‹ Excursions pédagogiquesChapitre 28 sur 28 · COUP D'ŒIL SUR NOS LYCEES · texte numérisé non relu

COUP D'ŒIL SUR NOS LYCEES

Je n'avais pas vu nos lycées depuis vingt et quelques années, quand j'y suis rentré, il y a trois ans, à l'occasion de quelques tournées faites en province. En les revoyant, j^étais partagé entre deux impressions. D'un côté, je reconnaissais les vieilles maisons où j'avais passé mon enfance comme élève, et ma jeunesse comme professeur. Les murs étaient un peu plus noirs, les escaliers plus usés, les dortoirs plus délabrés, les réfectoires plus imprégnés de cette odeur lourde qui rappelle l'hôpital et la prison. Mais, d'un autre côté, la population ne paraissait plus être la même. — Quels sont ces élèves qui portent un costume à part? demandais-je à un proviseur. — Ce sont les apprentis de l'école d'horlogerie. Nous leur donnons l'hospitalité au lycée. — Et les autres en pantalon rouge? — Ce sont les enfants de troupe : ils suivent la classe primaire. — Pourquoi ceux-ci se mettentils à part au moment d'aller en classe? — C'est l'enseignement spécial.

314 EXCURSIONS EN FaA.NCe.

La population, gui déjà de mon temps se divisait en un certain nombre de catégories, car les grandes écoles du gouvernement font sentir leur action par avance, est aujourd'hui de plus en plus mélangée < L'enseignement spécial, à lui seul, en forme les deux cinquièmes. Dans la fvlupart des lycées, soit nécessité, soit parti pris, le mélange n'est pas seulement dans les cours : il est dans les salles d'études.

A quelles causes est due celte confusion? La première est tout simplement le manque d'argent. Nous reconnaissons ici l'habile direction des chefs qui, en 1850, étaient à la tête du parti catholique. Ils n'ont pas porté une main violente sur l'Université : mais ils étaient consolés d'avance, si elle venait à mourir de mauvais traitements. On connaît ces règlements de voirie qui défendent les réparations dans les édifices destinés à disparaître. Pendant vingt ans, tandis que tout se transformait au dehors, ils l'ont obligée de vivre dans ses vieux murs, sur son ancienne et insuftlsante part de budget. Les enseignements nombreux que le progrès des temps imposait, on était obligé de les abriter coûte que coûte dans l'enceinte du- collège classique. Pour tout ce qui dépassait le niveau de l'instruction primaire, une seule maison s'offrait: le collège. Les proviseurs, témoins de ce mélange.

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croyaient bien faire en l'augmentant. Quelquefois les prescriptions ofQcielies, obéissant à une. fausse inspiration démocratique, le recomnîandaicnt.

Le délabrement des lycées frappe encore plus vivement les yeux, quand on sort, comme cela m'est arrivé, d'une de ces écoles primaires modèles que nos villes, pour leur honneur, font élever depuis cinq ou six ans. Là, tout est reluisant neuf: les élèves placés, deux à deux, ou chacun ayant sa table; les murs couverts de cartes, de plans, de tableaux d*histoirc naturelle; rinstiluleur mieux payé, plus considéré, plus libre de ses mouvements que nos maîtres élémentaires du lycée. Singulier déplacement des choses! On a autrefois introduit les classes^ primaires dans nos collèges à cause du dénûment des écoles communales. Quel progrès pour les élèves du lycée, pour ceux de nos facultés, quand ils seront installés comme le sont les enfants de Técole primaire !

Les yeux s'habituent aux ruines; la gêne avec le temps n'est plus sentie. Beaucoup de nos proviseurs sont enchantés de leur lycée. J'en ai vu un si habitué à avoir des classes sans jour, qu'ayant à construire récemment des salles nouvelles, il a pris toutes les précautions pour y faire régner l'obscurilé convenable. « Vous ne

connaissez pas nos élèves ! s'ils pouvaient voir ce qui se passe dans la rue... » L'administration centrale envoie des cartes, des tableaux : on les met dans une armoire chez le proviseur. Des livres sont adressés à la bibliothèque des professeurs : ils sont placés sur les rayons ; maisf dans la salle décorée du nom de bibliothèque, vous chercheriez vainement trace d'une installation permettant d'y passer une heure.

Je n'ai indiqué jusqu'à présent que le côté le plus apparent et le moins profond du mal. Une partie de la clientèle de nos Ijcées. les a délaissés peu à peu. Beaucoup de familles ont cherché des maisons d'extérieur plus engageant. Les leçons n'y étaient peut-être pas aussi savantes : mais en échange on se promettait de belles relations, des maîtres plus insinuants, une surveillance plus intimCi et d'ailleurs le succès au baccalauréat, aux écoles, ne faisait-il pas, dans ces maisons, l'objet d'un entraînement particulier? Ainsi s'est accomplie dans la société française une sorte de décomposition : je ne crois pas qu!un corps social puisse indéfiniment remplacer celles de ses parties qui s'en détachent. Il y a une somme de traditions et de culture héréditaire qui doit se fondre et se combiner avec les qualités apportées par les meilleurs d'entre les nouveaux venus. Malgré de louables excep-

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lions, un déchet intellectuel et moral ne pouvait manquer d'être la conséquence de cette défection d'une partie de la société.

Je me hâte de dire qu'à ce mal il n'y a pas de remède possible par mesures coercilives. La liberté du père, ou plutôt de la mère de famille, se déroberait à tous les Compelle intrare. Le seul moyen d'assurer à l'enseignement de l'État sa juste prépondérance, c'est d'abord de lui restituer largement et au plus tôt ce que la parcimonie inléressée des gouvernements précédents lui avait refusé. C'est ensuite de hausser le niveau littéraire et scientifique de l'instruction. Moitié par politique, moitié par la pente naturelle de leur esprit, ceux qui avaient préparé le succès de l'enseignement libre, et qui tenaient dans leurs mains le gouvernement de l'Université, avaient eu soin de rendre l'instruction plus mécanique, lès examens plus superficiels, et ils s'étaient préoccupés aussi peu que possible de la préparation du personnel enseignant.

Mais un parti ne réussit pas seulement par son habileté : il doit encore ses avantages aux • erreurs et aux fautes de ses adversaires. L'Université, en présence de la concurrence de l'enseignement libre, n'a pas toujours vu quel était pour elle le meilleur terrain de résistance. Je dirai, avec une franchise qui ne peut être sus-

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pecte dans ma bouche, quelles ont été, à mon avis, les fautes et les erreurs.

On peut, en premier lieu, reprocher à l'Université la prédilection qu'elle a eue longtemps, et que peut-être elle garde encore au fond do son cœur, pour Tinternat. S'il lui a été si diflîcile de soulenir la lutte sur tous les points, d'î multiplier les établissements à mesure que des raisons locales ou le besoin d'enseignements nouveaux le rendaient souhaitable, c'est qu'elle traîne partout après elle ce lourd impi^dimentum qui rend la fondation d'un lycée chose si difficile»*

Sans doute le temps n'est plus où rUniversilé présentait l'internat comme l'idéal de Téducatiou ot le recommandait à ce litre aux familles. Le langage qu'elle tient aujourd'hui est difTéient. L'internat lui est imposé ])ar les mœurs, elle le subit comme une nécessité. Cependant on peut se demander si, môme à l'heure actuelle, elle ne continue pas à l'étendre, simplement partradiiion et par habitude, ou encore p »r l'exécution des anciens règlements.

Pourquoi toutes nos villes un peu importantes veulent-elles posséder un lycée? apparemment c'est pour avoir les meilleurs professeurs, pour

I. Voir sur ccUc question la l>el!o l'iuilc- Je M. Bcr>'.U: Oe Tahus des grands collèges [Morale et polUique,\i, 184).

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assurer aux jeunes gens une bonne instruction, une solide préparation aux écoles. Qu'aux villes qui demandent un lycée TÉlat impose l'obligation de supporter une partie de la dépense, rien <le plus légitime et de plus naturel. On comprend <lonc fort bien que le ministère réclame d'elles «ne bonne installation des classes, des laboratoires pourvus de routillage le plus perfectionné, <le belles collections scientifiques. On comprend même qu'il leur impose la création de certaines chaires et qu'il les associe à la rétribution du personnel. Au lieu de cela, que fait l'administration de l'Université? C'est à l'aménagement do <lortoirs et de réfectoires que s'emploient les ressources et la bonne volonté des villes*. J ai vu récemment un lycée dont la reconstruction a <léjà coûté un million : cependant il n'y a encore <lc bûties que la chapelle et l'aile de l'édifice qui contient les appartements du proviseur, du censeur et de l'économe.

L'administration répond qu'il faut que les choses soient ainsi à cause des élèves du dehors»

1. L'article 73 de la loi du lô mars 1850 dit que toute ville <]emandant la création d'un lycée « devra faire les dépenses de •construction et d'appropriation requises à cet cflcl, fournir le mobilier et les collections nécessaires à renseignement, assure v l'entretien et la réparation des bàlimcnls. » Un arrêté du 21 avril 1860, inlerpr»')tant cet article, evige des villes le mobilier pour un pensionnat de 2'iO internes.

Mais n'est-ce pas elle qui a créé et qui continu^ de développer les habitudes et les mœurs qu'elle ^ allègue pour se défendre? Chez quelle autre nation voit-on que l'Élat se charge déloger, d'habiller et de nourrir les jeunes gens qui suivent les leçons de ses collèges? cependant, dans les pays qui sont au premier rang en Europe, les collèges manquent-ils d'élèves ? l'instruction eslelle moins répandue? la jeunesse est-elle inférieure à la nôtre pour l'éducation et pour les bonnes mœurs? est-elle moins éclairée, moins libérale, moins apte à se conduire, moins capable de prendre part à la vie politique? La vérilé est que, chez nous, les jeunes gens du dehors sont internes parce que l'administration universitaire le veut et le désire. Une fois les 200 ou 240 lits réglementaires installés, on s'applique à les remplir. Des bourses d'internes sont imposées de fondation au conseil général du . département. Le proviseur déploie un art regrettable, mais d'après lequel il est plus ou moins bien noté, à faire naître l'habitude de Tinternat dans les pays où elle n'existe pas, et il ruine l'hospitalité des familles et celle des pensionnats privés par les garanties apparentes dont se décore l'hospitalité du lycée. Si l'Université regrette l'internat, qu'elle commence par ne plus l'étendre ! Mais on en est si loin, que nous avons

COUP, d'œil sur nos lycées. 321

oii<l vu ces jours-ci môme se fonder à Paris le lycée

ellf f Janson de Sailly, destiné à recevoir 400 internes*

Da et que nous voyons en ce moment s'établir Tin-

'ba ternat officiel des filles. Allons-nous réellement

ïé avoir le pendant féminin de notre personnel de

les proviseurs, de censeurs et de maîtres d'étude?

te L'Université va-t-èlle assumer pareille responsa-

esi bilité? verrons-nous la tenue et les habitudes

ifé- de nos lycéens se reproduire chez leurs sœurs?

les , Une loi excellente en soi a été compromise par

ifls le germe de Tinternat qui y a été déposé '.

ca-

y^ Voyons maintenant Torganisation d'une de ces

maisons. Les choses n'ont pas beaucoup changé

depuis trente ans, si j'en crois la brochure d'un

homme de cœur que les circonstances ont mis à

môme de les observer de près. Jh transcris la

page suivante, où ceux de mes lecteurs qui ont

Je-

ioD' lesi

ifli

ill 1. Ce lycée, d'après les devis officiels, coûtera onze millions:

a. juste la moitié de ce que doit coûter la reconstructioa de la

Faculté des lettres et des sciences.

^ , 2. Une sorte d'émulation règne en ce moment parmi nos mu-

lat . nicipalités pour la fondation de lycées ou de collèges de jeunes

^a lilles. Rien n'est plus louable et plus digne d'être encouragé.

Mais la demande d'autorisation^ qu'accompagne presque toujours ^^^ ' une demande de subvention, porte habituellement ces mots, qui

é' viennent comme une addition qui s'entend de soi : « avec annexe

iiA 4'internat ». Évidemment ces villes croient bien faire et pensent

aller au-devant des désirs du ministre. On a soin d'ajouter que ^ , des bourses d'internes seront accordées par les conseils généraux

qS et municipaux.

passé par ce régime retrouveront des impressions de jeunesse.

« Le tumbôur annonce la récréation. Dans une salle d'étude, des enfants de douze ans, assis et immobiles depuis deux heures, se lèvent au coup de clef du maître el attendent en silence. Nouveau coup de clef, — ils se mettent en rang, — ^^ troisième signal, — ils franchissent la porte et descendent dans la cour, en silence toujours, parfois môme, quand le maître est un raffiné, les bras croisés. Le maître fait faire halte, rectifie les rangs, donne enfin le signal : on ^e disperse. — Combien a-t-il fallu de retenues et en faut-Il encore chaque jour pour en arriver là*?;>

Le reste est à l'avenant : c'est toujours « ce régime à la fois monacal et militaire, ces longues heures d'immobilité et de silence, ces mouvements réglés et uniformes, ces marches en files, ces punitions pour la moindre infraction, celte rudesse dans la réprimande et ce caractère humiliant des châtiments, cette habitude systématique de donner toujours tort à l'enfant et de Ip punir, s'il proleste contre l'arbitraire. » Le lycée qui doit aujourd'hui préparer des citoyens

1. Ad. Adam. Notes sur V administration d'un lycée. Cette brochure, ob les améliorations qa*on peat introduire dans Tintcrnat, sont exposées avec conviction, fait honneur à son anlcur, qui est aujourd'hui proviseur d'un lycée.

Gopp d'œil sur nos lycées. 323

pourune démocratie libre et laïque a conservé le régime du collège d'autrefois, qui façonnait des ouailles pour Téglise et des sujets pour la moparchie. Il y faut bien penser : nous conti* nuons seuls dans cette voie. Les autres- nations, qui y élaient plus ou moins engagées comme nous, en sont sorties ou en sortent au plus vile. Ailleurjs on s'attache à développer Tinilialive de l'enfant; l'objet de l'éducation est de rendre par degrés les maîtres inutiles, la liberté est le but vers lequel on conduit l'élève par des transitions sagement ménagées. Pendant ce temps nous eij sommes restés à un système qui ne laisse à l'écolier, quel que soit son âge, quelle que soit la confiance que par son caractère et sa conduite il ait méritée, ni la répartition de son temps, ni Je droit de s'isoler, ni l'emploi de ses heures de loisir, ni rien de ce qui constitue la liberté et la responsabilité. Au fond, le principe catholique que l'homme est naturellement vicieux et qu'il a besoin d'être surveillé à toute heure et réprimé, domine cette éducation, même alors que la foi s'en est rôlirée. La défiance de l'enfant est la marque de l'éducation cléricale : c'est un principe que dans- mes pérégrinations scolaires j'ai pu vérifier plus d'une fois.

Depuis quelque temps la vogue est aux lycées situés à la campagne. Lyon, Marseille, Bordeaux

soot entrés dans celte voie; Paris, qui en a déjà un, se propose d'en fonder deux autres. Assurément l'internat y sera moins maussade, surtout si les champs ne servent pas simplement de décor. — Le proviseur d'une grande ville, pour atténuer rimpression que me faisait la vue de son lycée, me vantait son petit collège situé à la campagne; il m'en montrait la photographie, où l'on voyait des terrasses disposées par étages, des massifs de verdure. — Et vous laissez, lui dis-je, les élèves user librement de cet espace? — - Sans doute, me dit avec un peu d'hésitation le consciencieux fonctionnaire, de temps à autre nous les changeons de terrasse. — Ils peuvent se promener dans ces taillis? — .Certainement... quand ils reçoivent la visite de leurs parents. Ah! on voit bien que vous ne connaissez pas nos élèves! Si on les laissait sans surveillance... » Telle est la force de l'habitude : l'administration universitaire transporte à la campagne les tristes préaux dès villes ; les règlements et les défendes élèvent autour des enfants des murs imaginaires. Si Ton veut que ces lycées soient moins pesants que les autres, qu'on y adopte donc aussi une autre manière de traiter la jeunesse*!»

1. d Ma vie n'a point été différente de celle des autres hommes; j'ai eu mes chagrins, mes déceptions, et souvent j*a1 porté' plus que mon faix; mais le regret des temps du collège ne m'a jamais

COUP d'œil sur nos lycées. 325

Les ministères se succèdent chez non?, déplus en plus avancés : toutes les améliorations, toutes les réformes, toutes les libertés sont à Tordre du jour. Le pauvre interne seul voit son sort rester le môme. On l'invite à fêler le 14 juillet; je comprends bien que c^est à cause des droits dont il jouira plus tard : mais en quoi la condition actuelle du collégien a-t-elle gagné en liberté, en dignité, depuis cent ans? Si ses aînés, si le^ anciens élèves des jésuites, au collège Louis-le- Grand, pouvaient renaître et visiter les cours, les salles de classe et d'études, ils retrouveraient dans le même état la maison où s'est tristement passée leur jeunesse : mais ils ne voudraient pas d'un régime qui à la* claustration d'autrefois ajoute la rudesse du régiment et la discipline de la caserne.

On sait comment l'Université justifie la sujétion à laquelle elle réduit ses élèves. 11 est nécessaire d'apprendre à obéir pour savoir c6mmandei\

visité; au contraire, cette époque de ma vie ne m*a laissé que des souvenirs lamentables ; encore à l'heure qu'il est; je ne puis ^oir passer une bande de lycéens sans être pris de tristesse, et lorsque par hasard je rêve que je suis rentré au collège, je me réveille avec un battement de cœur. » (Maxime Du Camp, Sou-> venirs littéraires.)-^ Parmi ceux qui ont connu l'internat, beaucoup retrouveront dans ces lignes leurs propres impressions. Comparer le souvenir cordial et louchant gardé à Eton par le poclc anglais Gray.

Pare ut imperes. Telle était, en eflFet, la pensée du restaurateur de nos collèges, qui en voulait former autant de pépinières de Técole militaire. Mais môme dans Tétat militaire, le silence et les mouvements en rang ne sont pas tout. Il faut encore l'esprit qui sait se diriger et se décider à propos, le coup d'œil et l'initiative, la force de caractère qui résiste aux entraînements, l'énergie qui accepte volontairement une lâche difficile et la fait accepter à d'autres : où ces qualités trouvent-elles leur emploi dans l'internat? qui ne sait au contraire que l'inaction abolit les meilleures facultés? Mais puisque j'ai parlé d'obéissance, je veux encore ici céder la parole à queiqu*un qui ne juge pas de llnternat comme moi d'après ses souvenirs, mahs qui en a la vue immédiate sous les yeux : <« Les punitions irritent celui qu'elles atteignent et engendrent les punitions. Les élèves se fatiguent; une irritation sourde les prend, doublée de mépris contre le régime luiniéme et contre ceux qui l'appliquent. Le désordre leur fournit un moyen de se venger ou du moins de se détendre les nerfs : ils font du désordre partout où s'offre une chance d'en faire impunément. S'il faut mentir pour y réussir, ih men« tent. Au besoin même ils déguisent leur hostilité sous un masque de déférence et d'affeclion. Aucun stratagème, s'il permet de préparer un mau-

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vais coup et d'en esquiver les conséquences, ne saurait être déshonorant. Bientôt il suffît qu'un acte soit interdit par l'autorité pour qu'il y ait gloire à le commettre^ ».

Nos lycées jettent donc tous les ans dans la société une génération qui présente en raccourci l'image de la France; elle a été formée par l'autorité absolue, elle aspire de toutes ses forces à l'indépendance, et elle manque des mœurs de la liberté. Ainsi s'expliquent beaucoup d'événements de notre histoire. Nul gouvernement, mais la République moins que tout autre, ne doit désirer que ce flot continue de grossir.

Ce qu'il faut donc souhaiter avant tout à l'Université, c'est la multiplication des externats*. Il n'est plus nécessaire, dès lors, de compter par millions : fondation, administration, direction

. 1. A. Adam. Noies sur V administration d'un lycée, — « Lagrande vertu du collège est la. camaraderie, qui comprend la solidarité entre élèves et la haine du maître. » Bersot, Essais de philosophie et de morale, p. 92.

2. « Lorsque, dans une excellente intention, par le désir de pror curer de l'air et de l'exercice aux enfants qui en ont tant besoin, on propose de transporter les lycées en pleine campagne^ on oublie la nature de l'éducation laïque^ qui laisse les enfants en contact perpétuel avec les parents; on suppose que, poiir visiter leurs enfants, pour consulter l'administration et les professeurs sur leurs études et leur conduite, pour les prendre aux jours de congé, les parents ont assez de loisir ou de fortune, ce qui n'est généralement pas. » Bersot, Études et discours^ p. 129,

des éludes , tout devient plus facile. Chacun de ces établissements pourra s'adapter aux mœurs et aux besoins de la ville ou du quartier où il sera placé. Il est vrai que pour cela une plu^ grande liberté devra être laissée aux proviseurs. Je suis amené ainsi à parler d'un second et non moins grave défaut dont souffre TUniversilé, et dont la première responsabilité doit remonter également à ses fondateurs.

Nous avons un système d'administration et de contrôle qui est peut-être excellent pour empêcher les abus, mais qui, du même coup, arrête toute initiative utile. Un proviseur n'a pas le droit, je ne dis pas de prendre un professeur, mais d'attacher un garçon supplémentaire à la cuisine de son lycée, sans avoir d'abord adressé aux autorités supérieures une demande qui va de l'inspecteur d'académie au recteur, du recteur au ministre, pour être ensuite accueillie ou rejetée par un sous-chef de bureau. En effet, il est de règle qu'aucune dépense ne peut être engagée sans approbation de l'autorité centrale. Toutes les demandes relatives à TinstrucCion, à l'administration , à l'aménagement, s'en vont à Paris. C'est un employé du ministère qui est le juge des besoins de nos lycées : il les apprécie, non d'après la vue immédiate des choses, mais

COUP d'œil sur nos lycées. 3^

d'après un dossier qui va grossissant de main en main, sans qu'à Taccroissement du volume corresponde une augmentation des lumières. On peut pressentir ee qu'il advient de ces demandes. Il y a des natures d'élite chez qui l'habitude des affaires n'émousse pas le désir du bien ; mais ce sont, on le sait, les exceptions. Chez la plupart, le maniement de beaucoup d'affaires du même^ genre produit une philosophie voisine de l'indifférence, ou développe une virtuosité qui considère l'administration comme existant pour ellemême. L'employé, saturé de demandes, obligé lui-même d'en référer à ses chefs, ne songe qu'à se mettre à l'abri : si la réclamation est seule de son espèce, pourquoi accorder à l'un ce qui n'est pas nécessaire aux autres? Si la même d emande arrive de toutes parts, raison de plus pour né pas accorder à l'un ce qu'il faudrait donner à tous.

C'est ainsi que la bonne volonté se perd : la crainte d'être rebuté arrête à leur naissance les demandes les plus utiles, et, peu à peu, en ôte jusqu'à l'idée. Les hommes qui ont le sentiment de leur valeur hésitent à accepter des fonctions où l'on ne peut rien faire de soi-même, en sorte que celles-ci finissent par aller aux mains des simples bureaucrates.

En matière d'instruction et de discipline, nous

retrouvons le môme système. Une innovation, fûl^ elle la plus modeste ou la mieux imaginée; peut déplaire à l'inspecteur d'académie ou au recteur. Quand même elle aurait été approuvée de ceuxci, elle ne trouvera peut-être pas grâce devant l'inspection générale, qui n'a pas toujours le temps d'écouter les explications, et qui, d'ailleurs, est là pour faire prévaloir les idées d'unité. C'est ainsi que la centralisation a peu à peu réduit les proviseurs, qui devraient être •les véritables chefs de l'instruction secondaire, à n'être que des agents de transmission. J'en ai vu un certain nombre : trop souvent j'ai trouvé, à la place de. convictions personnelles, un empressement à demander des directions, qui, soit qu'il fût sincère, soit qu'il fût adopté .pour la circonstance, m'a semblé parler également contre le système.

Mais là ne se borne pas le mal, car il est dans la nature de la centralisation d'aller toujours en s'accusant davantage. Après que les directeurs -de nos lycées se sont trop fidèlement plies au rôle qu'on leur imposait, l'administration arguë de leur manque d'initiative pour tout retenir, par devers elle. Le problème se pose donc de cette façon : on ne peut attendre le progrès que de l'impulsion des hommes dont on s'est appliqué depuis trente ans à comprimer les meuve*

COUP DŒIL SUR NOS LYCEES. 331

menls. Cette donnée montre quelle est la difficulté de la tâche. Chercher des hommes de mérite, les mettre en situation d'agir, desserrer le frein en leur faveur, telle est la seule issue que je vois à la situation où Texcès de la réglementation a conduit l'Université.

Ceci nous amène à parler des réformes qui ont été récemment opérées dans les programmes.

On ne saurait en parler sans d'abord rendre hommage au patriotisme du ministre qui les a proposées, et aux intentions de l'assemblée qui les a discutées et votées. Quelles qu'aient été les divergences d'opinion, c'était partout le même désir d'accroître et d'étendre les bienfaits de Pinstruction.

J'ai fait au commencement de ce volume ma profession de foi. Sur quantité de points, les réformes de 1380 contiennent des innovations depuis longtemps réclamées. Elles ont eu le mérite de provoquer dans l'Université un mouvementd'études dont témoignent les publications scolaires. Elles ont ramené vers l'enseignement secondaire, quelque peu sacrifié jusque-là^ les libéralités des pouvoirs publics. Elles ont répandu partout une bonne volonté et une confiance qui rachèteraient au besoin bien des défectuosités, et sans lesquelles le plan d'études le plus parfait demeurerait stérile. Enfin la mise à exécution a de* mandé au corps enseignant un tel effort qu'il

serait dangereux, à l'heure actuelle, de rien exiger de npuveau.

Mais toutes ces raisons, qui s'appliquent à la situation présente, ne doivent pas nous interdire de penser à l'avenir. Je m'adresse en ce moment aux chefs de l'Université, à ceux qui ont le devoir de songer au lendemain, et j'appelle leur attention sur les difficultés qui pourront se produire dans un temps plus ou moins rapproché. Mieux vaut y avoir réfléchi par avance : à Theure où elles se feront sentir, on pe sera pas tenté de les attribuer au hasard. J'espère même qu'on aura eu le tenïps de prendre des mesures pour les prévenir ou pour les atténuer.

L'idée première de la réforme était une idée unitaire. L'enseignement secondaire, tel qu'il devait être organisé, se présentait comme une sorte de construction à trois étages, par laquelle passait l'ensemble de la jeunesse de nos collèges. Xlhaque étage conduisait au suivant par un cours de trois années d'études. Mais tous les élèves n'étaient pas destinés à monter jusqu'au sommet. Les uns, s'arrêtant après trois ans, avaient reçu un solide enseignement primaire, et quittaient le lycée à l'âge de douze ans. D'autres, continuant jusqu'à quinze, recevaient un enseignement intermédiaire accompagné de latin. Enfin l'élite, entre quinze et dix-huit ans, faisait des études

classiques, quiéiaientcouronnéescn philosophie par une dernière année de sciences. Telle est celte construction, qui, en sa symétrie, ne manque pas d'une certaine élégance géométrique.

Je n'ai pas à juger ici un système qui n*a pas été adopté. Les raisons qui m'empêchent de l'approuver ressorlent assez de toutes les pages de ce livi*e. Mais si la théorie des trois étages, ou, comme elle s'est appelée un instant, des trois cycles, n'a point prévalu, il en a néanmoins pénétré une bonne partie dans les nouveaux programmes.

• Les rédacteurs de ces programmes ont voulu, du même coup, faire droit aux critiques de ceux qui trouvaient l'enseignement classique trop super^ ficiel, contenter les utilitaires qui se plaignent qu'on donne trop de temps au grec et au latin, et satisfaire les partisans de Téducation harmonique, mi-partie composée de sciences et de lettres^ Ils ont donc cédé à des courants divers qui s'étaient déjà mêlés une première fois dans la célèbre circulaire de M. Jules Simon.

Ce mélange amènera des difficultés qui ne me paraissent pas insurmontables, mais qui ont besoin d'être signalées et suivies de près. D'une part, on demande à nos professeurs des exercices oraux, de longues explications, des ouvrages vus en entier, des interrogations fréquentes, un enseignement plus vivant, une action plus directe

sûr les élèves ; et d'autre part l'élude de Tantiquîté est retardée de deux ans, sans que dans les années qui restent il ait été possible d'augmenter le temps qui lui est consacré. Aussi longtemps que les élèves qui commencent leurs études sous ïe nouveau système en seront aux éléments, Tinconyénient que je signale ne sera pas sensible; mais je crains qu'il ne se fasse sentir de plus ei> plus^ à mesure qu'ils avanceront dans les hautes, classes. Vers 1886 et 1887 on pourra dire que le. nouveau plan d'études a été expérimenté.

Inviter les élèves à composer eux-mêmes, d'après les textes qu'ils ont lus, leur vocabulaire et leur grammaire; remplacer les thèmes écrits par des exercices instantanés, faits en classe, ot la cor4 rection de quelques versions par la traduction de chants entiers de V Enéide et de V Iliade, par la lecture de livres entiers de Tile-Live et deXénophon, ce sont là, on l'a vu, les méthodes allemandes^ méthodes nullement abréviatives, mais méthodes discursives et scientiQques, nées dans un pays et dans un temps où les études philologiques, représentées par des hommes étninents, étaient en plein développement et jouissaient d'une considération incontestée; mais réduire le temps des études latines à six ans, celui des études grecques à quatre ans, c'est perdre de vue l'exemple de l'Allemagne, qui emploie au même objet neuf et.

sept ans, pour s'en aller sur les brisées de la Belgique et de tous les pays où renseignement classique est sans honneur et sans force. L'école utilitaire, par une confusion qui se comprend si l'on se met à son point de vue, entendant parler de meilleures méthodes, a pensé qu'elles devaient demander moins de temps, et elle a pris la principale part à une réforme où elle appréciait surtout les retranchements et les suppressions.

Un moyen de compenser la perte de deux ans d'études classiques eût été de regagner par Tintensilé et par la répétition de reffbrt ce qu'on , réduisait sur la durée. Mais si toute mesure destinée à diminuer les études classiques était sûre de rallier l'assentiment du plus grand nombre, toute tentative pour les fortifier, de quelque nature qu'elle fût, se heurtait aux refus des uns, aux hésitations ou aux réclamations des autres. Volontiers on accueillait l'idée d'études classiques plus solides, moins bornées à des exercices de grammaire et de rhétorique : mais ce qu'il eût fallu faire pour suivre l'Allemagne dans cette voie, on ne le voulait ou on ne le pouvait pas. C'est ainsi qu'on est arrivé à inscrire, dans la classe de rhétorique, en regard du programme le plus chargé, un nombre d'heures évidemment insuffisant : quatre heures pour le latin, quatre

heures pour le grec, la moitié de ce qu'y donne l'Allemagne.

Cette disproportion entre le but et les moyens est faite pour appeler l'attention des chefs de l'Université. A celte difficulté s'en vient joindre une autre.

On reprochait naguère à TUniversilé d'imposer aux élèves les exercices littéraires où elle-même elle excelle, et d'élever nos collégiens comme si l'École normale était le but commun de toute la jeunesse. « C'est à croire, disait M. Bersot^ que les professeurs ne sont pas faits pour l'enseignement, mais que l'enseignement est fait pour faire [ des professeurs*. » Ce reproche, juste autrefois, ne pourra plus être adressé aux programmes ; . mais n'est-on pas cette fois tombé dans l'excès opposé et n'a4-on pas perdu de vue une nécessité qui s'imposera toujours aux chefs de l'Université, je veux dire la nécessité d'assurer dans l'avenir le renouvellement du personnel ensei- I ghant? Vers 1886, quelques-uns des jeunes gens formés sous le nouveau système songeront à se préparer à l'École normale. Qu'arrivera-t-il alors ? où trouveront-ils le moyen de compléter une > préparation imparfaite, acquise en un cours ' d'études insuffisant? On peut prendre son parti

\ De rEnièignement clas9iqve en France,

338 EXCURSIONS EN FftANCE.

d'une instruction superficielle chez les élèves. Mais chez les maîtres de la jeunesse, le demisavoir serait uii péril et une calamité ! Qui voudrait installer dans nos chaires Yd peu près, les apparences de la science ? Ce ne sont pas là des prévisions lointaines: en matière d'instruction, les générations se succèdeiit vite. Tout le monde devine ce que seraient les écoliers de tels maitres. Les manuels, qu'on veut avec raison éloigner des classes, y régneraient plus que jamais.

Il est nécessaire d'envisager ces difScultés, non, je le'répète, pour toucher à un plan d'értudes qui doit, en tout état de cause, être respecté, mais pour trouver les moyens d'y parer sans modifier la marche générale des classes.

J'ai entendu proposer différents remèdes. Le seul qui me paraisse efficace serait de permettre à quelques lycées de s'élever au-dessus dti niveau commun.

Est-il nécessaire que tous nos établissements d'instruction publique soient mis à un régime identique ? Le nouveau plan d'études est une moyenne qu'on a prise entre divers besoins sociaux. Je l'approuve comme moyenne, mais je serais fâché qu'on en fît un maximum. Je conçois donc un certain nombrede lycées qui auraient le droit et tiendraient à honneur de pousser plus loiA les études classiques. Sur le nortbre de ces

ir«.

lycées je m'abstiens de rien déterminer :*qu'il y en ait un, qu'il y en ait cinq, dix, quinze, c'est à la discussion, et plus encore, à l'expérience de le décider. La différence principale peut se résumer . en un mot : deux années d'études classiques en plus. Les nouveaux exercices trouveront alors de la place. Quant à la manière d'intercaler ces deux années d'études, qu'on veuille bien s'en remettre aux hcmimes du métier, et qu'on laisse quelque liberté aux proviseurs.

On objectera que toute l'organisation actuelle s'oppose à ces exceptions : le concours général,

^ les programmes du baccalauréat, l'humeur voyageuse du personnel enseignant. Mais que faudrait-il penser du concours général si, au lieu de faire nionter les études, il devenait un argument pour les tenir partout abaissées au même -point? Ce jour-là l'institution irait directement contre son but. Mais c'est noircir. le concours et rien n'empêche qu'il n^ s'adapte à cette diversité des établissements. Quant aux programmes du baccalauréat, ils devront forcément perdre de leur uniformité, le jour où cet examen deviendra, comme nous Favons proposé, pour un certain nombre de lycées, un examen intérieur. Enfin la mobilité du personnel enseignant a été préci-

) sèment favorisée par le plan identique de notre instruction secondaire : on ferait moins voyager

jt

nos professeurs et nos proviseurs, s'i Is ne devaient point partout se retrouver chez eux.

L'influence utile de quelques maisons à fortes études littéraires se ferait sentir dans toutlepays: elle profilerait aux autres lycées et jusqu'aux collèges communaux, qui auraient devant les yciix des guides et des modèles. C'est ainsi que pour l'enseignement spécial on a jugé nécessaire qu'il y eût un certain nombre d'établissementstypes. N'est-ce pas là la marche de la nature et ce qu'indique l'expérience? Nous avons en France quantité de théâtres grands, moyens et petits : comprendrait-on qu'un môme règlement et un môme répertoire leur fussent imposés? il est bon pour tout le motide, et pour les salles de spectacle les plus modestes, qu'il y ait de grandes scèiies et une Comédie-Française. Est-ce trop demander pour l'élite de notre population scolaire, qu'elle trouve en France quelques maisons qui soient les égales des CPoUèges de Schul-pforta et d'Eton? Dans les discussions d'où est sorti le nouveau plan d'études, il a été beaucoup question des élèves de nos écoles primaires, que l'État fera passer, au moyen de bourses, dans les collèges et dans les lycées. Qu'ils soient les bienvenus ! je salue en eux un futur accroissement du renom scientifique et littéraire de la France» 3Iais nous réduirions la valeur du présent que

nous leur offrons, si nous les appelions à participer à des études décapitées. C'est très bien de leur ouvrir les portes toutes grandes; mais il faut encore leur dire, après qu'ils sont entrés : Prenez, choisissez, ce que j'ai de meilleur est à vous!

LES FACULTÉS DES LETTREi:>

Si nos lycées fournissent matière à un triste retour sur le passé, que dire de nos facultés des lettres? Elles sont un témoignage éloquent de ce qu'ont pu produire cinquante ans de dénûment et d'abandon.

Le tableau que présentait naguère le plusgrand nombre des facultés était celui d'un édifice inachevé dont les murs seraient seuls debout; tout ce qui rend une maison habitable absent, partout les preuves de l'indigence; en revanche, de temps à autre, chez les maîtres, des idées de luxe et de fêtes. Les examens subsistaient; mais il n'y avait,, sauf exceptions, ni enseignement régulier, ni élèves; les instruments les plus nécessaires de ^

'étude manquaient : et cependant des leçons vrillantes, quelquefois éloquentes, où était conviée la société mondaine. Il faut ajouter, un dernier trait : telles qu'elles étaient, les facultés .•< rapportaient de l'argent à l'État. l

Les temps sont aujourd'hui changés. Mais plus *»

d'une surprise pénible attend ceux qui pénètrent dans les secrets- de cette misère dorée, A Dijon, la salle de cours qui sert pour les leçons d'apparat est l'ancienne salle de l'Académie où fut proclamé le prix de J.-J. Rousseau : -décorée de panneaux sculptés, de statues allégoriques, elle ne manque pas d'éclat. Mais où ai-je vu donner une partie des leçons? Dans un corridor étranglé; Immide, froid et sombre, et ayant juste la place pour six personnes. A Gaen, une seule et unique salle sert pour tous les exercices : il est vrai qu'elle est disposée en amphithéâtre, et qu'à mihauteur une sorte de moucharabie est pratiquée, où les dames viennent prendre place*.

Mais le plus fâcheux, c'étailencoreladisposition morale qui correspondait à cetle situation matérielle : le découragement chez quelques-uns, la seule préoccupation des^ travaux personnels chez d'autres, presque partout l'idée de l'élève absente. Tout cela heureusement appartient au passé : mais on oublie vite; il est bon d'en metjtre quelques trails sous les yeux des jeunes gens, qui, nouveaux venus, n'ayant pas connu l'ancien état de choses, sont uniquement frappés des imperfections du pl'ésent.

Comment les hommes de bonne volonté qui,

1. Cette salle vient de s'écrouler. Les cours de la faculté des lettres ont dû être transportés à la mairie.

gr&ce à la libéralilé des Chambres, avaient à la fois rintenlion et le pouvoir d'entrer dans une voie nouvelle, devaient-ils commencer cette tâche difGcile ? Par où aborder une œuvre de répara* tion où tout était à faire? Je puis en parler librement, car je n'ai guère été que spectateur, disant quelquefois mon sentiment, mais ne prenant aux actes qu'une part indirecte.

On a pensé que le plus urgent était de donner des élèves aux facultés; qu'une fois les étudiants ' arrivés dans les salles de cours, les autres besoins de l'enseignement se révéleraient d'eux-mêmes. Puisque les examens et les grades restaient, il était naturel de s'en servir comme de cadres pour le recrutement des élèves. Lorsque cet auditoire serait présent dans les facultés, l'enseignement, changeant de caractère, irait de préférence s'adresser à lui. Sur la proposition de M. Waddington, à qui, quand il n'aurait pris que cette seule mesure, une place devrait rester réservée dans l'histoire de la réorganisation de nos facultés, les Chambres volèrent un crédit de 300 000 francs pour das bourses de licence et de doctorat. A ces bourses s'en vinrent ajouter quelques autres votées par les Conseils généraux et par les villes. Les maîtres répétiteurs attachés aux lycées .se joignirent à ce premier fond d'auditeurs. Les bourses d'agrégation qui avaient été oubliées

d'abord, furent créées sous le ministère de M. Jules Ferry.

.La supposition qu'on avait faite se trouva être juste. Dès que des élèves furent régulièrement installés dans les salles de cours, on s'aperçut, beaucoup plus clairement qu'on n'avait pu le faire jusque-là, de tout ce qui manquait aux facultés. Il fallut modifier la nature et le nombre des leçons, ouvrir les bibliothèques, écarter les oisifs qui empêchaient la familiarité des entretiens. Un but était dès lors fixé à l'enseignement. Aussi bien que les facultés de droit et de médecine, les facultés des lettres avaient désormais leur auditoire spécial de jeunes gens, auditoire, à la vérité, encore restreint, mais qui pouvait s'étendre dans l'avenir.

On fit une autre découverte : c'est que cinq ou six professeurs ne constituent pas un personnel enseignant. Pour se partager la tâche compliquée de l'instruction supérieure, pour répondre aux exigences de la science et en suivre les progrès, autant que pour alléger la charge croissante du baccalauréat, les facultés réclamèrent des adjonctions. La juste réforme qui rend les traitenients indépendants du produit des examens, leur laissait pleine liberté à cet égard. 11 a pu y avoir des temps où les facultés voyaient sans grand regret le nombre des chaires rester sta-

lionnaire; aujourd'hui tout enseignement nouveau est le bienvenu. Même ceux qui n'ont qu'un rapport indirect avec les examens sont utiles, car ils ajoutent au lustre et au renom de la faculté, ils contribuent au mouvement des esprits et rendent l'échange des idées plus varié et plus fécond. 11 faut souhaiter que la création de cours nouveaux ne s'arrête pas. Aussi longtemps que nos facultés des Lettres ne compteront pas cha* cune un minimum de dix chaires, elles paral-^ tront incomplètes à qui connaît la diversité et le rapide progrès des études philologiques et historiques. Mais cela ne veut pas dire que chacun de ces maîtres doive verser sa science dans la tète de rélève : la liberté pour l'élève de choisir ses cours, de s'attacher à certains professeurs, qui, en retour, multiplient leurs leçons et donnent leur temps sans compter, cette liberté est la marque distinctive de l'enseignement supérieur, partout où il est vivace et où les rapports entre maîlres et jeunes gens ne se bornent pas à ceux d'une étroite et sèche réglementation.

Quelle que soit la difficulté que l'organisation de nos facultés y oppose, on doit souhaiter que des cours payants trouvent un jour une place à côté des cours gratuits. Je ne répéterai pas ici ce que j'ai dit plus haut des cours payants qui sont la force et le nerf des universités d'Allemagne.

Quand un lecteur français voit la liste des cour^ t délivrés par un professeur de Heidelberg ou de^ Leipzig, il est d'abord étonné d'une teilfr sonime de travail. Mais tout le secret consiste ' dans ce fait que l'université a su accaparer à soa profit l'activité scientifique du professeur, tandis que chez nous une organisation défectueuse eik laisse échapper une bonne partie. Beaucoup de * nos professeurs de facultés, qui regardent trois ou quatre heures de leçons comme le maximum que^ comportent les forces humaines, trouvent l'énergie et le temps nécessaires pour faire des cours ^ municipaux ou donner des leçons dans des écoles spéciales. L'effort est à peu de chose près le même dans les deux pays : mais d'une part c'est un travail concentré sur un même point et rétribué parun seul corps, de l'autre un travail fragmentaire et dispersé.

Après avoir servi à la reconstruction des hautes études, les examens et les grades pourraient, si [ Ton n'y prenait garde, en arrêter le développe- ' ment. Nos facultés des Lettres ont aujourd'hui des auditeurs assidus et réguliers; mais ces auditeurs ne sont pas encore des étudiants : ce , sont des candidats. Ils en portent le nom; ils en ' ont l'humeur inquiète, le manque de liberté d'esf prit, le désir de finir et de s'en aller. Tandis, qu'en d'autres contrées les années passées à

Tuniversité sont l'époque heureuse de la vie, qu'on prolonge volontiers et qu'on recommencerait avec joie, nos boursiers de licence, d'agrégation, n'ont encore qu'une idée : passer leur examen aussitôt prêts. Se peut-il qu'à Paris, au milieu de cette profusion de cours où la s,cieace la plus variée et la plus solide se présente sous une forme achevée, l'étudiant n'ait qu'un désir : prendre son diplôme? Se peut-il qu'à Dijon, à Aix, à Caen, à Grenoble, en liberté au milieu d'une population sympathique, rapprochés des professeurs par les relations plus intimes de la province, la même idée obsède l'esprit de nos jeunes gens?

>Stabant orantcs primi transmittere cursum, Tendebantquc manus ripse ulterioris amore.

Une telle anomalie montre assez qu'il y a encore des défauts et des entraves en celte organisation. L'examen, avec son programme, à la fois vaste et rigoureux, avec ses exigences uniformes pour tous les candidats, pèse sur les études ^ La division de l'ancienne licence es lettres en trois licences distinctes est destinée à remédier jusqu'à un certain point à cet inconvénient : Tavenir

1. Des candidats m'expliquaient un jour qu'ils avaient bâte de passer leur examen pour se ménager, dans le cas probable d*iia refus, la possibilité de renouveler plusieurs fois l'épreuve.

montrera si le remède est efficace. Il faut espérer que comme dans les corps organisés la charpente osseuse croît en môme temps que les organes, les muscles et les chairs, les examens seront assez élastiques pour suivre le mouvement des études, et les soutiendront sans les comprimer. Demander à un candidat #être également prêt sur toutes les parties d*un programme très étendu, c'est lui déconseiller toute initiative et le condamner à la médiocrité. Mais si Texamen, tout en maintenant certaines exigences générales, a égard aux études du candidat, et s'il sait se trîansporter au besoin sur le terrain que celui-ci a cultivé de préférence, il peut n'être pas contraire, il peut même devenir un stimulant au travail personnel.

En écrivant ceci, je pense à l'agrégation autant qu'à la licence: l'agrégation, qui a la forme d'un Concours, qui met à l'étude une série d'auteurs ou de questions, pourrait devenir pour les facultés ce que le concours général a été pour les lycées, un moyen d'émulation, il est vrai, mais aussi un instrument de nivellement, un obstacle à toute innovation qui n'aurait pas été importée d'en haut. Fâcheuse dans l'enseignement secondaire, l'uniformité serait funeste dans l'instruction supérieure. Mais rien n'empêche Tagrégatioi) de faire une place aux études^ vo-

•350 EXCORSlONâ E^ FRANCE,

lontaires et au régime des équivalences, comme il est pratiqué avec succès par les Anglais. 11 y a quelque chose qui vaut autant que d'être prêt à répondre sur toutes les questions d'un concours : -c'est d'avoir suivi avec intérêt, avec intelligence, •avec une part de travail original, les cours d'un maître qui n*était point gêné lui-même dans le ^hoix et le développement de ses leçons par des considérations trop étroites de programme et -d'examen. Avoir été un bon élève de Boissonade ou de Patin, de Guérard ou de Michelet, a une valeur durable et intelligible en tous pays : être agrégé des lettres ou d'histoire, c'est un titre aussi, mais qui a besoin d'être expliqué et commenté, et qui prouve plus pour la faculté d'assimilation et d'exposition que pour le développement d'une vocation spéciale *.

Il va sans dire que tous nos centres académiques, quelles que soient les conditions plus ou moins favorables où ils sont placés, ont le droit de se considérer comme égaux. La fâche ■est la même; le rang doit être aussi pareil. Sans doute la carrière comporte, comme toutes les autres, ses inégalités extérieures ; mais une dis-

l. Voir l'étude de M. Geflroy sur Tagrégation d'histoire, dans la Revue des Deux Mondes du 1«' décembre 1880, ainsi qu'un article de M. Lavisse^ dans la Revue internationale de {'«n* -«ei^nemcn/, 1881, p- 137. ' .

linction entre grandes et petites facultés répugne à la nature même de l'enseignement supérieur. Rien ne prouve qu'un petit centre, par un accord bien entendu de toutes les volontés, de toutes les aptitudes, ne produise une somme de travail égale à celle d'un centre plus considérable, et ne prenne dans la science une place aussi importante. Avec le temps, des différences de spécialité s'accentueront, et nos étudiants n'iront plus à Clermont, à Poitiers, à Besançon, parce qu'ainsi le veut la proximité de leur résid'eiîce, mais parce qu'ils iront chercher le cours de tel professeur bien connu dont ils veulent suivre les leçons.

Certaines habitudes, qui remontent au temps où les facultés n'avaient pas d'auditoire régulier, se modifieront peu à peu : telle est l'habitude de ne donner, sur un sujet déterminé, qu'une seule leçon par semaine. Un professeur qui a par semaine quatre leçons, fait quatre cours différents: €ës longs intervalles font que la curiosité de l'auditeur s'émousse; ses souvenirs perdent de leur précision ; il n'avance que lentement dans une élude dont le terme se fait trop attendre. De son côté, le maître est écartelé entre trop de recherches différentes. Mieux vaudrait changer les swjels dans le cours de l'année et rap-^ procher les heures qui sont consacrées à chacun.

Je termine cette rapide revue en formant pour nos facultés des Lettres trois vœux. Le premier, c'est que la charge du baccalauréat^ qui pèse lourdement sur elles, soit diminuée par degrés. Aujourd'hui que des élèves leur sont confiés ^ nous leur demandons de multiplier leurs efTortd, et par une association d'idées qui se présente naturellement à l'esprit, nous tournons les yeux vers rAllemagne, laquelle, en cette matière, sert de point de comparaison à tous les peuples.

Mais il n'est que juste, dès lors, de travailler à éloigner de nos facultés, ou à alléger un fardeau que l'instruction supérieure, en Allemagne, ne porte pas. J'ai dit plus haut comment, par une série de mesures bien coordonnées, les lycées pourraient être associés peu à peu à la délivrance des diplômes.

Le second vœu, c'est qu'un large afflux de sang jeune et nouveau ne cesse de leur être envoyé. Ce qu'il faut à nos facultés, c'est beaucoup de jeunes maîtres, encore peu éloignés de leurs élèves par 'le nombre des années, leur inspirant sympathie et confiance, leur appartenant tout entiers, et apportant avec eux l'ardeur, les grands desseins, le mouvement, la vie. J'ai été souvent surpris, dans mespérégrinations^jdé voir que nos facultés des Lettres, qui «pourtant faisaient état, jusqu'à présent, de s'adresser au

grand public, sont assez peu connues des villes mémB où elles se trouvent. C'est avec peine, et en m' adressant à quelque lycéen assidu aux séances du baccalauréat, que j'arrivais à m'en faire indiquer le chemin. En Allemagne, il n'y a pas d'enfant qui ne sache où est l'université. Les professeurs, les jeunes privat-docenten sont des IBgures populaires.

La présence de jeunes* maîtres est nécessaire à plus d'un titre : là où ils manquent, les travaux les plus distingués restent comme sans écho. D'autres que moi, sans doute, ont été frappés du fait suivant. Les découvertes, dans le domaine des études historiques, ne constituent pas le privilège d'une certaine nation; tous les peuples cultivés de l'Europe sont plus ou moins associés à l'œuvre du progrès général et en peuvent réclamer leur part. Cependant il est certain que toute découverte faite en Allemagne trouve aussitôt un écho sonore qui manque trop souvent, aux travaux éclos dans les autres pays. Gela tient à la présence des jeunes gens, plus disposés à lire et à discuter les œuvres nouvelles, à l'existence des Revues savantes, aux critiques qui partent comme des fusées de tous côtés, aux polémiques qui éclatent. Quelque chose de semblable existe en France pour les beaux-arts et pour le théâtre. Cet accueil quelque

354 EXCURSIONS KN FiUNCE;.

peu diificultueux, mais instructif, des juges compétents ne saurait être remplacé par la banale complaisance de la presse quotidienne. Il est à kl fois une direction et un excitant. Mettre ensemble, dans une juste proportion, les vétérans d'autorité incontestée et les jeunes gens désireux de se faire un nom, c'est encore le plus sûr moyen pour que l'élincelle jc^illisse.

Il n'est pas besoin de dire qu'on remplacerait bien imparfaitement les maîtres de conférences par des professeurs de lycée venant donner une ou deux heures de leçon chaque semaine à la faculté. Le manque de ressources a obligé récemment de prendre une mesure de ce genre.

Mais ce n'est pas là un progrès : c'est un pas en arrière, un retour au décret de 1808, qui pourvoyait aux cours des facultés au moyen des professeurs de belles-lettres et de mathématiques du lycée, La chose est plus grave qu'elle ne semble. La réorganisation de l'enseignement supérieur est arrivée chez nous à un moment décisif. La concession ou le refus d'un crédit relativement modique peut donner Une vive, impulsion à l'œuvre commencée ou la laisser a mi-chemin.

Je souhaite entin qu'une certaine conformité de vues se fasse sentir dans les mesures qui ont pour objet le développement de l'enseigne-

ment supérieur et dans celles qui tendent à la réforme de l'instruction secondaire. Toutes les utiles créations dont il vient d'être parlé seraient bientôt abaissées, si les lycées ne continuaient pas de fournir à l'instruction supérieure les recrues bien préparées dont celle-ci a besoin. On verrait alors se produire en France ce que j'ai constaté en Belgique : les facultés cherchant à faire récupérer aux élèves ce que l'enseignement secondaire ne leur a pas donné, et descendant par hi de leur rang. Un petit pays comme la Belgique peut résister pendant quelque temps à l'influence de ce régime, parce qu'il ne craint pas de faire de nombreux emprunts de professeurs à l'étranger, et parce qu'il envoie ses propres élèves se perfectionner au dehors. Mais tel ne pourrait être le cas de la France. Il est donc nécessaire que l'enseignement des lycées, quelle que soit la port accordée aux sciences et aux connaissances utiles, laisse une large place à la culture littéraire, de manière à ne point com-

promettre une œuvre qui en est encore à ses co mmencements .

Agrégation des lycées, — La condition du stage, 248. — Boursiers d'agrégation, 295. — Nécessité d'introduire une partie variable dans les épreuves, 349.

Baccalauréat, 293. — Gomment les lycées pourraient être associés à la délivrance du diplôme, 96, 352. — En quoi il diffère de l'examen de maturité allemand, 19, 83, 92.

Belgique-. — Les universités belges, 169. — L'enseignement secondaire en Belgique, 180, 355.

Bibliothèques, — Les bibliothèques universitaires, 173, 240. — Les bibliothèques des lycées, 316.

Bifurcation. — Ce qui était contre nature dans la bifurcation de M. Fortoul, 164.

Botanique (enseignement de la). — Botanique à la realschule,

Bourses d'enseignement secondaire, 300.

Bourses d'enseignement supérieur, 222, 295, 344.

Bourses familiales, 280.

Centralisation (la). — Est une des causes qui ont retardé l'établissement de l'enseignement secondaire spécial, 188. — Entrave l'initiative dans l'enseignement secondaire, 328.

Certatio (la). — Ce que c'est, 26.

Collèges communaux. — Leur importance, 200, 289.

Comenius, 137.

Concentration. — Les débats sur la concentrc.tion des études à la realschulcy 161.

Conférences. — Nécessité d'en exclure les auditeurs non inscrits, j

Conférences {mai 1res de)^ 225, 362. Cours hebdomadaires. — Leur inconvénient, 351. Cours rétribués par les étudiants, 227, 346.

Cou9in, — Sa lettre sur Schulpforta, 10.

Divisions parallèles, 9

École normale supérieure, 292. — Nécessité de songer au recrutement futur de l'École, 337.

Êeole polytechnique. — Sa limite d'âge, 298.

Écoles spéciales. — Difficultés qu'elles opposent à une réorganisation de renseignement supérieur, 71. 211, 298.

Éducation allemandej 98. — Le piétisme, 100. — Le patriotisme, 103. » Idée qu'on donne de l'État, 115.

Enseignement classique. — Comparaison entre la France et l'Allemagne, b2.

Enseignement des jeunes filles, 280. — Son importance, 284.

Enseignement prïmaire, 264. — L'obligation, 265. — Le certificat d'études primaires, ?69. — L'enseignement primaire supérieur, 271. — Il ne doit pas discréditer le travail manuel. 275. — Il fournit des maîtres à l'enseignement secondaire^

Enseignement secondaire. — Effets de la loi de 1850. 286. — insuffisance du nombre des établissements, 288. — Recrutement et préparation du personnel enseignant, 292. ^

Enseignement secondaire spécial^ 181. — Tourquoi il a été établi si tard, 186. — Son organisation, 189. — Baccalauréat de l'enseignement spécial, 197. — Avenir de cet enseignement, 200, 299.

Enseignement supétHcur. — La loi sur la liberté de l'enseignement supérieur, 207. — Ses effets, 302, 316. — Difficultés d'une organisation nouvelle, 212. — Nécessité de multiplier les cours, 223. — Les derniers progrès de renseignement supérieur, 304. — Progrès à réaliser dans l'avenir, 307. — Les élèves ne doivent pas arriver trop jeunes à l'enseignement supérieur, 252. — Importance de cet enseignement, 260. — No* mination des professeurs, 258. — (V. Facultés.)

Ernesti, l'un des restaurateurs de renseignement allemand.

Étudiants. — Idée qu'ils se sont faite de l'enseignement supérieur, 214. — Institutions à l'usage des étudiants dans les autres

pays, 244.

Examen pour entrer au gymnase, ; .

Examen de maturité , ou examen final du gymnase, 78. — A

quelle époque il a été constitué, 90. ~ Jusqu'à quel point il

peut être imité e.i France, 96.

Examens, — Nécessité d'introduire une partie variable dans le**

examens, 252, 347.

Extemporale. — Ce que c'est, 28. — Raisons de la faveur dont

il jouit, 30. — Extemporale d'histoire. 52.

Facultés. — Ce qu'on appelle le groupement des facultés, 215.

— Utilité des petites facultés, 220, 35a. — Nécessité d'augmenter le nombre des cours, 223. — Occasions de faire des publications, 243. — État de dénûment ob elles ont été longtemps laissées, 342. — Insuffisance du nombre des professeurs, 345. — Charge causée par les examens, 352.

Gcsnev (Mathieu). — L'un des restauraleins de l'enseignement allemand, 67. — Son opinion sur la lecture des auteurs, 44.

Grec. — Comment on l'apprend dans les gymnases, 25. — Prononciation, 27. — Devoirs instantanés, 28. — Étude du vocabulaire, 36. — La lecture cursive, 39.

{gymnase. — Le gymnase allemand. ; — Origine de son nom, 5.

— Simplicité du plan, 7. — Le directeur, 12. — Le conseil des professeurs, 14. — Les traitements, 17. — La bibliothèque, 17. — Les classes sont d'une heure, 23. — Nombre des années passées au gymnase, 5. — Pas de classe de philosophie, 50. — Spécimen d'un plan d'études,, 55. — Les gymnases allemands au dixrliuitième siècle, 66. — Comment leur enseignement s'est relevé, 67. — Préparation des professeurs, 77.

— Nombre des gymnases, 150. — .Les conférences des directeurs de gymnases, 19.

Gymnastique. — L'enseignement de la gymnastique en Allemagne, 118. — La gymnastique des jeunes filles, 123. — Exercices physiques pour les étudiants, 247. — Les excursions à pied, 132.

Heyne (Christian). — L*un des restaurateurs de l^enseignement * allemand, 71.

Histoire, — Enseignement de Thistoire au gymnase, 52. — Les récapitulations, 53. — Gomment on enseigne Thistoire nationale, 104. — L'histoire contemporaine, 110.

fnternat. — Peu pratiqué en Allemagne, 10 — Comment il est organisé en Belgique, II. — L'internat en France, 318. — La discipline, 321. — L'internat à la campagr", 323. — Doit être écarté de l'enseignement primaire supérieur, 279. — Des lycées déjeunes filles, 321.

Interrogations. — Mode d'interroger dans les gymnases, 25, 56.

Langues vivantes, — Comment elles sont enseignées en Allemagne, 54.

Latin. — Le latin est enseigné dès la première classe au gymnase, 6. — Prononciation du latin, 27. — Devoirs instantanés, 28. — Devoirs faits à tête reposée, 33. — Livres sur le style latin, 34. — Ëtude du vocabulaire, 36. — Vers latins, 37 — La lecture curai ve, 39. — Le hitin à la realschule, 153.

Limite d'âge minima pour entrer au gymnase, 7. — Abus de la limite d'&ge maxima, 7. — La limite d'âge à l'École polytechnique, 298.

Lycées. — Sont en trop petit nombre, 290. — Contiennent des élèves qui ne font pas les mômes études, 8, 313. — Installations défectueuses, 31.'). — Nécessité d'établir des lycées de différents degrés, 338.

Missions à l'étranger, données aux professeurs de gymnases, 20. — Pour apprendre les langues vivantes , 54.

Mibclungen (le poème des). — Est étudié au gymnase, à l'école réale, dans les écoles de jeunes filles, 107.

Pédagogie. — Importance donnée en Allemagne à la science pédagogique, 59. — Comment elle se transmet, 60.

Philosophie. — L'enseignement de la philosophie n'est pas donné au gymnase en Allemagne, 50. — Faut-il transporter la classe de philosophie dans les Facultés? 252.

Piétisme. — Le piétisme dans l'éducation allemande, 100. — Francke, chef de la secte des piétistes, 138.

Privat-docenten, 226.

Programmes. — Chaque gymnase publie tous les ans un pro-

grammO; 18.

Proviseurs, 328.

Realschule ou école réale, 136. — Son nom, 141. — Son histoire, 137. — Le diplôme final, 147, 151. — Prix payé par les écoliers, 149. — Nombre des écoles réaies, 149. — Les études> l.S3^ — Départ anticipé d'une parliedcs élèves, 162. — Utilité de la realschule f 164.

Réformes de 1880, 332, 354.

Séminaire pédagogique ^ 59.

Sém.inaires philologiques, — Comment ils se fondent, 72.

Spécialité des maîtres. -^ Poussée moins loin en Allemagne

qu'en France, 15, 54- Statistiques. — Les statistiques de 1878, 264.

Théologie. — Les étudiants en théologie, 256. Tur^o^les écoles), 194, 273.

Université. — Ce mot a deux sens, 217. — Les universités de l'Allemagne, 74'. — Influence qu'elles ont eue sur la littérature allemande, 70. — Activité qui y règne, 353.

Volontariat d'un an, 248, 291.

IVo//^ (Frédéric Auguste). — Son influence sur l'enseignement,

FIN DE l'index ANALYTIQUE.

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