‹ Exercices pratiques de physiologie à l'usage des étudiants en medicineChapitre 23 sur 62 · I. - SALIVE · texte numérisé non relu

I. - SALIVE

57. La salive digère l'amidon et le glycoe^ène. — Ecrasez dans le mortier un très petit fragment d'amidon. Faites-en bouillir une pincée dans un tube à réaction avec 5 c. c. d'eau, en ayant soin d'agiter. Attendez que l'empois d'amidon ainsi formé se soit refroidi, et ajoutez-y un peu de salive. (On provoque une salivation abondante en faisant agir sur l'intérieur de la boucbe des vapeurs d'éther.)

Au bout de peu de minutes, le liquide contient un sucre réducteur. Ajoutez-y un peu (l c. c.) de soude et quelques gouttes de solution de sulfate cuivrique, et faites bouillir : la liqueur est réduite et il se précipite de l'oxyde cuivreux rouge. (Réaction de Trommer. Voir n" 58.)

Répétez la même expérience, mais en faisant bouillir la salive avec l'eau, de manière à détruire le ferment diastatique avant d'ajouter l'amidon, puis faites bouillir de nouveau. La recherche du sucre par la soude et le sulfate de cuivre donne cette fois un résultat négatif. Le sulfate de cuivre est précipité par la soude à l'état d'hydrate cuivrique bleu. L'hydrate passe à l'état d'oxyde cuivrique noir, lorsqu'on fait bouillir le liquide.

2 Vî c.c. d'une solution concentrée de glycogène (solution laiteuse) sont additionnés d'un peu de salive, et maintenus à une température voisine de celle du corps (tenir le tube en main ou le chauffer au bain d'eau). Observez la disparition du glycogène : le liquide opalescent s'éclaircit graduellement. Il présente les réactions de la glycose (n» 58).

58. Réactions de la glycose. — Les réactions suivantes se font dans un tube à réaction avec de l'urine de diabétique (') :

1" Béadion de Trommer. Ajoutez au liquide sucré (2 '/^ c. c), un pende lessive de soude (l ce.) et quelques gouttes de solution de sulfate de cuivre : l'hydrate cuivrique formé se redissout avec une belle couleur bleue. Faites bouillir le mélange : la glycose réduit le composé cuivrique à l'état d'oxyde cuivreux, qui forme un précipité rouge; en même temps, le liquide se décolore.

2" Réaction de Bottger. Faites bouillir le liquide (2 Vj ce), avec la lessive de soude (1 ce) et une petite pincée de sous-nitrate de bismuth (en poudre) : la glycose réduit par l'ébuUition le sousnitrate à l'état de bismuth métallique, qui se dépose sous forme de précipité noir. Le réactif de Nylander (liqueur alcaline de bismuth) peut servir à faire la même réaction.

3" Essai 'par la soude. Chauffez le liquide (2 7? c. c.) à l'ébuUition, après l'avoir additionné de lessive de soude (1 ce) : le liquide se colore en jaune ou en brun, suivant la quantité de glycose présente.

59. Fermentation alcoolique de lagrlycose. — Observez la levure de bière en préparation microscopique, à un fort grossissement.

Ajoutez un peu de levure de bière (1 c. c. lavé au préalable à l'eau) dans un tube à réaction, au liquide contenant du sucre (5 ce); chauffez à 4- 40" au bain d'eau : la fermentation s'établit bientôt; le liquide mousse abondamment, et répand une odeur alcoolique.

C'est le procédé le plus sûr pour la recherche du sucre dans les urines diabétiques (quand on n'a pas de polarimètre à sa disposition). Tout médecin peut l'exécuter facilement, sans le secours de réactifs ou d'ustensiles de chimie.

On introduit l'urine et la levure dans une fiole à médecine que l'on remplit exactement. On bouche au moyen d'un bouchon de liège présentant latéralement un petit canal (fait au canif, par deux entailles longitudinales se rejoignant), pour empêcher que le bouchon ne saute

pendant la fermentation. On retourne la fiole, on la

plonge le col en bas dans un verre rempli de la même F'g- 'i''^- urine, comme le montre la figure 47.

Appareil pour la re- On conserve le tout à une douce chaleur (au soleil ou cherche clinique de près du feu). S'il y a du sucre, il ne tarde pas à fermenter : la glycose dans les les bulles de 00.^ montent et se rassemblent au haut de la "■■"^^s- fiole, qui, au bout d'un certain temps, se trouve remplie de

gaz, le liquide s'étant échappé par l'ouverture ménagée dans le bouchon.

(*) L'urine de diabétique convient parfaitement pour les exercices de recherche et de dosage du sucre. On peut la conserver facilement à l'étal de sirop, que l'on dilue au moment de s'en servir. Ce sirop s'obtient en évaporant l'urine de diabétique à une basse température, au bain marie, dans de grandes assiettes ou dans des capsules plates. Si le sirop est très épais, il ne tarde pas à laisser déposer une abondante cristallisation (dextrose ou dextrose -\- Na Cl).

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