SUR LA PONCTUATION
(V. Gramm., n°s 689 a 704 inclusivement.)
Emploi de la virgule.
Les faux talents sont hardis effrontés souples adroits et jamais rebutés (691). — Avec le sentiment de la Divi-
nité tout est grand noble invincible dans la vie la plus étroite (691) ; sans lui tout est faible déplaisant et amer au sein même des grandeurs (691,692). — La raison supporte les disgrâces le courage les combat la patience les surmonte (693). — Quand on conseille la vertu aux autres on augmente les raisons qu'on a de la pratiquer (694). — Celui qui doute et qui observe augmente sa science (695). — L'homme véritablement libre est celui qui dégagé de toute crainte et de tout désir n'est soumis qu'à sa raison et aux décrets de la Providence (692, 694, 695, 696). -- Se vaincre est d'un héros pardonner d'un dieu. — L'aimant comme un génie tutélaire guide les navigateurs au sein des mers et les éclaire sur la roule qu'ils doivent tenir quand toutes les autres lumières les abandonnent (694, 692). — Le conquérant ressemble à un torrent qui après avoir entraîné tout ce qui s'oppose à son passage va s'engloutir dans le sable et ne laisse après lui que les tristes vestiges de ses ravages et de ses fureurs (694,692). — Cette pénétration cette activité toute divine par laquelle Dieu est présent partout gouverne tout prévoit tout et pourvoit à tout est ce que nous nommons la Providence (691, 695, 692). — La chose la plus aisée devient pénible quand on la fait à contrecœur (694). — Votre providence ô Père céleste gouverne et conduit toutes choses (694, 692). — L'honneur ressemble à l'œil qui ne saurait souffrir la moindre impureté sans s'altérer (694) ; c'est une pierre précieuse dont le moindre défaut diminue le prix (694). — Le temps qui fuit sur nos plaisirs semble s'arrêter sur nos peines (694). — A mesure que Télémaque s'éloignait de l'île il sentait renaître son courage et son amour pour la vertu (694, 692). — Calypso était sans cesse tournée vers le côté où le vaisseau d'Ulysse fendant les ondes avait disparu à ses yeux (694) . — Les arbres et les plantes en laissant tomber leurs fruits ou leurs graines se préparent autour d'eux une nombreuse postérité (692, 694). La plus faible plante le moindre légume contient dans une graine le germe de tout ce qui se déploie dans les plus hautes plantes et dans les plus grands arbres (691, 694, 692). — La vérité seule est la lumière de notre esprit la règle de notre cœur la source des vrais plaisirs le fondement de nos espérances la consolation de nos craintes l'adoucissement de nos maux les remèdes de toutes nos peines (691). Elle seule
est la source de la bonne conscience la terreur de la mauvaise la peine secrète du vice la récompense intérieure de la vertu (691); elle seule immortalise ceux qui souffrent pour elle attire des honneurs publics aux cendres de ses martyrs et de ses défenseurs et rend respectables l'abjection et la pauvreté de ceux qui ont tout quitté pour la suivre (695) ; enfin elle seule inspire des pensées magnanimes forme des âmes héroïques des sages seuls dignes de ce beau j nom (695, 691 ) . — Ce globe immense que l'on appelle terre i nous offre à sa surface des hauteurs des profondeurs des j plaines des mers des marais des fleuves des cavernes des 3 gouffres des volcans (694, 691). Si nous pénétrons dans son intérieur nous y trouvons des métaux des minéraux des pierres des bitumes des sables des terres des eaux et des matières de toute espèce placées comme au hasard et sans aucune règle apparente (694, 691 , 692). En examinant avec plus d'attention nous y voyons des montagnes affaissées des rochers fendus et brisés des contrées englouties des îles nouvelles des terrains submergés des cavernes comblées des matières pesantes souvent posées sur des matières légères des corps durs environnés de substances molles des choses sèches humides chaudes froides solides friables toutes mêlées (694, 691) et dans une espèce de confusion qui ne nous présente d'autre image que celle d'un amas de débris et d'un monde en ruine (692). — La mer n'est point un élément froid et stérile mais un empire aussi riche aussi peuplé que la terre et qui offre à l'œil autant de variété (692, 691). En effet nous y trouvons des hauteurs des vallées des plaines des profondeurs des rochers des terrains de toute espèce des îles qui ne sont que le sommet de hautes montagnes et des volcans dont la bouche submergée vomit le feu du sein des ondes et pousse jusqu'aux nues une épaisse vapeur mêlée d'eau de soufre et de bitume (691, 694, 695).