DES MYSTÈRES QUI SE SONT ACCOMPLIS SUR LA CROIX
S. Matth. xxvn. 39-56. — S. Marc. xv. 29-41. — S. Luc. xxm. 39-49. — S. Joan. xix. 23-37.
Premier point. Jésus dit sept paroles sur la
(1) Des mystères qui se sont accomplis sur la Croix. — Saint Ignace change, dans cette contemplation, l'ordre des faits, afin d'offrir successivement, dans chacun des points, la considération des personnes, des paroles, des actions, qu'il recommande si souvent, et celle des maux que le Seianeur endure.
croix : il pria pour ceux qui le crucifiaient (1) ; il pardonna au bon larron ; il recommanda saint Jean à sa Mère, et sa mère à saint Jean ; il dit à haute voix : « J'ai soif : Sitio (2) ; » et les soldats lui donnèrent du fiel et du vinaigre ; il dit qu'il était abandonné ; il dit : « Tout est con-
selon le quatrième point général des contemplations de la troisième semaine. (Pag. 221.) Nous voyons donc, dans le premier point, la personne, qui est Jésus; nous entendons ses paroles, nous sommes témoins de ses souffrances. Dans le second, les choses inanimées, comme personnifiées, paraissent sensibles aux maux du Fils de Dieu, et expriment à leur manière leur douleur. Dans le troisième, ce sont les ennemis de Jésus-Christ, leurs paroles, et le plus souvent leurs blasphèmes, leurs actions et leurs outrages. Enfin, la contemplation se termine à la blessure du Cœur de Jésus, et l'âme se repose dans ce Cœur sacré ouvert pour son amour. Le Cœur de Jésus est en effet un océan d'amour et de douleur. Ces deux sentiments ont dominé dans le Cœur de l'Homme-Dieu toute sa vie mortelle, mais surtout dans les mystères de sa Passion. Et ces deux mêrr.es sentiments, nous ne pouvons en douter, furent infiniment plus vifs dans ce Cœur divin, qu'ils ne peuvent le paraître dans les œuvres extérieures par lesquelles le Sauveur essaya de les manifester aux hommes.
(1) Pour cens qui le crucifiaient. — Dans l'acte même du crucifiement, comme l'indique l'évangéliste saint Luc, qui rapporte seul celte parole : Ils le crucifièrent... Et Jésus disait « : Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'il font : Crucifixerunt eum... Jésus autem dicebat : Pater, dimitte illis, non enim sciunt quid faciunt. »
(2) J'ai soif. — D'après saint Jean, cette parole semble avoir été prononcée immédiatement avant celle-ci : Tout est consommé. L'acte d'obéissance exprimé par les mots suivants : Ayant pris le vinaigre afin que l'Ecriture fût accomplie, fut donc le dernier de la vie du Sauveur, après lequel il dit : Tout est consommé. Jésus paraît n'avoir dit qu'il était abandonné qu'après avoir comme renoncé, en faveur du disciple qu'ilaimait,àsapropre Mère, qui lui restait seule sur la terre.
sommé : Consummatum est ; » il dit : « Mon Père, je remets mon âme entre vos mains ■ Pater, in manus taas commendo spirilum mcum. »
Second point. Le soleil s'obscurcit, les pierres se fendirent, les sépulcres s'ouvrirent, le voile du temple se déchira en deux parties depuis le haut jusqu'en bas.
Troisième point. Ses ennemis blasphèment contre lui en disant : « A.h ! toi qui détruis le temple de Dieu, descends de la Croix : Vah ï qui desiruis templum Dei... descende de cruce. » Ses vêtements furent partagés ; son côté fut percé d'une lance ; et il en coula de l'eau et du sang.
DES MYSTERES QUI SE SONT ACCOMPLIS DEPUIS LA CROIX JUSQ'UAU SÉPULCRE INCLUSIVEMENT.
S, Maitn. xxvii. 57-66. — S. Marc. xv. 42-47. —S. Luc. xxiu. 50-56. — S. Joan. xix. 30-42.
Premier point. Jésus fut détaché de la croix par Joseph et Nicodème, en présence de sa Mère afligée.
Second point. Son corps fut porté au sépulcre, embaumé, et mis dans le tombeau.
Troisième point. Des gardes y furent placés.
DE LA RESURRECTION DE JESUS-CHRIST, NOTRE SEIGNEUR, ET DE SA PREMIÈRE APPARITION.
Jésus ressuscité apparut premièrement à la
Vierge Marie. Quoique l'Écriture n'en fasse pas mention, elle nous le donne assez à entendre, en disant qu'il apparut à tant d'autres. Elle suppose que nous avons l'intelligence, et que nous ne voulons pas mériter le reproche que le Sauveur 5t un jour à ses Apôtres : « Êtes-vous encore sans intelligence ? Adhuc et vos sine intellectu estis ? »