PARTIE V. — LIVRE III
glais. On pouvait croire que la Grèce, après avoir subi les pénibles conséquences de son enthousiasme sans bornes pour l'empereur Nicolas, ne retomberait pas dans la politique exclusive de 1854, politique qui lui a fait tant d'adversaires en Allemagne^ en Italie, en France et en Anglegleterre. Quoique j'aie essayé, à cette époque, de faire voir aux Hellènes les Inconvénients qu'avaient, dans leur position difficile, des engouements que le Times nommait récemment ^ enfantins > avec une dureté britannique , je comprenais que tout ennemi de la Turquie pût leur paraître un protecteur. Mais quand on les a vus choisir pour objet de leurs prédilections la « première puissance musulmane de l'Europe » , la puissance qui a vendu Parga, fait peser un joug si lourd sur les Ioniens , qui vient de prendre parti avec un acharnement impitoyable contre^ les héroïques chrétiens de la Tsèrnagora et contre les braves Serbes de la Principauté , il était permis d'éprouver un certain étonnement. Les espérances plus ou moins brillantes que la
diplomatie anglaise a fait resplendir à leurs yeux expliquent sans doute les manifestations dont la Grèce a été le théâtre. Que ces espérances se
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réalisent ou non, il est infiniment regrettable qu'on n'ait pu défendre contre les s^itateurs la liberté de la presse , le droit de propriété dont jouissent les journalistes et cet habeas corpus si justement cher à ces Ân^ais qu'on prétendait prendre pour modèles. La sauvage «loi de Lynch > — j'emploie l'énergique expression dont le Times s'est servi pour caractériser les décrets d'exil arrachés au gouvernement provisoire et portés contre MM. Christidis, sénateur; Philimon y rédacteur du Siècle ; Lévidis , rédacteur de Y Espérance y etc. — a été appliquée à des hommes politiques et aux directeurs des deux journaux les plus répandus du royaume au moment où les électeurs éprouvaient le besoin à*mtendre les représentants de toutes les opinions. Au lieu de faire ce fâcheux emprunt au Gode pénal des États les plus despotiques et de s'abandonner aux excès et aux rancunes de l'esprit de parti , les Hellènes eussent beaucoup mieux fait de renoncer aux divisions qui sont la principale cause de leur faiblesse , de s'inspirer d'un esprit essentiellement patriotique et de créer un parti vraiment national, comme je leur ai conseillé tant de fois , afin d'être en état de redemander à tous ,