PARTIE IV. — LIVRE II
aisément une place dans l'enseignement , parce qu'on regarde, avec raison, comme un grand abus la réunion des enfants des deux sexes dans les écoles primaires. Il faut qu'une commune soit pauvre ou peu nombreuse pour n'avoir qu'une école. L'Arsakion fournit aussi des institutrices , mais non pas exclusivement. D'autres écoles d'Athènes ou de la province , particulièrement de Syros , instruisent les jeunes personnes qui se destinent à faire des éducations. C'est une ressource précieuse pour les familles grecques. En effet, les institutrices venues du dehors ont de la peine à ne pas porter dans des contrées étrangères un esprit de dénigrement qui est loin d'être sans inconvénients. Là où l'esprit patriotique est de bonne heure afTaibli chez les femmes , il est rare qu'il se conserve intact dans la nation. Croit-on que si les jeunes filles de la noblesse française n'avaient pas été élevées par des nonnes , cette noblesse eût presque entière , depuis la fin du dix-huitième siècle, pris parti contre son pays [et soutenu la cause de l'étranger? Avec une autre éducation^ les mères et les épouses eussent fait rougir des gentilshommes d'opinions si peu dignes de citoyens et de soldats.
iOi ATHÈNES MODERNE.
Dans les pays de langue germanique , on a toujours compris que renseignement privé était nécessaire à côté de l'enseignement donné par rÉtat. 11 suffit de citer les écoles célèbres des Blochmann, des Pestalozzi , desFellenberg,etc. Là où l'enseignement privé n'existe pas , l'enseignement public s'endort dans la routine. A Athènes, où les établissements qui relèvent de l'État ne reçoivent que des externes , la fondation d'internats était non pas utile , mais indispensable. Parmi ceux qui se sont établis, les plus importants ont été fondés par MM. G. G. Pappadopoulos , Vafas, Manoussos , M^eSourmélis , M. et Mme Hill. UHellinikon ekpœdeftirion^ a été organisé en octobre 1849 par M. G. G. Pappadopoulos, professeur à l'École des beaux-arts. Gréée en octobre avec la collaboration de M. Papadakis, directeur de l'Observatoire, de M. Gomanoudis, professeur à l'Université, de M. Caraïanakis, professeur de sciences mathématiques et de géographie, et d'un littérateur français, M. Henri Déru, cette maison ne tarda pas à prendre une
* Je consulte pour rhistoire de cet établissement le discours sur l'école hellénique , prononcé en ma présence par M. G. G. Pappadopoulos, le S4 juin 1860, à Toccasion de la distribution des prix.