‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 312 sur 339 · PARTIE V. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE V. — LIVRE III

quelques autres qui avaient peu d'importance comme noms et comme influence. Mais toutes ces apparences de gouvernement représentatif étaient trompeuses. Lji cour travaillait constamment contre la liberté en employant la corruption ejjt en dépravant la moralité publique. Les Grecs sont naturellement avides d'emplois , et la cour en avait à répandre à pleines mains. Aussi , quoique Othon ait été pendant beaucoup d'années roi constitutionnel, cependant il s'est appliqué sans relâche à imposer sa volonté etia volonté de la reine, employant tous les moyens que lui suggéraient les hommes les moins estimables parmi les Allemands et parmi les Grecs. Maintenant la fin est arrivée. La nation grecque voyant son pays devenir de plus en plus odieux, et sachant que la cause du mal était principalementdansle gouvernement, a repousséloin d'elle le cauchemar qui l'étouffait depuis trente ans. Othon avait encore une ressource, lorsque la garnison de Naupli s'est soulevée. Si, après avoir triomphé du mouvement , il avait promis la liberté et la paix à son peuple , il serait encore sur le trône , et il aurait pu devenir chef d'une Grèce plus heureuse el peut-être agrandie. »

Dans un autre article, publié dans les premiers jours de novembre, le Times s'attache à montrer que le gouvernement du roi Othon n'a jamais été constitutionnel que de nom, « qu'il était trop allemand *» pour apprécier le gouvernement libre , « trop entêté — sinon trop malhonnête homme — pour l'adopter. Aussi son gouvernement a-t-il été aussi despotique qu'aucun autre en Europe. » Anéantissement du régime municipal, de la liberté des élections , de la liberté delà presse : tels ont été les moyens qu'il a employés pour se soutenir. Le Times cite l'honorable M. Thomas Wyse , naguère représentant de la Grande-Bretagne, comme garant de ces graves assertions.

« Nous ne savons pas , dit le Moming-Post du 4- novembre , pourquoi la Grèce ne deviendrait pas un des pays les plus prospères de l'Europe. Elle possède tous les éléments requis pour une force productrice considérable et jouit d'une position favorable pour prendre une grande part au commerce du Levant. Il ne faudrait pas beau-

* Je suppose qu'il s'agit ici plutôt des princes que du peuple. Pour mon compte, je ne crois nullement la nation allemande incapable d'apprécier des institutions libres.

Page 1