PARTIE IV. — LIVRE II
Orientaux*. En France, si les jeunes Grecs allaient à Saint-Cyr, ils pourraient entendre le professeur le plus distingué de cette Ecole, M. Théophile Lavallée, enseigner un système qui n'est pas de nature à exalter leur patriotisme. «La race hellénique a disparu; ce qui porte le nom d' Hellènes est un mélange de sang grec avec des Slaves, des Albanais, des Asiatiques... Ces Hellènes bâtards revendiquent le titre de successeurs des citoyens d'Athènes et de Sparte ; ils se glorifient du nom d'Hellènes des souvenirs de l'antiquité, «des dons précieux, dit Cicéron, que la Grèce a répandus sur le genre humain. î Mais ils sont plutôt les descendants des Grecs du Bas-Empire par leur vanité , leur duplicité, leur servilité , leur esprit d'intrigue , enfin par leur haine contre les peuples de l'Occident et l'Église latine". »
L'école Rizaris est le séminaire central du i^oyaume. Elle doit son nom au fondateur qui, après avoir mené une vie de privations , a légué
* Sans parler des déclamations acharnées des feuilles autrichiennes, on trouvera de curieux détails dans Tintroduction des Slaves du Sud, par MM. Grouitch et Jankovitch.
• Th. Lavallée , Histoire de Turquie , 2» édit. , t. I , p. 59. Bruxellles 1859.
une fortune énorme à une institution qu'il se proposait depuis longtemps de fonder. Cet établissement se compose de trois catégories d'élèves : les premiers paient leur pension ; les seconds sont entretenus à l'aide des fonds laissés par le fondateur ; d'autres sont envoyés aux frais des monastères. Tous sont internes ; mais la plupart des professeurs appartenant à la Faculté de théologie, l'intelligence de leurs auditeurs ne reste pas, comme ailleurs, fermée aux influences de la patrie. Aussi le nom des héros dont la Grèce est fière , est-il aussi cher à ces jeunes gens que la mémoire des libérateurs d'Israël. C'est en vain qu'on a voulu faire rougir les Orientaux du caractère national de leurs Églises. Ils savent très-bien que l'Église gallicane des Gerson, des Pierre d'Ailly, des Bossuet, des Descartes, des Arnauld, des Nicole, des Vincent de Paule, des Pascal, des Malebranche, etc., valait bien l'Église discréditée et sans patriotisme qui en est réduite à emprunter , pour défendre des prétentions dignes du moyen âge, la plume des rédacteurs de Y Univers et du Monde et des odieux pamphlétaires de l'Autriche I On ne se contente pas d'introduire au séminaire les pro-