‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 41 sur 339 · PARTIE II. — LIVRE V · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE V

qu'au soir et tua aux Africains près de huit cents soldats. Deux Hellènes, qui seuls purent s'échapper, racontèrent que le moine intrépide étonna tellement les Arabes par son indomptable courage, que le pacha, bon juge en fait de bravoure, lui cria : «Rends tes armes, papas, et je te donnerai la vie. j — « Qui sait se révolter, répondit-il, doit savoir mourir!» (juin 4825). Le lendemain Ibrahim entrait dans Cyparissia, où il faisait massacrer, au milieu de la ville en flammes, les femmes, les enfants et les vieillards qui n'avaient pas eu le temps de fuir. Nisi fut également brûlée ainsi que Calamae, qui n'arrêta pas plus longtemps l'ennemi que Néocastron. Ibrahim s'avança ensuite contre Tripolis. Les Péloponésiens , épouvantés de la grandeur du péril , exigèrent qu'on remît Golocotronis en liberté. On avait oublié sa turbulence et sa rapacité pour ne songer qu'à sa bravoure et à son patriotisme. Le gouvernement se décida à faire sortir Golocotronis du couvent d'Hydra, qui lui servait de prison. Lorsque l'historien Spiridion Tricoupis le conjura d'oublier les anciennes discordes , le vieux chef répondit sèchement : «J'ai jeté ma rancune dans la mer, faites-en

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autant , enterrez vos discordes et vos haines dans la place de Naupli.i»

Malheureusement, un général tel que Golocotronis, qui ne connaissait même pas les éléments de la tactique moderne , n'était pas en état de tenir tête à une armée disciplinée à l'européenne et commandée par des officiers occidentaux. Le vainqueur de Dram-Ali ne put arrêter les progrès d'Ibrahim qui, plus rapide que la foudre, pénétra dans la plaine d'Argos et menaça la capitale. L'invasion fut si rapide que le gouvernement dut trembler pour la farine et pour le blé qu'il avait alors près de Lerne. Une inspiration généreuse de D. Hypsilantis remédia pour un moment aux difficultés de cette dangereuse situation. Privé alors de la faveur populaire, il se tenait à l'écart depuis deux ans lorsque les victoires d'Ibrahim le rappelèrent sur la scène où il s'était signalé en 1822.

Les désastres de la Messénie annonçaient assez le sort qui attendait l'Argolide, lorsque D. Hypsilantis courut avec une poignée d'hommes (257 soldats) défendre les moulins de Lerne. L'ennemi disposait de telles forces que le contreamiral H. de Rigny, un des futurs vainqueurs de

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