‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 234 sur 339 · PARTIE IV. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — LIVRE III

et vint de Constantinople à Athènes par la Thrace, la Macédoine , laThessalie, etc. Si Tétat de la péninsule offrait la moindre garantie aux capitalistes, la Grèce ne tarderait pas à être reliée au réseau des chemins de fer européens. Mais tant que les Turcs étoufferont tout germe de progrès dans ces belles contrées , il n'y faut pas songer. Aussi le Pirée , où 7000 bateaux arrivent par an , sera-t-il longtemps encore le port par lequel la capitale de la Grèce communiquera avec TEurope.

Parmi les étrangers qui y sont arrivés dans ces dernières années , les Français qui l'occupèrent pendant la guerre d'Orient, n'ont pas été, il faut l'avouer, ceux dont l'arrivée a été le plus agréable à la population. Les mêmes causes qui ont rendu l'occupation de Rome impopulaire en Italie agissaient sur l'esprit des Hellènes. La France qui a continué résolument, à la fin du dernier siècle, l'œuvre des Photius et des grands réformateurs slaves du quinzième siècle en proclamant la constitution civile du clergé empruntée à notre Église , la France se prend parfois de tendresses , aussi subites qu'inexplicables, pour cette papauté qu'elle a souffletée et

abaissée dans la personne des Boniface VIII , des Pie VI et des Pie VIL Lorsque commença la guerre d'Orient, les journaux catholiques et les prélats français annonçaient sur les toits qu'elle allait, revenant aux tristes temps d'Innocent III, détruire « le schisme » — c'est-à-dire les Églises indépendantes — et soumettre les «schismatiques» au joug de l'évêque dont elle imposait déjà aux Romains la domination odieuse. En fallait-il davantage pour que tous les partis — même le parti français — se tournassent contre ces mobiles Gaulois dont le zèle faisait craindre l'ardeur ordinaire aux nouveaux convertis? Heureusement que la France eut le bon sens de s'arrêter dans la voie où la faction cléricale voulait alors la faire entrer en excitant son zèle contre l'Église orientale. Le corps d'occupation, qui ne songeait nullement à renouveler la croisade de Beaudoin de Flandre et de ses impitoyables chevaliers, aima mieux travailler à l'embellissemçnt du Pirée que de faire de la propagande roniaîne. Les soldats français, en se livrant à cette œuvre utile , rappelèrent à la Grèce que leurs frères avaient délivré la Morée des fureurs d'Ibrahim et que le drapeau de la Fpance

Page 1