‹ Exercices pratiques de physiologie à l'usage des étudiants en medicineChapitre 7 sur 62 · Réactions générales des matières albuminoïdes · texte numérisé non relu

Réactions générales des matières albuminoïdes

Diluez 10 ce. de sérum (') de bœuf avec dix fois leur volume d'eau;

(•) Nous employons le procéd»^ suivant, pour obtenir à l'abattoir de L\6ge, le sérum exempt de matière colorante rouge : le sang de bœuf est reçu, au moment de la saignée, directement dans une série de petits gobelets {contenant chacun au maximum 1/4 de litre), que l'on vient de laver avec une .solution de chlorure de xodium à 10 "/o (afin que les gouttelettes d'eau qui se condensent pendant la saignée sur les parois froides des gobelets, se chargent d'assez de sel pour ne pas dissoudre de globules, au moment où elles se mélangent au sang). Les gobelets, remplis jusqu'au bord, sont laissés au repos à l'abattoir pendant 24 à 30 heures. Dès le lendemain, le sérum clair peut être recueilli, à la surface, dans chaque gobelet, au moyen d'une pipette.

A défaut de sérum, on pourrait employer le blanc d'œuf convenablement divisé au moyen de ciseaux, dilué avec de l'eau légèrement salée, et filtré.

ajoutez un peu de chlorure de sodium (3 à 5 ce. de la solution saturée), afin de redissoudre éventuellement la paraglobuline, qui peut commencer à troubler le mélange, et pour ne pas abaisser la teneur en sels du liquide.

Pour exécuter chacune des réactions suivantes, il suffit de prendre environ 2 ce. du sérum dilué (la moitié de la pipette de 5 ce), dans un tube à réaction.

Les réactions colorées (r. xantho-protéïque, r. de Millon, r. du biuret) seront répétées avec un flocon de fibrine (*) suspendu dans 2 7j c.c d'eau.

3. Coagulation par la chaleur. — Prenez trois échantillons de sérum dilué : a, b, c; k chacun d'eux, ajoutez 3 à 5 gouttes de teinture de tournesol, ou une petite languette de papier de tournesol.

a) est soumis directement à l'ébuUition (agitez le tube au-dessus de la flamme, de manière à détacher le précipité d'albumine et à l'empêcher de coller au verre; usez de la même précaution, chaque fois que vous chauffez à feu nu, un liquide albumineux) : il se forme un précipité peu abondant, nageant dans un liquide trouble. La coagulation de l'albumine est incomplète, à cause de l'alcalinité naturelle du sérum.

h) est soumis à l'ébuUition, après addition de 3 à 5 gouttes de soude. L'alcali empêche la coagulation de l'albumine et la transforme en albumine alcaline qui reste en solution. Neutralisez avec précaution, en ajoutant goutte à goutte de l'acide acétique dilué : l'albumine alcaline se précipite : elle est soluble dans un excès d'acide acétique.

c) est acidulé légèrement par addition d'une à deux gouttes d'acide acétique (dilué 1 : 5), puis soumis à l'ébuUition : formation d'un précipité qui se rassemble, au bout de quelques instants, en flocons nageant dans un liquide clair ou légèrement opalescent.

Si vous ajoutez trop d'acide (5 à 10 gouttes ou davantage), l'albumine ne se coagule plus par la chaleur, mais se transforme en albumine acide, qui reste en solution. Il suffit alors de neutraliser le liquide par la soude, versée goutte à goutte, pour précipiter l'albumine acide : ce précipité se redissout dans un excès de soude.

Prenez deux flocons de fibrine pareils; soumettez l'un à l'action de l'eau bouillante : il prend une teinte grisâtre, devient opaque, et perd une partie de son élasticité; il n'a plus aucune action sur l'eau oxygénée ; tandis que le flocon non bouilli se couvre de bulles d'oxygène, quand on le plonge dans l'eau oxygénée.

(*) La fibrine est obtenue à l'abattoir, par le battage du sang de porc. On la malaxe sous un courant d'eau, jusqu'à ce qu'elle soit à peu i)ros blanche. Elle peut être conservée dans la glycérine : au moment de s'en servir, on la débarrasse de la glycérine, par le lavage à l'eau.

4. Coagulation par l'alcool. — Le séram dilué (2 '/^ ce.) est additionné d'alcool versé goutte à goutte (1/2 à 1 ce. par ex.), jusqu'à ee qu'il se forme un précipité blanc à la partie supérieure du liquide. Au début, l'albumine est simplement précipitée (non coagulée); agitez vivement le liquide : le trouble se redissout complètement. Ajoutez ensuite un grand excès d'alcool (2 volumes au moins) : le précipité reparaît et persiste, même après dilution ultérieure par l'eau.

5. Coagulation par les acides minéraux. — 2 Vî ce. de sérum dilué sont additionnés de 10 à 20 gouttes d'acide cUorliydrique : il se forme un précipité d'albumine coagulée. Ajoutez un excès d'acide chlorhydrique (2 '/î c.c) et faites bouillir le liquide : le précipité se redissout. Prolongez l'ébullition : le liquide prendra une teinte bleuâtre.

Dans les mêmes conditions, l'albumine de l'œuf, précipitée par H Cl, ne se redissout pas ou se redissout avec difficulté.

6. Réaction xantho-protéïque. — 2 '/j c.c. de sérum dilué sont additionnés de 10 à 15 gouttes d'acide nitrique, puis soumis à l'ébullition : il se forme un coagulum qui se colore en jaune. Laissez refroidir (en agitant l'extrémité fermée du tube sous un filet d'eau froide), et ajoutez de la soude caustique, jusqu'à ce que le liquide et le coagulum prennent une belle couleur brun-orangé.

Un flocon de fibrine se colore pareillement en jaune, puis en brun orangé quand vous le faites bouillir avec de l'eau et de l'acide nitrique, et que vous saturez (après refroidissement) par la soude caustique.

Il en est de même de plusieurs dérivés des matières albuminoïdes. Répétez l'essai avec une rognure d'ongle tenue en suspension dans un peu d'eau.

7. Réaction de Millon. — 2 Vî c.c. de sérum dilué sont addi- ' tionnés de liqueur de Millon (1 c.c) ; il se forme un trouble ou un précipité blanc, qui, par l'ébullition, se rassemble en grumeaux roses, puis brun rougeâtre.

Répétez l'essai avec un flocon de fibrine, suspendu dans un peu d'eau : il se colore en rouge, puis en brun, par l'ébullition en présence de la liqueur de Millon. Si la liqueur n'est pas diluée, il n'est pas nécessaire de chauffer.

La liqueur de Millon non diluée colore également à froid, en moins d'une minute, la peau ou les ongles (matière cornée) en rouge foncé. Déposez une goutte de liqueur de Millon sur la paume de la main : il se forme une tache qui persistera pendant plusieurs jours.

La réaction de Millon est caractéristique des phénols et de tous

les corps renfermant le groupe (0 H) fixé sur le noyau C C

du benzol. Versez quelques gouttes de liqueur de Millon dans 2 Vs ce. d'eau pliéniquée (eau saturée de phénol) ; le liquide se colore en. rouge par l'ébullition. Si l'on ajoute beaucoup de liqueur de Millon (un égal volume), la coloration rouge se montre immédiatement, sans qu'il soit nécessaire de chauffer.

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