PARTIE IV. — LIVRE III
comme application des formes grecques pures au culte chrétien. L'iconostase qui, primitivement, ne devait être qu'une légère cloison servant seulement à dérober aux regards des fidèles les parties les plus mystérieuses de la liturgie et à laisser à Fimagination la faculté de s'exalter, prit dans la suite les plus grandes dimensions, en affectant des formes lourdes et une stérile abondance d'ornements. L'architecte de l'iconostase dont je parle a su éviter ces inconvénients. On a eu l'heureuse idée de placer dans la cour extérieure du séminaire le monument de Néophyte Doukas , stèle byzantine en marbre , sculptée et dorée. Aucun modèle ne pouvait être plus habilement proposé aux futurs ministres de l'Église hellénique. Professeur célèbre, Doukas était un de ces hommes dont M. G. 6. Pappadopoulos a heureusement raconté les services , un de ces personnages éminents chez lesquels l'esprit religieux fortifiait l'ardent patriotisme et qui préparèrent par un enseignement actif, par un dévouement persévérant ainsi que par leurs écrits , le réveil de la Grèce.
On laisse à gauche de la route le monastère des Incorporels qui est en pleine décadence. Il
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y reste très-peu de moines. Ce couvent occupe une situation charmante, voisine du Lycée, où enseignait le fondateur de Técole péripatéticienne. L'Académie et le Lycée, gymnases situés dans une direction opposée, semblent indiquer par leur position la rivalité des deux grands hommes qui personnifièrent à une époque à jamais glorieuse pour Tesprit humain la lutte de deux tendances opposées de l'humanité. Quoique profondément Grec par la forme admirable de ses écrits , Platon se sépare avec peine des théories du mysticisme oriental, théories qui ont toujours eu dans la philosophie grecque des représentants illustres, depuis Pythagore jusqu'aux Néoplatoniciens d'Alexandrie. Grandvoyageur, admirateur des prêtres de l'Egypte, Platon n'a pu ignorer les idées des théocraties orientales dont la philosophie des Brahmanes a • été la plus haute expression*. Aristoteest, au contraire, une intelligence essentiellement occidentale. Ses connaissances scientifiques n'étaient pas inférieures à son génie philosophique. Ceux qui ne voient dans l'historien des animaux que l'émule de Platon , n'aperçoivent qu'un des côtés
* Voy. Golebrooke, Miscellaneous essaya.