‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 57 sur 339 · PARTIE III. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE III. — LIVRE I

sister à de pareils spectacles. Manin et le général Garibaldi , après avoir risqué leur tête pour l'Italie et sacrifié , le premier sa jeune fille , le second , son héroïque Anita , ont vécu , le premier à Paris, le second à New-York, dans une véritable pauvreté , tandis que le patriarche de Rome et ses cardinaux , ennemis naturels de Tindépendance italienne , ont toujours trouvé des millions*. En France, les derniers défenseurs de la nationalité vaincue à Waterloo n'ont-ils pas été nommés «les brigands de la Loire i, tandis que les hommes qui avaient, au commencement de la Révolution, (c déchiré le sein de leur mère j> et combattu sous les drapeaux de la coalition , allaient voter à la Chambre des pairs la mort de Michel Ney, «le brave des braves ? î

A neuf heures, on passa devant Tîle d'Hydra. La ville avec ses maisons, auxquelles la sécheresse du climat conserve une éternelle blancheur, et ses moulins à huit ailes, gravit, à une grande hauteur, un amphithéâtre que surmonte un mo-

^On évalue à 20,000,000 les fonds fournis au pape par le denier de Saint-Pierre depuis la bataille de Castelfidardo jusqu'en 1862.

il6 ILES argiehnes.

nastère d'an aspect imposant. On me montra une maison carrée avec des contre?ents verts qni fut la demeure de Tillostre naTarqne Miaoulis ^ On m'indiqua snccessivement les demeures des Condouriottis et d'autres primats , qui firent généreusement le sacrifice de leurs richesses à la Grèce bien-aimée. Les Hellènes, à qui on a si souvent reproché l'amour de l'argent, ont prouvé à cette glorieuse époque , qu'ils peuvent oublier leurs intérêts quand il s'agit du salut du pays. Les souvenirs de la guerre de l'indépendance consolent du morne aspect du paysage. L'antique Hydra n'est, en efifet, qu'une bande de rochers noirâtres qui sort des flots de la mer de Myrtos , à l'extrémité sud-est de l'Argolide. L'île entière , dont la longueur est de 30 kilomètres environ et la largeur de quatre, offre aux regards attristés des pentes dévorées par le soleil et ravagées par les vents et qui ne sont presque jamais rafraîchies par la pluie. Les Albanaiis qui s'y établirent au quinzième siècle (1470), trouvèrent sur ces rivages une crique sûre , creusée vers le milieu de son flanc sep-

* Son fils a écrit Thistoire d'Hydra et de ses batailles na vales.

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