‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 22 sur 339 · PARTIE II. — LIVRE V · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE V

quand on appelle « anarchie i>, toute idée libérale, on peut avec raison lui reprocher d'être immortelle. En effet, on a pu exiler Anaxagore, forcer Socrate à boire la ciguë, obliger un moment Platon de se cacher à Mégare , mais on n'a pu empêcher les apôtres du Crucifié de proclamer par toute la terre Tabolition des vieilles superstitions. On a pu brûler et Arnauld de Brescia, le théologien italien, et Jean Huss, le martyr slave : les bûchers n'ont pu empêcher les étals les plus civilisés de l'Occident de briser le joug de la théocratie. On a pu jeter au feu les livres de Voltaire qui réclamaient en faveur de la tolérance ; mais il a été impossible d'arrêter la marche, chaque jour plus triomphante, des principes de 1789. «L'hydre» brave évidemment les bourreaux, les légistes et les inquisiteurs. Pourtant les Hercules n'ont pas manqué. L'empire romain a voulu l'étouffer par la main de fer de ses Césars; les Grégoire VII, les Innocent III et les PieV ont voulu, à leur tour, l'étrangler dans les plis d'une étole que les peuples baisaient à genoux. Louis XIV a pu croire un moment que les dragonnades en avaient fini avec les derniers défenseurs du libre examen et qu'il avait com-

piété Tœuvre des deux farouches Habsbourg, Philippe II et Ferdinand II , Alcides catholiques et apostoliques. Hélas! aujourd'hui «Thydre» est plus vivante que jamais ! Et même les intarissables «larmes» versées par Pio IX dans ses encycliques et dans ses allocutions , ne paraissent pas capables d'attCipdrir le monstre. Tandis que je passais à Lerne, une des têtes du Cerbère , le Libérateur de Tltalie méridionale , travaillait pour lui avec une ardeur qui était en Argolide l'objet de toutes les conversations , et, je dois l'avouer, des éloges universels. La Grèce tout entière eût voulu combattre sous l'étendard tricolore de l'Italie renaissante.

Le mont Pontinus forme une gorge, qu'on nomme défilé de Myli. A la base de la montagne jaillissent des sources qui deviennent le fleuve Pontinus. L'emplacement occupé, au temps de Pausanias , par une forêt de platanes garnie de statues et de temples, est maintenant un marais. Les marais de cette contrée ont prospéré depuis le temps d'Héraclès. Le héros qui nettoya les écuries d'Augias a laissé fort à faire aux successeurs des gens qu'il délivra de la fureur de l'hydre. Heureusement qu'on trouve dans ce

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