‹ Exercices spirituels de saint Ignace de LoyolaChapitre 119 sur 147 · CHAPITRE PRELIMINAIRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRELIMINAIRE

MOYEN NECESSAIRE POUR OBTENIR LÀ GRACE DE BIEN MEDITE» : LA PRIÈRE, ACCOMPAGNÉE d'un ARDENT DÉSIR, LNIE A LA DILIGENCE ET AUX EFFORTS.

L'art de méditer, il faut le reconnaître avant tout, appartient à la science des Saints, et n'en est pas la partie la moins importante. Or cette science des Saints, c'est Fonction du Saint-Esprit et le désir du cœur, bien plus que les préceptes et les leçons de l'homme, qui l'enseignent. Il est donc nécessaire d'avertir tout d'abord celui qui désire véritablement méditer avec fruit, de demander souvent cette grâce : Seigneur, enseigne z-nout à prier, enseignez-nous à méditer (1). L'onction du Saint- Esprit nous enseigne toutes choses (2). C'est cet Esprit gui prie pour nous avec des gémissements ineffables (3). Personne, nous dit l'apôtre saint Paul, ne peut dire : Seigneur Jésus, sans le secours de l'Esprit -Saint (4). Qui donc pourra consacrer une heure entière à la méditation des choses divines, avec ferveur et avec fruit, si la grâce du même Esprit ne le prévient et ne l'accompagne? Le premier moyen pour bien méditer sera donc de demander ardemment au Seigneur la grâce, la science de la méditation.

Je dis qu'il faut faire cette demande avec ferveur;

(1) Domine, doce nos orare. {Luc. n, 1.)

(2) Unctio ejus docei vos de omnibus, {1 Joan.n, 27.)

(3) Ipse Spiritus postulat pro nobis gemitibus inenarrabilibus. {Rom. vin, 26.)

(4) Nemo potest dicere : Domïnus Jésus, nisi in Spiritu sancto. {I Cor. xn, 3.)

car il s'agit d'an don précieux, d'un don qui nous est absolument nécessaire, au point que l'on peut dire avec vérité : La science de la méditation, et d'une méditation fructueuse, est d'un aussi grand prix pour un religieux de notre Compagnie que la grâce insigne de sa vocation, et que la persévérance dans sa vocation. L'indigent apprend avec empressement et avec plaisir un art qui lui offre l'espérance de s'enrichir en l'exerçant; avec quelle ardeur ne devons-nous pas demander, avec quel zèle ne nous faut-il pas mettre en pratique ce qui est pour nous un moyen infaillible d'enrichir notre pauvreté spirituelle, de remédier à toutes les misères de notre âme, bien autrement graves que tous les maux corporels? Ainsi, de notre côté, prière fervente et appli uion sérieuse. Car il ne faut pas attendre que Dieu fasse en notre faveur des miracles, et qu'il nous communique comme par infusion le don de la méditation, sans que nous fassions pour le mériter aucun effort.

Cela supposé, et sans oublier ce désir sincère d'avancer dans la vertu, sans lequel tout serait inutile, j'exposerai brièvement ce que nous pourrons faire de notre part, avec le secours de la grâce divine, pour obtenir le don de la méditation. Il est des points qu'il faut observer avant la méditation, d'autres pendant la méditation, d'autrei après la méditation. Ceux qu'il faut observer avant la méditation prennent le nom de préparation, et c'est par eux naturellement que nous devons commencer.

Page 1