‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 203 sur 339 · PARTIE IV. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — LIVRE II

véritable importance. Athènes étant pour les pays grecs un centre à la fois politique et intellectuel , les Hellènes y envoient de très-loin leurs enfants, qui se trouvent sans surveillance au milieu d'une capitale où les jeunes gens affluent tellement que les professeurs des établissements publics ne peuvent songer à s'occuper de leur conduite. M. Pappadopoulos en fondant sa maison, se trouva, dès le début, aux prises avec une difficulté considérable. Le choix d'un règlement pour une institution nouvelle n'était pas exempt de complications. Il fallait , tout en tenant compte du travail pédagogique accompli en Occident, rester fidèle aux traditions et aux mœurs nationales. Le système éclectique qu'il adopta était évidemment le meilleur, puisqu'il n'a pas eu besoin d'être modifié, quoique le personnel enseignant ait plusieurs fois changé pendant qu'il a été à la tête de l'institut. La direction n'épargna aucun sacrifice pour que le local fût approprié au but de l'œuvre , puisqu'elle dépensa 200,000 francs pour construire un édifice convenable. M. le comte de Laborde, chargé par le gouvernement français de l'architecture scolaire , examina et approuva le plan.

L*influence de l'école hellénique a été trèssalutaire et très-efficace. Le directeur s'était attaché à populariser l'enseignement des sciences physiques et les méthodes propres à exciter l'émulation, dont l'expérience avait constaté les heureux résultats. Pour atteindre ce but, il fonda un laboratoire de physique et de chimie , il introduisit l'usage des notes hebdomadaires, des concours mensuels et des distributions solennelles de prix. Convaincu , comme les anciens, qu'il fallait conserver aux jeunes gens « une âme saine dans un corps sain !> , il ne négligea point le développement des forces physiques. Il établit donc une gymnastique hygiénique. Il s'attacha également à développer chez ses élèves le sentiment artistique et littéraire. Le chant , trop peu cultivé en Grèce , fut enseigné régulièrement. Pour la première fois , on représenta des tragédies anciennes, P/w7ocféte, Iphigénie enAulide, etc. Les réformes que M. Pappadopoulos introduisit dans l'enseignement privé, exercèrent une salutaire action , même en dehors de la Grèce indépendante. En 1856, le directeur du collège de Saloniki (Macédoine) disait dans son discours qu'il n'avait pu riçn faire de mieux que

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