PARTIE IV. — LIVRE II
théocratie pour que les femmes de TOccidentles plus portées à voir avec indulgence les erreurs de la cour de Rome , en arrivassent là ! Les Hellènes j qui connaissent à fond sa politique , ont jugé prudent de soustraire leurs filles à cette éducation jésuitique , qui partage en deux Tâme des peuples et qui met si souvent les membres de la famille dans des camps opposés. L'Ârsakion a été créé pour donner aux jeunes personnes une éducation nationale. Une société nommée Hétairie philppaedeflique , qui se proposait de répandre dans le royaume l'instruction primaire et les bonnes méthodes d'enseignement, avait cru devoir débuter par une école de filles. Cette école prit un tel accroissement que THétairie philopaedeftique se consacra à son développement et qu'elle y annexa une école normale. Les communes s'empressèrent d'y envoyer des pensionnaires. De son côté, le gouvernement y fonda des bourses pour les filles des défenseurs de la patrie. Enfin, des Hellènes vivant à l'étranger, sentant le besoin d'une éducation véritablement hellénique , y envoyèrent leurs filles , de sorte que le programme dut comprendre en même temps une école normale, une école
primaire et une de ces écoles secondaires qu'on nomme pensionnats. Un médecin d'origine hellénique établi à Bukarest , M. Arsakis , érigea à ses propres frais le bel édifice qui porte son nom. On y reçoit des pensionnaires, des demi-pensionnaires et des externes. Dans l'école primaire on suit la méthode lancastrienne. Les élèves de l'école normale et du pensionnat assistent aux mêmes cours ; mais on fait des cours spéciaux pour les futures institutrices. Le grec ancienne diffère pas assez du grec moderne pour que l'intelligence d'un auteur aussi clair que le divin chantre d'Achille présente à des enfants delà Grèce de grandes obscurités. On apprend aussi le français , devenu en Europe , après le grec et le latin, la langue de la société polie. Mais si les Hellènes , dont l'esprit est prompt , se rendent aisément compte de la grammaire et retiennent le vocabulaire, ils prononcent beaucoup plus difficilement les mots que les Roumains, dont la langue est, comme le français, dérivée du latin. L'enseignement religieux commence par l'histoire sainte, puis vient le catéchisme, qui n'est point surchargé de considérations dogmatiques, mais où la morale tient, comme dans