DE LA CENE
S. Matth xxvi. 17-30. — S. Marc. xiv. 1-2-26. —S. Luc. xxn. 7-23. S. Joan. xin. 1-30.
Premier point. Jésus mange l'agneau pascal avec ses douze Apôtres, et leur prédit sa mort : « Je vous dis, en vérité, que l'un de vous doit me trahir : Amen dico vobis quia unus veslrûm me traditurus est. »
Second point. Il lave les pieds à ses disciples, même à Judas, en commençant par saint Pierre. Mais cet apôtre, considérant la Majesté du Seigneur et sa propre bassesse, ne peut y consentir, et dit : « Seigneur, vous me lavez les pieds ! Domine, tu mihi lavas pedes ! » Il ignorait que le Sauveur leur donnait en cela un exemple d'humilité : c'est pourquoi Jésus leur dit : « Je vous ai donné l'exemple, afin que vous fassiez aux autres ce que je vous ai fait à vous-mêmes : Exem> plum dedi vobis, ut quemadmodùm ego feci vobisf ità et vos faciatis. »
Troisième point. Il institue le très-saint sacrement de l'Eucharistie, comme la plus grande marque de son amour, en disant : « Prenez et mangez : Âccipite et comedite. » La Cène étant terminée, Judas sort pour vendre Jésus-Christ, notre Seigneur
DES MYSTERES QUI SE SONT ACCOMPLIS DEPUIS 1.A CÈNE JUSQU'AU JARDIN INCLUSIVEMENT (1).
S. Matih. xxvi. 3-46. — S. Mare. xiv. 27-42.— S. Luc. xxn. 24-46, S. Joan. xiu. 31-38; xiv. xv xvi. xvu. xvm. 1, 2.
Premier point. Après la Cène et l'hymne d'action de grâces, le Seigneur s'avance vers le mont des Olives avec ses disciples, remplis de craintes Il en laisse huit à Gethsémani, en leur disant : « Demeurez ici tandis que je vais là pour prier : Sedete hic, donec vadam illùc et orem. »
Second point. Accompagné de saint Pierre, de saint Jacques et de saint Jean, il gagne le jardin, où il prie par trois fois en disant : « Mon Père, s'il est possible, que ce calice passe loin de moi ; qu'il en soit cependant, non comme je le veux, mais comme vous le voulez. Et, étant réduit comme à l'agonie, il priait plus longuement : Pater mi, si possibile est, transeatà me calix iste :
verumtamen non sicut ego volo, sed sicut tu
Et factus in agonià, prolixiùs orabat. »
Troisième point. Sa crainte devint si grande, qu'il disait : « Mon àme est triste jusqu'à la mort : Tristis est anima mea usque ad mortem. » Et il sua du sang en si grande abondance, que saint Luc
(i) Depuis la Cène jusqu'au jardin inclusivement. — Dans tous les mystères de la passion du Sauveur, saint Ignace se plaît à indiquer les divers trajets que fît Jésus soutïïaut. Nous avons déjà fait cette remarque au second jour de la troisième ,<maine. (Note 1. page 227.)
dit : «Il eutunesueurcommedegouttesdesangf 1) qui coulait jusqu'à terre: Et factus estsudor ejus, sicul guttœ sanguinis decurrentis in terram. » Ce qui suppose que ses vêtements en étaient tout imbibés.
DES MYSTÈRES QUI SE SONT ACCOMPLIS DEPUIS LE JARDIN JUSQU'A LA MAISON D'ANNE INCLUSIVEMENT.
S. Malth xxvi. 47-57. — S. Marc. xiv. 43-53. — S. Luc. xxii. 47-54. S. Joan. xvm. 3-21.
Premier point. Le Seigneur reçoit le baiser de Judas ; il se laisse prendre comme un voleur par les soldats, et leur dit : « Vous êtes venus à moi comme à un voleur avec des épées et des bâtons pour me prendre. Jetais tous les jours au milieu de vous, enseignant dans le temple, et vous ne m'avez point arrêté : Tanquàm ad latronem existis cum gladiis et lignis comprehendere me. Quotidiè eram apnd vos in templo docens, et non me tenuistis. » Et à ces mots : « Qui cherchez-vous ? Quem qnœritis ! » ses ennemis tombent renversés.
Second point. Saint Pierre blesse un des serviteurs du pontife. Le Seigneur, plein de douceur, lui dit : « Remettez votre épée dans le fourreau : Mitte gladium taum in vaginam. » Et il guérit la blessure du serviteur.
Troisième point. Jésus, abandonné de ses disciples, est conduit à Anne, où saint Pierre, qui l'a-
(1) [Voyez, sur ce passage, la seconde contemplation de la troisième semaine, note 1, page 2-24.] .
vait suivi de loin, ïe renia une fois (1). Un valet donne un soufflet à Jésus-Christ, en lui disant : « Est-ce ainsi que vous répondez au grand prêtre? « Sic rcspondes pontifici ? »
DES MYSTÈRES QUI SE SONT ACCOMPLIS DEPUIS LA MAISON D'ANNE JUSQU'A LA MAISON DE CAIP1IE INCLUSIVEMENT.
— S. Matth. xxvi. 57-75. S. Marc. xiv. 53-72. S. Luc.xxn. 54-71. S. Joan. xvin. 24-27.
Premier point. Jésus est garrotté et conduit depuis la maison d'Anne jusqu'à celle de Caiphe, où saint Pierre le renia deux fois : mais le Seigneur l'ayant regardé, l'apôtre « sortit, et pleura amèrement : El egressus foras Petrus, flevit amare. »
Second point. Jésus demeura lié toute la nuit.
Troisième point. Et ceux qui le tenaient captif se moquaient de lui, et le frappaient, et lui voilaient le visage, et lu; donnaient des soufflets, et lui disaient : » Christ, prophétise-nous -, qui est celui qui t'a frappé ? Prophetiza nobis, Clmste, quis est qui te percussit ? » Et ils répétaient contre lui mille autres blasphèmes.
(i) [Saint Matthieu, saint Marc et saint Luc ne séparent pas, dans leur narration, le premier renoncement des deux suivants, et supposent que tous trois ont eu lieu dans la maison de Caïphe. Samt Jean semble mettre le premier chez Anne, sentiment embrassé par quelques interprètes, et par saint Augustin, que suit ici saint Ignace. (Voyez l'Histoire de la Vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par le P. de Ligny, 3e partie, cbap. xvi3 note S.)]
DES MYSTÈRES QUI SE SONT ACCOMPLIS DEPUIS LA MAISON DE CAIPHE JUSQU'A CELLE DE PILATE INCLUSIVEMENT.
S. Matth. xxvn. 1-23. — S. Marc. xv. 1-14. — S.Luc, xxm. 1-5 S. Jean. xvm. 28-40.
Premier point. Toute la multitude des Juifs le conduit à Pilate et l'accuse devant lui, en disant : « Nous l'avons trouvé pervertissant notre nation et défendant de payer le tribut à César : Hune invenimus subvertentem gentem nostram , et prohibentem tributa dare Cœsari. »
Second point. Pilate, après l'avoir examiné une première et une seconde fois, dit r « Je ne trouve en lui aucun sujet de condamnation : Ego nullam invenio in eo causam. »
Troisième point. Barabbas, voleur insigne, lui est préféré. « Ils s'écrièrent tous ensemble : Ne délivrez point celui-ci, mais Barabbas : Clamaverunt omnes, dicentes : Non hune, sed Barabbam. »
JES MYSTÈRES QUI SE SONT ACCOMPLIS DEPUIS LA MAISON DE PILATE JUSQU'A CELLE D'HÉRODE.
— S. Luc. xxin. 6-12.
Premier point. Pilate, apprenant que Jésus est Galiléen, l'envoie à Hérode, tétrarque de Galilée.
Second point. Hérode, homme curieux, l'interroge longuement ; mais Jésus ne lui fait aucune réponse, quoique les scribes et les prêtres l'accusent constamment»
Troisième point. Hérode, avec sa cour, le méprise, et le revêt d'une robe blanche.
DES MYSTÈRES QUI SE SONT ACCOMPLIS DEPUIS LA MAISON D'HÉRODE JUSQU'A CELLE DE PILATE.
S. Matih. xxvn. 24-30. - S. Marc. xv. 15-19. — S. Luc. xsm. 12-23. — S. Joan. xix. 1-11.
Premier point. Hérode le renvoie à Pilate, et ils deviennent amis ; car auparavant ils étaient ennemis.
Second point. Pilate prend Jésus et le fait flageller ; et les soldats font une couronne d'épines, et ils la posent sur sa tête, et ils le revêtent de pourpre, et ils s'approchent de lui, en disant : « Je vous salue, Roi des Juifs ; et ils lui donnaient des soufflets : Ave, Rex Judœorum ; et dabant ei alapas. »
Troisième point. Pilate fait sortir Jésus et le montre au peuple : « Jésus sortit donc, portant une couronne d'épines et un manteau de pourpre, et Pilate leur dit : Voilà l'homme : Exivit ergo Jésus, portans coronam spineam et purpureum vestimentum. Et dicit eis Pilatus ; Ecce homo. » Et aussitôt que les pontifes le virent, ils s'écrie* rent : « Crucifiez-le ! crucifiez-le ! Grucifige, crur ci fige eum. »
MÏSTÈRES. 293
DES FAITS QUI SE SONT ACCOMPLIS DEPUIS LA MAISON DE PILATB JUSQU'AU CRUCIFIEMEMT INCLUSIVEMENT.
S. Matth. xxvn. 31-38. — S. Marc. xv. 20-28. — S. Luc. xuui. 24-38. — S. Joan. x;x. 12-22.
Premier point. Pilate, assis comme juge, livre Jésus aux Juifs pour qu'ils le crucifient. Ils l'avaient renié pour leur roi, en disant : « Nous n'avons point d'autre roi que César : Non habemus regem, nisi Cœsarem. »
Second point. Il portait sa croix sur ses épaules ; mais, comme il cédait sous le faix, Simon le Cyrénéen fut contraint de la porter après Jésus.
Troisième point. Ils le crucifièrent entre deux voleurs, plaçant au haut de la croix cette inscription : « Jésus de Nazareth, Roi des Juifs : Je sus Nazarenus, Rex Judœorum. »