‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 42 sur 339 · PARTIE II. — LIVRE V · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE V

Navarin , alla lui-même à Lerne pour détourner Hypsilantis d'une entreprise qui semblait impossible même à la furia francese: c A mirai , répondit Hypsilantis avec son calme ordinaire, notre devoir est de mourir ici. » Malgré l'inégalité da nombre, les chrétiens repoussèrent avec une telle vigueur les bataillons égyptiens que M. de Rigny ne put s'empêcher de saluer leur victoire par des salves d'artillerie. Découragé par cet échec , Ibrahim , après avoir brûlé Argos , n'essaya pas d'assiéger Naupli.

Après avoir battu Golocotronis àTricorpha, Ibrahim , qui avait reçu de son beau -père 10,000 hommes de troupes fraîches , régulièrement organisées, partit pour la Roumélie, afin d'aider fieschid-Méhémet-pacha à prendre Missolonghi. La catastrophe qui termina le siège de cette ville, siège où les Turcs avaient perdu 25,000 hommes, ayant permis aux Égyptiens de recommencer leurs ravages dans le Péloponèse, rassemblée nationale, réunie à Epidaure, suspendit brusquement ses séances, et la commission nommée par elle chargea l'ambassadeur d'Angleterre à Gonstantinople de négocier un arrangement avec le sultan (avril 1826). Mais

les chefs rouméliotes , qui commencent alors à occuper la scène avec un éclat exceptionnel, n'étaient point décidés à cesser la guerre nationale. Karaïskakis, adversaire résolu du parli anglais , qui avait dicté des résolutions précipitées et qui se fût alors assez volontiers résigné à étendre à la Grèce le protectorat que la Grande- Bretagne exerçait aux îles Ioniennes , Karaïskakis arriva à Naupli avec l'intention de ranimer l'ardeur patriotique des Péloponésiens. Les discours éloquents de George Ghennadios , qui réunit le peuple sur la place publique et qui offrit au pays ce qu'il possédait , firent rougir tous ceux qu'il accusait de «tenir plus à l'or qu'à l'indépendance de la patrie. ]» Nommé, parla commission executive , général en chef de la Roumélie , Karaïskakis se montra digne de ce choix. Au mois d'août 1826, soutenu par l'intrépide philhellène français colonel Fabvier, il battait à Khaîdari, près d'Athènes, lesérasker Reschid, qui croyait que l'acropole n'arrêterait pas le vainqueur de Missolonghi. Reschid-pacha , l'ayant rencontré à bord du vice-amiral de la flotte du roi Charles X qui stationnait au Pirée, ne put contenir sa surprise: «Capitaine, s'écrîa-t-il , au siège de

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