‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 313 sur 339 · PARTIE V. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE V. — LIVRE III

coup d'années d'un bon gouvernement pour faire prospérer l'agriculture et le commerce.» Le journal de lord Palmerston s'attache à le prouver par des faits. Il parle de la fertilité des campagnes de la Béotie, de la Messénie et d'autres parties de la Grèce qu'on peut comparer, selon lui, aux plaines fécondes de la Sicile. La population pourrait s'élever à cinq millions d'âmes , et il paraît que tel était le chiffre qu'elle avait atteint dans les temps antiques. Les produits du sol sont variés et précieux, et pour que les ports du royaume fissent une formidable concurrence à Smyrne et aux autres villes du Levant, il ne faudrait que de l'éducation agricole et de l'énergie commerciale. «Mais les Grecs ont été opprimés par un gouvernement tyrannique ; — l'agriculture n'a point été encouragée par des réformes indispensables ; — ils ont été arrêtés dans leur commerce par des tarifs nuisibles , et ces trois faits suffisaient pour empêcher toute concurrence commerciale entre la Grèce et la Turquie asiatique. »

Le gouvernement, comme tous ceux qui ne se proposent pas le bien du pays , accablait le peuple d'impôts ; « puisqu'il a supporté pendant les

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vingt dernières années un impôt d'environ quinze shellings* par tête. Mais il ne se plaignit pas tant de Timpôlque de la manière de s'en servir. Si une bonne partie avait été employée à des réformes matérielles — au lieu de l'être à toute espèce d'étrange et excessive corruption — tous les hommes sensés l'auraient payé joyeusement. Or le revenu de la Grèce en 1856 était de 20 millions de drachmes. Le revenu de 1860 était de 21 millions 780,000 drachmes , somme perçue sur une population qui ne dépasse guère un million.» Qu'a-t-on fait de tout cet argent? Ce qu'on fait des revenus de la Turquie. En effet, il a été employé : 1® en dépenses improductives; 2o 3,000,000 livres sterling* ont servi à réprimer les insurrections « effet immédiat d'un mauvais gouvernement » ; 3^ il ne faut pas oubUer l'argent nécessaire pour acheter les votes des députés , corrompre les électeurs , etc. « Les dépenses ordinaires du gouvernement grec auraient pu se réduire à 1,500,000 livres sterling par année et le reste (1,500,000 livres) être employé à payer les dettes de l'État et à

* Le shelling vaut 1 fr. 25 c.

* La livre sterling vaut 30 shellings, environ 25 fr.

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