Réaction par le ferro-cyanure de potassium. — Le
sérum dilué (2 '/.j ce.) est acidulé par l'acide acétique (1 ce d'acide dilué 1 : 5), puis additionné de quelques gouttes (1 ce au plus) de ferro-cyanure de potassium. Ajoutez un excès de ferro-cyanure : le précipité se redissout.
Cette réaction est commune aux matières albuminoïdes naturelles, aux albumines acides ou alcalines et à la propeptone, mais n'appartient pas à la peptone.
9. Réaction du biuret. — Le sérum dilué (2 7î c.c) est mélangé avec un égal volume de soude, puis additionné de 2 à 4 gouttes au plus d'une solution diluée (1 : 20) de sulfate de cuivre. Il se forme une liqueur d'un bleu violet, qui, portée à l'ébullition, vire légèrement au violet ou au rose violacé. La teinte rose violacée sera plus marquée, si vous faites bouillir le mélange d'albumine et de soude avant d'y ajouter le sulfate de cuivre.
Plongez un flocon de fibrine pendant une à deux minutes dans la solution de sulfate de cuivre, puis lavez-le rapidement à l'eau. Portée dans la solution de soude, cette fibrine prend une belle coloration violette. Faites bouillir le liquide : la coloration vire au rose ; la fibrine se désagrège et se dissout.
La peptone, la propeptone, le biuret, et plusieurs substances ayant une constitution moléculaire analogue à celle du biuret, donnent, déjà à froid, avec le sulfate de cuivre et la soude, la coloration rose vineuse.
Une pincée de peptone commerciale (peptone de Witte ou autre), dissoute dans quelques gouttes d'eau, peut servir à cet essai.
Evitez d'employer un excès de sulfate de cuivre. Le sulfate de cuivre donne par la soude un précipité (ou une coloration) bleu d'hydrate cuivrique, qui noircit par l'ébullition (formation d'oxyde cuivrique noir). Exécutez cette réaction.
10. Précipitation par les sels des métaux pesants, par le tannin, par l'acide picrique, etc. —Le sérum dilué donne un
abondant précipité, quand on y verse quelques gouttes de bichlorure de mercure, d'acétate de plomb, de sulfate de cuivre, etc. Quelquesuns de ces précipités sont solubles dans un excès de réactif.
Esbach a basé sur la précipitation de l'albumine par l'acide picrique (solution 1 : 100), un procédé d'évaluation clinique de la quantité d'albumine contenue dans les urines pathologiques. (Voir plus loin au chapitre de l'urine.)
Pour l'action du suc gastrique sur les matières albuminoïdes, voir au chapitre de la digestion.
11. L'albumine ne diffuse pas. — Une partie (un tiers par ex.) de la solution d'albumine, saturée de sulfate de magnésium, ayant servi à préparer la paraglobuline (voir plus loin n" 14, p. 17), est versée par un petit entonnoir, dans un boyau (') de papier parchemin, replié en U (fig. 21). Le boyau est suspendu au moyen d'une baguette de verre horizontale, comme le montre la fig. 21, dans un gobelet renfermant de l'eau de la ville (eau ne contenant que des traces de sulfates — voir p. 10). Attendez une heure au moins, puis prélevez au moyen d'une pipette, un échantillon de l'eau extérieure au dialyseur.
Cette eau donne les réactions des sulfates et du magnésium, mais non celles de l'albumine : précipité abondant par le chlorure de baryum, précipité par l'ammoniaque et le phosphate ammonique (précipité Fig. 21. ne se formant pas toujours immédiatement) ; — Dialyseur en forme absence de précipité par l'ébullition en présence ^ boyau, de l'acide acétique dilué ; absence de précipité par le ferro-cyanure de potassium et l'acide chlorhydrique; pas de réaction xanthoprotéïque ; pas de réaction du biuret, etc.
La réaction de Millon ne pourrait servir à rechercher l'albumine que si le sulfate de magnésium avait été remplacé ici par le chlorure de sodium : en effet, le réactif de Millon précipite, en jaune (sulfate basique de mercure) par le sulfate de magnésium.