‹ Exercices et évolutions d'infanterie tels que révisés par ordre de Sa Majesté, 1862 [microforme]Chapitre 204 sur 217 · DES PIQUETS · texte numérisé non relu

DES PIQUETS

S. 24, Des Piquets et de leirs sentinelles.

1. Usage des piquets.—Toute armée ou moindre corps de troupe en camp ou bivouac devront être protégés par des piquets.

2. Description des piquets.—Il y a deux espèces de piquets, ceux de l’avant-poste et ceux du poste d’appui, variant en force suivant l’étendue de front à garder et le danger d’être attaqué. Le piquet d’avant poste est envoyé en avant à une distance considérable en front du camp ou des quartiers de cantonnement; le piquet du poste d’appui reste ordinairement dans le camp, sous les armes, et prêt à sortir pour le service et supporter l’autre au premier signal, ayant des sentinelles avantageusement postées pour écouter ou observer toute alarme en front, et les communiquer au poste avancé, s’il est nécessaire, par l’entremise des patrouilles

3. Principaux devoirs d’un piquet dr l’avant poste.—Les principaux devoirs d’un piquet “e l’avant-poste sont de garantir le repos du camp, d'empêcher que des reconnaissances ne soient faites par l’ennemi et d'obtenir des renseignements sur ses mouvements, et même sur ses intentions, au moyen des patrouilles en le surveiilant avec soin, en interrogeant les paysans de l'endroit et en profitant de tous ces indices dont chaque officier devra être au fait, tel que l’affermissement des postes de l’ennemi, un tumulte ou un mouvement inaccoutumé dans ses lignes, le bruit des troupes ou de l’artillerie en marche pendant la nuit, la diminution ou l’accroissement dans les feux, etc., etc., etc.

4. Comment les piquets doivent être distribués. —Les piquets, sur le champ de bataille, sont ordinairement formés en brigades, les différents régiments fournissant une ou plusieurs compagnies selon qu’il est nécessaire, un officier supérieur de service en ayant le

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commandement, ou un régiment entier peut être employé au service de piquet sous ses propres officiers.

5. Les piquets devront être déployés comme l’infunterie légère. — Les piquets d’avant-poste seront postés avec une double chaîne de sentinelles en front, sur les mêmes principes que les troupes légères sont déployées pour couvrir une ligne. Lorsqu'ils sont postés près du corps principal, des supports ne seront nécessaires qu’en arrière de la ligne des sentinelles, mais lorsqu’à distance, une réserve et plus sera aussi nécessaire, si la ligne est d’une étendue considérable,

Le poste de l'officier supérieur de service sera ordinairement avec la réserve. :

6. Les piquets seront divisés en renforts, afin que chaque compagnie soit en état de renforcer ses sentinelles périodiquement ; ils seront divisés en trois renforts, dont un seul sera déployé en sentinelles et les deux autres devront servir de supports. Les sentinelles devront être relevées toutes les heures pendant la nuit.

T. Partis détachés.—Si la chaîne de sentinelles se trouvait tellement étendue qu’il ne serait pas facile de les relever de l’avant poste, un ou deux petits partis, formant les supports intermédiaires avec la chaîne et sous le commandement d'officiers commissionnés où non commissionnés, pourront être détachés vers une position convenable, dans le but de fournir des sentinelles.

8. Des piquets-sentinelles.—Tous les piquets-sentinelles seront doubles, excepté les sentinelles de connexion, entre la ligne du front et les partis en arrière, qui peuvent être simples.

9. Position et conduite des sentinelles pendant Le jour et la nuit.— Des piquets-sentinelles de jour devraient être placés sur des hauteurs et dans des positions qui commandent, d’où ils peuvent voir tout le pays en avant d’eux, sans s’exposer à la vue; mais, pendant la nuit, ils doivent être placés plus bas, afin d’avoir devant eux le terrain le plus élevé, dans le but de voir tout parti ennemi qui paraîtrait à l’horizon sans être découvert. Pendant le jour, il n’est pas nécessaire de laisser plus de sentinelles en service qu’il n’est suffisant, afin de veiller sûrement la campagne en avant; chaque sentinelle devra être capable de voir les files sur sa droite et sur sa gauche, aussi bien que le terrain intermédiaire entre elles ; pendant la nuit, ou par un temps brumeux, un nombre plus considérable sera nécessaire, et un homme de chaque file devrait toujours rester à son poste, regardant vigilamment à son front, tandis que les autres patrouilles agissent aussi à sa droite, jusqu’à ce qu’il ren-

contre l’autre sentinelle près de lui; par ce moyen elle seront rele-

vées alternativement. Des sentinelles devront faire la patrouille

à leur front, jusqu’à une distance de vingt à trente verges. Lorsque des sentinelles entendt-\! ‘uelqu’un approcher d’eux, pendant

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ne doivent permettre, à plus d’un étranger à la fois, d’approcher de leur poste sous aucun prétexte,

10. Ligne des sentinelles. —En choisissant la ligne pour la chaîne des sentinelles, on devra avoir soin de ne pas l’étendre trop, de placer les hommes dans les postes les plus avantageux pour observer les chemins et le pays en front, et de les mettre à l'abri de l’observation de l’ennemi, suivant que la nature de leur devoir pourra le permettre. Il est très-désirable de comprendre, dans la chaîne des sentinelles, tous les endroits élevés qui dominent les communications en arrière; mais sicela ne peut être fait, sans trop étendre les sentinelles, un parti devra être envoyé pour occuper la hauteur durant le jour, et on devra avoir soin de le secourir et d'assurer sa retraite, dans le cas où il serait attaqué. Les sentinelles doivent être placées de manière à empêcher qu'aucune d’entre elles ne soit enlevée, ei à des distances qui ne permettent pas à l'ennemi de passer inaperçu entre elles pendant la nuit. Les sentinelles ne devraient jamais être postées près d’un taillis ou d’un abri, d’où elles pourraient être attaquées soudainement ; mais tous les bois, ravins, etc., dans les environs du poste, doivent être surveillés et quelquefois fouillés, par les patrouilles, pour empêcher l’ennemi de réunir, inaperçu, aucun corps de troupes dans les environs.

11. Les flancs devront être protégés. —Les flancs d’une ligne de piquets-sentinelles devraient être placés un peu en arrière de la ligne principale ; et s’ils ne sont pas protégés par la nature du te: rain, un parti détaché, sous le commandement d’un officier, devrait être posté dans la position la plus favorable, afin d'empêcher que le flanc ne soit tourné.

12. Sentinelles de connexion.—La communication devrait être préservée au moyen de simples sentinelles, entre le front de la ligne des sentinelles et les supports, aussi entre les supports et la réserve.

13. Des officiers devront examiner le terrain.—Les officiers, sortant dans l'office de piquet, doivent examiner le pays qu’ils doivent parcourir, à partir du camp, et choisir les postes les plus avantageux, afin de disputer le terrain dans le cas où ils seraient pressés par l’ennemi.

14. Poster une compagnie en ypiquet.—Lorsqu'un officier, en charge d’une compagnie envoyée en piquet, arrive à la position qu’il doit occuper, il devra d’abord voir à la sûreté immédiate de son parti, et placer des sentinelles à son front et sur ses flancs, puis envoyer une file à l’endroit le plus élevé, dans le voisinage, afin d'avoir une bonne vue du pays environnant, et se rendre, en personne, accompagné d’une patrouille, pour examiner tous les objets près de lui, propres à favoriser la retraite d’un ennemi. S’étant ainsi mis en sûreté contre toute surprise, il procèdera à étendre sa chaîne de sentinelles et à ouvrir la communication entre les partis sur sa droite et sur sa gauche.

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15. Lorsque des piquets sont attaqués.—Lorsque des piquets sont attaqués, la même règle suivie dans toutes les autres tirailleries

sera observée, et les partis d’officiers détachés ne se retireront pas

sur le corps principal, mais supporteront les tirailleurs ; et s’ils sont forcés de se retirer, ils opéreront leur retraite, si c’est possible, sur le flanc du corps principal, en se prêtant ainsi les uns aux autres une assistance mutuelle. Lorsqu'une sentinelle s’est assurée que l’ennemi se met en mouvement pour faire une attaque, elle ne devra pas hésiter à faire feu immédiatement, bien que l’ennemi soit bien au-delà de la portée de son fusil.

16. Un officier devra renforcer son poste.—Un officier devrait renforcer son poste, lorsqu'il est possible, en faisant des abattis, construisant des parapets, etc. ; si la défense d’un pont ou d’un gué lui est confiée, il ne devra jamais omettre de construire des travaux de ce genre pour protéger ses troupes, et retarder la marche de l'ennemi. Un officier ne devrait pas cependant, sans permission, bloquer un chemin principal avec d’autres matériaux que ceux qui peuvent être aisément enleyés.

17. Un piquet ne devra pas s’enfermer sans ordre.—Un piquet ne doit pas s’enfermer dans une maison ou dans une enceinte, avec l'intention de se défendre jusqu’à la dernière extrémité, à moins qu’il n’ait un ordre spécial de le faire, ou que les circonstances le rendent nécessaire dans le moment, pour la sûreté du parti, dans l'attente de renforts.

18. Sous quelles circonstances un piquet devrait se retirer.—Un piquet peut en toute sûreté défendre son front aussi longtemps que ses flancs ne sont pas attaqués ; mais aussitôt que l’ennemi cherche à envelopper le poste, le piquet doit commencer à opérer sa retraite.

19. Parlementaire.—A l’approche d’un parlementaire, une sentinelle avancera et lui fera faire halte à une distance qui empêchera toute ii du parti qui le compose de regarder au-

delà des postes du piquet. L’autre sentinelle en informera l'officier commandant le piquet, lequel, suivant ses instructions, devra ou détenir le parlementaire à l’avant-poste; jusqu’à ce quw’il ait fait rapport à l'officier supérieur de service, ou expédier au camp le parti les yeux bandés et accompagné d’une escorte.

Si le parlementaire n’est que le porteur d’une lettre ou d’un

aquet, l'officier de piquet devra le recevoir et le faire parvenir immédiatement au quartier général. Aussitôt le reçu donné, le parlementaire sera requis de partir sans délai, et il ne sera permis à nul soldat du piquet d’entrer en conversation avec lui.

20. Précautions à prendre lorsque des feux sont allumés.—Lorsqu’il sera permis à un piquet d’allumer un feu, ce devra toujours être, autant que possible, hors de vue ; et le poste d’alarme du piquet, dans le cas d’une attaque de nuit, devra être invariablement placé à une petite distance en arrière du feu, de manière à empêcher que le pue ne soit découvert, et obliger l’ennemi à s’exposer en passant devant le feu.

194 Infanterie légère.

21. Les avant-postes devront être sous les armés une heure avant le jour.--Les piquets prendront les armes le matin une heure avant lé point du jour ; et si tout parait tranquille en front, l'officier, aussitôt qu’il pourra distinguer distinctement les objets, procèdera à occuper les mêmes postes que ceux qu’il occupait le jour précédent ; mais il devra auparavant envoyer en avant des patrouilles pour éclairer sa marche, et s’il observe quelque changement dans les postes ou la position de l’ennemi, il en fera rapport immédiatement à l'officier de service.

29. Quand les avant-postes devraient êlre relevés—Comme les attaques ont plus communément lieu vers le point du jour, ce serait considérablement augmenter la force des piquets que de les relever à cette heure-là.

09, Arrivée du renfort.—A l’arrivée du nouveau piquet, l'officier qui en a le commandement accompagnera l'officier de l’ancien piquet le long de la chaîne des postes, et cet officier indiquera la position et la force de tous les postes de l’ennemi, et donnera tous les renseignements nécessaires à l’officier qui le relève.

24. Devoir de l’oficier du piquet relevé.—Quand les sentinelles sont relevées, et que le temps est suffisamment clair pour constater que rien n’indique une attaque, l'officier qui a été relevé dépéchera un rapport écrit à l'officier supérieur de service, se retirera sur le piquet de réserve, et marchera au camp de la même manière que quand il a avancé ; mais si les avant-postes étaient attaqués avant son arrivée au camp, il considèrera de son devoir de faire immédiatement volte-face, et marchera à leur secours :

95. La patrouille.—I1 reste maintenant à parler de lun des moyens les plus nécessaires et les plus effectifs pour prévenir les surprises et obtenir des renseignements, savoir: de la patrouille, sans laquelle le service d’avant-poste ne pourra jamais être bien rempli, quelqu’actives et alertes que soient les sentinelles. Le mode de conduire ces patrouilles, leur force et la distance à laquelle elles peuvent être envoyées, dépendent nécessairement des circonstances locales toujours changeantes dans lesquelles des

piquets peuvent se trouver placés ; mais on peut établir comme une règle générale, que quand elle est proche de l’ennemi, la patrouille devrait être expédiée une fois entre chaque pose pendant la nuit.

96. La patrouille devra être vigilante, silencieuse et circonsperte. -- 11 devra être strictement enjoint aux patrouilles d’être vigilantes, silencieuses et circonspectes; nul bruit ne devra être fait pour quelque raison que ce soit, et quand il y aura quelque communication à faire, ce devra être à voix basse.

T1 n’est pas possible d’établir des règles exactes pour la direction des patrouilles dans chaque cas qui peut survenir pendant le ser-

vice, mais on peut citer en peu de mots un ou deux des moyens:

les plus ordinaires d’accomplir ce devoir important.

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Fiquets. 195 27, La patrouille sur le front de la ligne des sentinelles. —1a trouille, en quittant le piquet, devrait, quand la chose est priticolie. communiquer en premier lieu avec le poste voisin sur la droite, qu la gauche,) et faire la patrouille avec précaution le lon du ront entier de la ligne des sentinelles, justement assez en é les voir, et après avoir communiqué avec le poste rh 4 4 gros (ou la droite), retourner de nouveau au piquet par l’arrière e la chaîne. Les sentinelles ne doivent pas cesser de se teni sur leur garde en raison de l’apparition fréquente de ces étrouiilun mais on doit leur apprendre qu’ils doivent supposer un pie dans tous ceux qui viennent près d’eux ; on devrait faire usage de queldüe signal convenu d’avance, cu d’un échange de consigne fait à voix basse, qui serait changé à chaque pose ,

28. Des patrouilles lorsque les postes de l’ennemi sont éloignés . Des patrouilles devront aussi être envoyées le long des chemin dans la direction des postes de l’ennemi, à la distance qui ar être trouvée convenable. Ces patrouilles devront être DR par des éclaireurs, hommes d’une intelligence prompte, choisis pour ce service, auxquels pas un bruit n’échappera et dont les ie expérimentées découvriront le danger qui approche bien longtemps avant qu’il arrive. Une patrouille doit par-dessus tout éviter Li feu inutile, ou en d’autres mots, les fausses alarmes ; en entendant des pas qui approchent, les éclaireurs devront immédiatement se rejeter sur la patrouille, et si le bruit indiquait la marche d’un corps plus considérable qu’une patrouille, un ou deux hommes devraient être envoyés à la hâte en arrière pour en informer l’officier du piquet qui préparera immédiatement les moyens de défense La patrouille se rejettera avec fermeté et Sans être observée si c’est possible, sur le piquet ; mais si elle est aperçue et sur rise par l’ennemi, un feu incessant devra être ouvert, dans le but lan. noncer au camp que l’ennemi arrive en force. On devra comprendre que, si les piquets connaissent leurs devoirs et s’ils sont judicieusement formés pour la défense des chemins, il sera extrêmement difficile à un ennemi, quelque fort qu’il soit, lorsqu'il aura failli dans son plan de prendre les avant-postes par surprise, de leur tenir tête, en raison des désavantages d’un attaque nocturne s’il est résolument opposé par des soldats qui connaissent le terrain, et dont les plans ont été d'avance concertés pour la défense de ces points dans leur ligne de retraite, surtout lorsque la disparité dans le nombre est en grande partie neutralisée par l’obscurité de la nuit.

29. Les patroutlles devront éviter d'échanger des coups de feu avec l’ennemi.—En rencontrant la patrouille d’un ennemi en avant de la chaîne des sentinelles, il sera toujours très prudent de retraiter aussitôt sans échanger des coups de feu, ce qui ne servirait qu’à harasser et troubler les troupes. :

30. Une forte patrouille sera expédiée justement avant le jour.— Une forte patrouille sera toujours expédiée à quelque distance, vers

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196 Infunterie légère.

les postes de l'ennemi, précisément avant le point du jour, et

cette patrouille, plus que toutes les autres, devra procéder avec des récautions redoublées, de crainte de rencontrer les colonnes de *ennemi, attendant le point du jour pour faire l’attaque.

31. Objet principal des piques en cas d’attaque.—Dans le cas d’une attaque, le commandant d’un piquet devra toujours se rappeler, que le grand objet de sesefforts est de gagner assez de temps pour permettre au corps principal sur sés derrières de prendre les armes et de se préparer au combat. Les points qu’il a à disputer dans sa retraite, ayant été auparavant choisis, il se présentera peu de cas où il sera obligé de compromettre la sûreté dagson piquet pour obtenir ce résultat; mais même dans un cas extrême, il ne devra pas oublier qu’il est de son devoir de se sacrifier lui-même, plutôt que d’être repoussé sur le corps principal, avant qu’il ait eu le temps de se former.

32, Les avant-postes ne devront rendre les honneurs à personne.—Les avant postes ne devront rendre les honneurs à personne, mais lors-

w'ils seront approchés par un officier général, par l'officier supérieur

e service, ou par aucun parti armé, ils se mettront en rang et resteront sur leurs armes. Les sentirelles en service d’avantpostes ne doivent rendre les honneurs à personne.

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