‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 64 sur 339 · PARTIE III. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE III. — LIVRE I

avait une telle peur de la flotte hellénique qu'il n'osa ni attaquer Hydra, ni ravitailler Naupli , qui succomba faute de secours. L'image seule du brûlot de Canaris suflSsait pour tenir en respect le capudan-pacha. Malgré cette prudence , l'héroïque Psariote et Kyriakos faillirent le brûler près de Ténédos (28 octobre/9 novembre 1822) , et il ne s'échappa qu'en laissant dans les flots 1600 cadavres. Dans cette glorieuse campagne de 1822, Canaris avait fait perdre aux Turcs environ 4000 hopimes . Chios était vengée ! Hais bientôt Canaris eut à faire expier aux Ottomans des injures plus cruelles à son cœur. Le capudan-pacha , Khosref , vieillard entêté et fanatique , reçut l'ordre d'attaquer Psara et Samos, qui étaient une cause d'inquiétude permanente pour les Ottomans de l'Asie-Mineure. Déjà Casses , dont les marins secondaient les Cretois et faisaient beaucoup de mal aux Turcs , avait été occupée par les Égyptiens. Psara, refuge des habitants de Chios, de Lesbos et deCydonie, avait alors 15,000 habitants. Ils pouvaient, en y comprenant une garnison d'un millier de Macédoniens, opposer 5000 hommes à Khosref-pacha. Malheureusement les dispositions militaires des

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Psariotes , éti-angers à un genre de guerre qui diffère tant des combats sur mer, donnèrent tout l'avantage aux Turcs. En outre, la Grèce, paralysée par ses divisions , ne parvint pas à envoyer assez promptement la flotte d'Hydra et de Spetzia. Mais 600 Macédoniens , réfugiés dans le fort Saint-Nicolas , illustrèrent la chute de Psara par un dévouement digne des beaux jours de Marathon et des Thermopyles. Le capudan-pacha les ayant attaqués avec fureur, ces dignes fils des soldats d'Alexandre ^e firent sauter avec 4000 Turcs. Presque tous les Macédoniens périrent à Psara, et 3600 Psariotes seulement parvinrent à s'échapper.

La catastrophe de Psara (1824) décida les Hellènes à ne pas abandonner Samos à la colère du capudan-pacha. George Sakhtouris , le meilleur marin d'Hydra' après André Miaoulis, déploya dans la défense de Samos une énergie si grande qu'il obliga la flotte turque à s'enfuir. Canaris, qui brûlait de venger sa patrie, se surpassa dans les combats auxquels les Samiens durent leur salut. Dans le dernier de ces combats, les Ottomans perdirent trois grands vaisseaux, cent canons et mille hommes. Miaoulis ayant rejoint

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