‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 237 sur 339 · PARTIE IV. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — LIVRE III

de cette vaste intelligence. Aristole est si bien la personnification de l'Occident que le moyen âge y malgré les penchants mystiques des écoles monacales, Tavait pris pour oracle, et que son autorité contrebalançait celle des livres saints. Ramus, professeur au Collège de France, ne futnl pas égorgé y même après la Renaissance, pour avoir contesté son infaillibilité ? La Grèce a donc régné sur les intelligences de l'Occident jusqu'à l'apparition de la philosophie qu'on nomme philosophie moderne , puisque les adversaires d'Aristote, au seizième siècle, se bornaient, comme les philosophes toscans, à lui opposer Platon. Mais la nouvelle philosophie estelle aussi indépendante de l'influence grecque qu'on le dit généralement? Je n'en crois rien pour mon compte. Hume et Kant ont-ils ajouté bien des arguments à ceux des ^Ënésidème * et des Cornéade? Le panthéisme de Jordano Bruno (Italie) , de Spinosa (Hollande) , de Malebranche (France), de Schelling (Allemagne) n'est-il pas tout entier dans les théories de l'école métaphysicienne d'Élée et de l'école néoplatonicienne? La philosophie moderne , favorisée par le pro-

* Voy. Saisset, ^némdème.

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digieux développement des sciences, a pu fortifier les théoi'ies des philosophes grecs. C'est ainsi qu'on a vu le panthéisme invoquer en sa faveur la géologie et l'histoire naturelle. Mais ses idées principales se retrouvent — ce qui est l'essentiel en pareille matière — dans les écrits que la Grèce ancienne nous a laissés, et si l'oracle de l'Église romaine, Thomas d'Âquin, un fils de la Grande-Grèce, a consulté sans cesse Aristote, les Kant, les Fichle^ les Schelling et les Hegel ont trouvé dans les écoles d'Athènes, d'Élée et d'Alexandrie des maîtres qu'ils n'ont pu faire oublier.

En avançant on voit sur un« pente du mont Anchesme, à gauche, une réunion de jardins et de maisons de campagne nommée Ambélokipi. C'est la place du dème alôpekànj patrie du grand homme qui donna à la philosophie une si puissante impulsion , et qui fut le maître bien-aimé de Platon. On a beaucoup discuté dans ces derniers temps sur les causes de la mort de Socrate. Les uns l'ont attribuée à la démocratie et les autres au fanatisme. Il est certain que la tolérance n'était pas la vertu favorite des Athéniens. Les procès intentés au philosophe Anaxa-

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