‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 323 sur 339 · PARTIE V. — LIVRE IV · texte numérisé non relu

PARTIE V. — LIVRE IV

s'entendra avec les prolestants. La France , qui a toujours montré un grand zèle pour la propagation du catholicisme en Orient, verra avec plaisir la Grèce se soumettre à cette papauté qu'elle protège à Rome de son épée. Elle est convaincue qu'en favorisant ce mouvement, elle travaillera dans l'intérêt de la race hellénique , dont une religion , supérieure à ses grossières superstitions , corrigera les défauts et développera les qualités. »

La conclusion pratique de ce discours se trouve à peu près uniformément dans les écrits des anciens philhellènes français. Déjà les Orientaux avaient remarqué avec quelle ardeur le général Fabvier défendait à la Chambre des pairs les intérêts de la papauté*. Depuis la guerre d'Italie leur étonnement a redoublé, quand ils ont vu les derniers survivants du philhellénisme de 1821 se poser en défenseurs de la théocratie papale et^du plus discrédité des gouvernements, contre les plus justes réclamations de la nationalité italienne et des libéraux européens. Ce n'est pas tout. Lorsqu'un certain nombre de Bulgares se sont — après le massacre de Pé-

* Voy. Vapereau, Dictionnaire des contemporains, art. Fabvier,

rous^e — précipités aux pieds de Pie IX, il s'est trouvé des gens pour offrir aux Hellènes comme un modèle la conduite de quelques pâtres gagnés par les immenses richesses dont dispose la propagande romaine. Le Correspondant ^ revue parisienne, a été non pas le seul, mais le principal organe de ces tentatives qui se sont étendues jusqu'à Bukarest, grâce à l'argent de dames autrichiennes et espagnoles^ et qui, au grand étonnement des amis de la liberté en Europe, ont eu un écho jusque dans des recueils et des journaux rationalistes.

Je sais ce que ceux-ci ne manqueront pas de répondre pour s'excuser. Parfaitement indifférents dans les questions religieuses, ils se préoccupent uniquement, disent-ils, des moyens d'arrêter les développements de. la puissance russe dans l'Europe orientale. Mais quand il s'agît de l'indépendance de l'Orient chrétien, pourquoi parler seulement de la Ru^ie? Estce la Russie qui retient sous son joug trois provinces roumaines', la Transylvanie, la

* La Patrie a parlé solennellement d'une œuvre , patronnée par la princesse de Mettemich, pour la conversion des Roumains.

* Voy. BoUiac, Topographie de la Roumanie. Paris 1856.

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