PARTIE V. — LIVRE IV
Bukoviae et le Banal? Est-ce elle qui a profité de la chute de Tempire français pour ajouter le « royaume de Dalmatie » à tant de territoires arrachés à la nationalité serbe? Cette Autriche qui se pare déjà de la couronne d'Albanie S qui s'avance si rapidement le long de FAdriatique vers les provinces helléniques, seraitelle par hasard — pour que les Français voient avec indifférence de tels agrandissements — une alliée dévouée de la France? Bien loin qu'il en soit ainsi, il s'agit d'un État dont les gouvernements si divers qui se sont succédé à Paris ont cru indispensable de combattre l'insatiable avidité , contre lequel ont montré la même ardeur Henri IV, Richelieu , Louis XIV, la Convention nationale et Napoléon.
La politique française se tromperait grossièrement si elle se figurait que Rome préférera jamais les «fils de Voltaire» aux « empereurs apostoliques». Ces empereurs lui ont rendu trop de services pour qu'elle oublie jamais leur zèle. Aussi, dans toutes les circonstances solennelles, voit-on les évêques — même français — se tourner instinctivement de leur côté. La Patrie en
* « Royaume de Dalmatie et Albanie , » dit-elle.
convenait avec tristesse lorsqu'elle racontait d'une manière si intéressante les scènes qui se sont passées à Rome à l'époque de la canonisation des martyrs japonais. Cela est si vrai que les Parisiens — qui n'ont oublié ni 1792, ni 181 4, ni 1815 — en parlant du parti de la papauté, le nomment «le parti catholique, apostolique.... et autrichien. i>
Je pourrais ajouter à ces considérations trop rapides des faits innombrables qui prouveraient qu'en propageant le catholicisme en Orient, la France donnerait — et ce ne serait pas la première fois — une seconde édition de l'histoire de Bertrand et de Raton.
D'ailleurs ceux qui se mettent dans cette question sur un terrain exclusivement politique, n'aperçoivent pas les conséquences de leur principe. S'ils sont habiles raisonneur?, les Anglais ne manquent pas non plus de dialectique. Ne pourront-ils pas venir à leur tour dire aux Roumains, aux Hellènes, aux Serbes, aux Bulgares, etc. : (L Pour échapper à la fois à la Russie et à l'Autriche , entrez dans une Église qui n'est ni russe ni autrichienne. Faites-vous luthériens ou calvinistes. Vous déjouerez ainsi les