Un cobaye ou un pigeon produit beaucoup plus de
COj qu'un homme l^pin" unité de poids). — Introduisez un pigeon ou un coba3-e dans le récipient A de l'appareil de la fig. 40, à travers lequel vous
Fig. 40.
Appupjil servant à doser CO^ produit par la respiration du cobaye ou du pigeon.
D, D', vases à potasse destinds à retenir CO^ de l'air qui entre dans l'appareil ; C, ballon 'témoin contenant de l'eau de baryte claire; A, récipient en verre renfermant le pigeon ou le cobaye en expérience ; «, eau distillée; E, E', E", E'", ballons contenant chacun 125 k 150 c. c. d'eau de baryte titrée; P, tube aspirant l'air à travers tout l'appareil.
faites passer un courant d'air énergique, au moyen d'un aspirateur (trompe à eau) agissant en P. L'air qui pénètre dans l'appareil est privé de CO^ dans les cylindres à potasse B, B' ; il ne doit plus troubler l'eau de baryte du ballon C. Le ballon D contient de l'eau; les ballons E, E', E", E'", renferment ensemble 500 ce. d'une solution concentrée de baryte titrée.
Faites fonctionner l'appareil tant que la baryte du ballon E'" reste claire; arrêtez l'expérience dès que cette baryte commence à se ti-oubler, ce qui arrive au bout d'une demi-heure à une heure. Terminez l'expérience en chassant rapidement un très grand volume d'air à travers l'appareil pendant deux ou trois minutes.
Après l'expérience, la baryte des ballons E', E", E'", est réunie, mélangée et repassée une fois en entier à travers chacun de ces ballons, de manière à rendre le mélange bien homogène. Si vous êtes pressé, filtrez immédiatement une partie de cette baryte, puis déterminez-y le titre; mais il vaut mieux attendre le dépôt spontané du carbonate de bar3'um, et enlever au moyen d'une pipette la quantité nécessaire du liquide surnageant.
Connaissant la durée de l'expérience (.80 minutes par ex.), le poids du cobaye (527 gr. par ex.), la quantité de baryte (500 c. c), son titre avant (10 c. c. correspondant à 28.8 ce. d'acide) et après (10 ce correspondant à 22.1 ce d'acide) l'expérience, il est facile de calculer la quantité de CO.^ produite par heure et
parkilogr. d'animal. Dans l'exemple choisi, cette quantité
X 2 X 1000 = 1270 ce de CO.2, c'est-à-dire plusieurs fois la valeur de l'exhalation de CO^ (par kilogramme), chez l'homme.
50. Un lapin consomme moins d'oxygène à la température ordinaire du laboratoire, que s'il est refroidi par
une aspersion d'eau glacée. — Un gros lapin (L, fig. 41) respire au moyen d'une canule trachéale (') et d'un tube en caoutchouc court et épais, l'oxygène de la cloche graduée 0 de l'oxygénographe (fig. 41). Les deux flacons laveurs A, sont intercalés sur le tube qui va du réservoir d'oxygène à l'animal. Ils font office de soupape, l'un servant à l'inspiration, l'autre à l'expiration. Les mouvements respiratoires de l'animal font ainsi barboter l'air à travers la solution chargée d'absorber COwj. Un petit flacon de Woulff KHO, à potasse solide, humide, se trouve encore intercalé sur le trajet du gaz respiré et achève de le débarrasser de CO^. De cette façon, la diminution du volume gazeux dans la cloche 0, correspond exactement à l'oxygène consommé par l'animal : comme la cloche est équilibrée par un contre-poids automatique, elle s'enfonce progressivement dans le bain de chlorure de calcium R, à mesure que le volume du gaz diminue : la consommation de l'oxygène se lit directement par les changements de niveau à l'intérieur de la cloche graduée.
Notez, de minute en minute (chaque fois que l'aiguille des secondes d'une montre passe au-devant du trait 60), la position moj^enne de la cloche (malgré les mouvements de va et vient dus à la respiration de l'animal), en ayant soin que ces annotations s'étendent sur une durée de 6, 10 ou 15 minutes. Il suffit
(') Il n'est pas nécessaire d'attacher l'animal pour fixer la canule clans la trachée. L'opération ne parait pati très douloureuse (on peut d'ailleurs anesthésier l'animal en lui injectant dans l'estomac 7 à 10 ce. d'alcool dilués avec deux fois leur volume d'eau — attendre que l'anesthésiesesoit dissipée avant de commencer le dosage d'oxygène). Un aide mainlienl les pattes du lapin de la main droite et tient solidement la tète de la main gauche, le pouce appuyé sur la mâchoire inférieure, tandis que les quatre doigts s'appliquent sur la voûte crânienne. L'opérateur qui fixe la canule dans la trachée, se place en face de l'aide, de manière à avoir le corps du lapin à sa gauche, la lôte à sa droite.
Pendant le dosage d'oxygène, le lapin n'est pas attaché; on l'empêche seulement de se déplacer, en le maintenant à la main, ou en le plaçant dans le petit chariot spécial imaginé par le professeur Michel.
alors de multiplier le nombre trouvé par 10, par 6 ou par 4, et de diviser par le poids de l'animal, pour avoir la consommation d'oxygène du lapin par kilogramme-heure (faire la correction de température et de pression du gaz, d'après les tables de Hesse).
Refaites une seconde expérience dans les mêmes conditions, mais en ayant soin de placer l'animal sous un robinet permettant de l'asperger d'eau froide au début de l'expérience, ou pendant une partie de celle-ci.
L'animal consommera par exemple 600 à 800 c c. par kilogramme-heure dans la première expérience et 900 à 1000 dans la seconde.
51. L'homme consomme moins d'oxygène (250 à 300 ce.) par kilogramme-heure que le lapin et les petits mammifères. — L'appareil représenté figure 42, sert à mesurer la consommation d'oxygène de l'homme. Il est construit sur le même principe que l'oxygénographe pour lapin de la figure 41. Le sujet respire par l'embouchure E (les narines étant bouchées par une pince à ressort) , l'oxj'gène contenu dans la cloche mobile 0, qui flotte sur un bain de chlorure de calcium. Sur le trajet du réservoir d'oxygène à
l'ig. 41.
Oxijfjéuoiiraplie. — Appareil destiné à mesurer et à enregisU-er la consommation respiratoire d'oxygène du lapin.
L'animal respire (à travers les flacons laveurs à solution do potasse, ligurés en A, et le flacon à potasse solide KHO) l'oxygène conienu dans la cloche graduée 0. La cloche 0 est équilibrée automatiquement dans toutes ses positions par le contre-poids à siphon S.
Tel qu'il est représenté figure 41, l'appareil fonctionne comme oxygénoniètre : le signal électro-magnétique, l'horloge et le cylindre servant à enregistrer la consommation de l'oxygène, ont été omis dans la flgure.
la bouche du sujet, se trouvent intercalées les caisses a et b, contenant un mélange de chaux et de soude caustique, destiné à absorber l'anhydride carbonique. L'inspiration se fait à travers l'une des caisses h, l'expiration à travers l'autre, a, le sujet comprimant lui-même au moyen des doigts alternativement le tube a, ou le tube b (tubes en caoutchouc). La diminution de volume subie par le mélange gazeux renfermé dans la cloche 0, à la fin de l'expérience, représente la quantité d'oxygène consommée; on ne mesure pas la quantité de COj exhalée.
Je consomme par exemple, à jeun, en 15 minutes : B litres d'oxygène, soit par heure 20 litres. Comme mon poids est de 80 kilogr. cela fait 250 c. c. par kilogramme-heure.
Il est essentiel, dans cette expérience, que les poumons du sujet soient au même état de distension (expiration forcée par ex.), au début et à la fin de l'expérience : le sujet fera une expiration profonde à l'air extérieur avant de
s'appliquer l'embouchure E, au début de l'expérience. Au bout de 15 minutes, il termine en faisant une expiration profonde dans 1 appareil, puis il detacbe
cpiration profonde
Fig.
Appareil respiratoire applicable à l'homme.
E, embouchure en métal ; a el b, caisses d'absorption remplies de chaux el de soude; a, trajel de l'air de l'expiration; /', trajel de l'air de l'inspiration; F, réservoir à double paroi renfermant une solution saturée de chlorure de calcium ; T, tube allant des caisses d'absorption à la cloche d'oxygène 0. La chaiiielte qui suspend la cloche 0 passe sur les poulies ;j, p, pour rejoindre le contre-jioids automatuiuc P; r, tube relié par un siphon au llacon /contenant du mercure; KHO, potasse.
l'embouchure Ê et ferme les tubes a et b.
La figure 43 montre les détails de la construction d'une des caisses d'absorption (imaginée par Schwann, 1868) : l'air respiré traverse un long canal plusieurs fois replié sur lui-même, et creusé dans une bouillie de chaux et de soude.
52. Un animal à, sang froid produit plus de GOj à Ja température ordinaire qu à 0^
— Pesez ensemble 3 à 6 grenouilles que vous introduisez dans le récipient central de l'appareil, figure 44, construit sur le même principe que celui de la figure 40. L'air est privé de C0.2 à son entrée dans l'appareil : CO^ produit par l'animal est retenu par la baryte de deux tubes de Petteukofer. On titre la baryte avant et après l'expérience.
Faites deux expériences pareilles : l'une £ vec des grenouilles conservées au laboratoire depuis plusieurs jours, et placées dans l'appareil à la température du laboratoire; l'autre avec des grenouilles conservées depuis la veille, dans un vase entouré de glace.
Placez-les dans l'appareil respiratoire avec quelques morceaux de glace.
Les grenouilles produisent par exemple 40 ce. par kilogramme-heure à -]-18o, et seulement 5 c. c. à -f- 1°.
co