‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 316 sur 339 · PARTIE V. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE V. — LIVRE III

— aux dominateurs des îles Ioniennes comme aux maîtres de la Thessalie — les provinces qui doivent tôt ou tard faire partie du royaume hellénique. En outre était-il fort habile de se montrer , afin de plaire aux Anglais , médiocrement bienveillant pour les États continentaux? Ne parlons que de la France , parce qu'elle est aujourd'hui la plus puissante des nations du continent. La Grèce , je veux bien l'accorder au Moming- Posty était fatiguée de cette propagande jésuitique que le grand empire occidental a l'imprudence d'abriter trop souvent sous les nobles plis du drapeau de 1789 ; elle était irritée de la protection que sa diplomatie avait, sans aucun motif raisonnable , accordée à la dynastie bavaroise. Mais pouvait-on oublier si vite les magnanimes philbellènes de 1821 , le maréchal Maison arrachant la Morée aux bourreaux d'Ibrahim , tant d'écrivains éminents opposant leur renommée et leur savoir aux calomnies * du Fallmerayerisme! Cette anglomanie, trop hautaine pour un petit État, n'était pas, d'ailleurs,

* On a bien cité dernièrement M. Hase comme précurseur de Fallmerayer, mais ce professeur de la Sorbonne est né à Sulza (Saxe).

628 LA RÉVOLUTION d'OCTOBRE.

exempte de bizarreries. Tandis qa!oa déclarait avec une affectation souverainement impolitique qu'on ne voulait pour le trône de Grèce aucun souverain appartenant aux peuples du continent, et qu'on mettait les Allemands en tête des races dédaignées, on s'empressait d'offrir le trône d'Othon I^^ au fils du plus Allemand des princes , à Alfred-Ernest-Albert « duc de Saxe , prince de Saxe-Cobourg-et-Gotha > , destiné par sa naissance à s'asseoir sur un trône germanique ! Le mépris dont on couvrait toute candidature hellénique ne produisait pas non plus une bien favorable impression. La Roumanie , la Serbie, laTsèmagora n'ont jamais regardé comme une honte d'être gouvernées par des princes de leur sang et de leur religion , et moi-même , lorsqu'il fut question de confier à un souverain élu le gouvernement des Principautés-Unies , je disais , en imitant un poëte français, aux étrangers qui aspiraient déjà à régner à Bukarest :

Au trône de Michel dont vous êtes jaloux.

Le dernier des Roumains a plus de droits que vous !

Si les Hellènes avaient de bonnes raisons pour agir autrement que les autres chrétiens de la péninsule orientale, — c'est un problème qu'ils

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