‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 67 sur 339 · PARTIE III. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE III. — LIVRE I

deux. Aphrodite, déesse de la production, personnifiait la nature jeune et printannière qui sort enivrée des eaux écumantes versées par les hivers. La beauté fait naître l'amour, et l'amour est la cause de l'hyménée, source de la génération , qui conserve et agrandit le domaine de la noble humanité. Il ne faut donc pas s'étonner si les intelligences les plus élevées de la poésie hellénique ont aimé à parer de tous les charmes la c blonde Aphrodite, ]> cette «Reine,:» cette «Guerrière, ï cette «Victorieuse,» qui règne sur les cœurs des humains. Homère lui donne pour compagnes les Grâces; un hymne homérique chante Cythérée « qui comble les mortels des plus douces faveurs ; qui , sous un doux visage, porte toujours un aimable sourire et la fleur de la beauté , » et pour peindre Aphrodite couronnée de violettes , le religieux Pindare à épuisé toutes les ressources de sa puissante imagination. D célèbre ses « pieds d'argent; ï il lui donne la Jeunesse pour messagère, et les Grâces pour compagnes. «C'est ainsi, dit un docte pasteur protestant, M. Réville, qu'on retrouve toujours dans la mythologie hellénique le sens exquis du beau qui purifie en grande partie ce qu'il touche. »

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Mais dans l'homme , qui n'est pas, comme ranimai, préservé par l'instinct, il n'est pas de penchant qui ne puisse, en se dépravant, compromettre son intelligence, sa santé et même sa vie. Les Hellènes avaient exprimé cette vérité d'une manière saisissante en opposant à l'Aphrodite-Uranie (Vénus céleste) l'Aphrodite-Pandémos, € la fourbe, l'injuste, i qui protège l'amour libertin et vénal. Celle-ci devait, comme de nos jours, trouver plus d'adorateurs que la première, et, sous l'influence du culte asiatique d'Astarté , produire des aberrations qui portent beaucoup de personnes à ne voir dans le polythéisme hellénique qu'une religion de honte et de dépravation. Je me rappelle avoir, une nuit, sur l'acropole, discuté ce sujet avec M"® Bremer, qui défendait les opinions soutenues par M»»® de Gasparin dans son Voyage dans le Levant. Ces opinions, je l'avoue, me semblent peu en rapport avec les faits. Faudrait-il juger le christianisme par les dégoûtantes extases des nonnes catholiques dont les fureurs hystériques ont été décrites avec tant de savoir et de convenance par un membre éminent de l'Institut de France, M. A. Maury, dans ses savants écrits sur la

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