insecte pourrait amener l'abolition de l'esclavage en substituant la soie au coton. Ce seul fait donne une idée des conséquences que produiront, avec le temps, les recherches, naguère si dédaignées des savants. Autrefois le mot de € savant » était considéré par les « esprits positifs i

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