‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 39 sur 339 · PARTIE II. — LIVBE V · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVBE V

rable que Missolonghi , ses annales ne sont pas dénuées d'importance. On attribue la fondation de celte ville à une colonie égyptienne amenée sur la côte d'Argolide par Nauplius , fils de Poséidon, personnage aussi historique que le dieu-fleuve Inachus, roi d'Argos. On dit que ce Nauplius eut pour fils le fameux Palamède, qui a donné son nom à la montagne que couronne la forteresse. Naupli fut le théâtre de luttes mémorables entre les intrépides Vénitiens et les soldats du croissant. En 1460, Mahomet II essaya en vain de l'enlever à Venise; Soliman ne fut pas plus heureux en 1537. La sérénissime république l'ayant cédée au sultan , un des plus grands capitaines de l'Italie, Morosini, le Péloponésiaque , entreprit de la reprendre en 1686. Les Vénitiens , après avoir deux fois battu le sérasker envoyé au secours de Naupli, délivrèrent la ville du joug des Ottomans. Ceux-ci rentrèrent dans la place en 1715' et massacrèrent tous les chrétiens, excepté quelques jeunes filles réservées au harem du padishah. Le souvenir de ce massacre n'était pas effacé, lorsqu'au mois d'octobre 1821 , l'héroïne deSpetzia, Bobolina, vint bloquer le port de

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Naupli, tandis que D.Hypsilanlis l'assiégeait par terre. L'arrivée de Drara-Ali en Argolide retarda la chute du Palamidi , qui ne fut pris que dans la nuit du 30 novembre (12 décembre) 4822. Colocotronis y entra le 22 décembre (3 janvier)

Le débarquement et les victoires d'Ibrahim donnèrent des inquiétudes sur le sort de Naupli, devenue capitale de la Grèce. Le 24 février 1825, la flotte égyptienne parut devant Méthone. A peine débarqués, les Africains menacèrent Néocastron (Navarin). Cette ville rappelait aux Musulmans de cruels souvenirs. Lorsque la garnison capitula en 1821 , on lui promit la vie sauve et on prit même l'engagement de la transporter par mer sur le territoire turc. L'évêque de Méthone, interprétant la capitulation d'une manière essentiellement monacale, conseilla aux Hellènes de jeter ces malheureux sur un îlot 'aride de la baie de Navarin : «Kouloneski, dit-il avec une astuce jésuitique, n'est-elle pas une terre de l'obédience du sultan ; puisque nous y mettons quatre cents Turcs? En outre , il nous serait difficile de les y transporter par terre. » Les prisonniers moururent de faim et de soif,

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