‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 66 sur 339 · PARTIE m. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE m. — LIVRE I

cendié plusieurs frégates égyptiennes sans un changement soudain dans la direction du vent. Quelques jours auparavant (août 1825) , devant les murs de Missolonghi , Miaoulis et Sakhtouris obtenaient un brillant succès contre la flotte ottomane y la mettaient en fuite et ravitaillaient la place. Miaoulis ayant réuni de nouvelles provisions et des munitions de guerre , dut livrer bataille à soixante vaisseaux qui^ après trois heures de lutte , s'enfuirent à toutes voiles (novembre 1825). C'est ainsi qu'il put fournir des vivres à des braves qui n'avaient plus pour nourriture qu'un peu de blé non moulu. Lorsque toutes les communications furent interceptées par les travaux des assiégeants , habilement dirigés par des ingénieurs occiiflentaux , le vieux navarque, après avoir épuisé tous les moyens que peut fournir Ténergie humaine , retourna à Hydra l'âme remplie d'amertume. Hydra et Spetzia durent même songer à leur défense, tant il paraissait probable qu'elles seraient attaquées par la flotte turque débarrassée du blocus de Missolonghi. Mais les Ottonaans préférèrent s'emparer de Samos, dont la résistance leur paraissait dangereuse pour la côte asiatique. Il leur semblait imprudent de laisser n «

plus longtemps briller aux yeux des Hellènes de TAsie-Mineure le drapeau de la Grèce régénérée. Mais là Miaolis ne trouvait pas les obstacles innombrables qui l'avaient arrêté devant Missolonghi. Secondé par Sakhtouris et par Canaris, il arracha Samos à la fureur de Khosref-pacha qu'il força de se réfugier honteusement dans les ' eaux des Lesbos et de Ténédos.

Poros j l'ancienne Galaurie , appartient comme Hydra et Spetzia, à la nomarchie d'Ai^golide. En entrant dans la rade, on voit d'un côté un vaste monastère et de l'autre, avec le fort qui porte le nom du Bavarois Heydecker, une colonne, débris du temple d'Aphrodite.

Aphrodite (la Vçnus des Latins) est une divinité des populations helléniques de la mer Egée, dont le type se combina avec l'Astarté des Syriens ^ adorée dans l'île de Cypre. Qu'elle soit née spontanément des flots , ou ^ comme on le Croyait de préférence, que sa naissance du sein des mers se rattache à la mutilation d'Ouranos^ — le Varouna des Védas, père de la déesse ëûra — il est impossible de se méprendre sur son caractère. Ce caractère était primitivement conforme à des idées qui n'avaient rien de licen-

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