‹ Exercices spirituels de saint Ignace de LoyolaChapitre 131 sur 147 · CINQUIÈME QUESTION · texte numérisé non relu

CINQUIÈME QUESTION

Que doll-Je Taire à l'av«nlr?

On se propose dans ce cinquième point d'assurer l'avenir ; et, à cette fin, l'entendement examine les bonnes résolutions que la volonté doit ensuite embrasser. Ici, comme dansles points précédents, il faut descendre aux cas particuliers, surtout à ceux qui semblent offrir plus de difficulté, ou qui reviennent plus souvent, surtout encore à ceux qui doivent ou peuvent se présenter le jour même; afin d'examiner d'avance de quelle manière nous Gevons nous conduire dans l'occasion, pour nous conformer à la vérité que nous avons connue par la méditation. 11 ne sera pas non plus inutile de se rappeler de nouveau les motifs que l'on a déjà considérés, afin que

la volonté se dispose avec plus de générosité à remporter une glorieuse victoire. Ce que nous avons dit dans les autres points jette assez de jour sur celui-ci et nous di.«^ense de donner des exemples.

SIXIÈME QUESTION Çuei mpêchement al-je à éloigner? Quel moyen à prendre t

Quel obstacle m'a donc empêché jusqu'ici de suivre cette doctrine? Quel moyen pourra m'aider à la mettre plus fidèl ment en pratique? Il est difficile de statuer ici quelque chose d'absolu. Les empêchements et les moyens varient suivant la nature des sujets que l'on médite, et plus encore selon le caractère et les dispositions de celui qui médite. Il appartient donc à chacun de considéreren quelles occasions il a coutume de tomber dans les défauts ou les péchés sur lesquels il médite; d'examiner avec soin quelle est enfin la source de ces fautes, et ce qui le porte à les commettre. Mais on se gardera de tout attribuer aux occasions. Lorsqu'il s'agit de péchés de surprise, de péchés indélibérés, il faut surtout, à la vérité, prévoir les occasions et les éviter : aussi est-ce un avis plein de sagesse, que toutes nos résolutions contre les fautes indélibérées et de surprise doivent avoir pour objet principal la fuite des occasions. Mais pour les autres péchés, dont la cause est dans nos passions, c'est moins à la fuite des occasions (j'excepte ceux qui sont contraires à la pureté : il faillies éviter parla fuite) qu'à la vigilance, et à une généreuse victoire sur nous-mêmes, que nous devons avoir recours. Celui, par exemple, qui est enclin à la colère ne doit pas croire que telle ou telle occasion, telle personne qui lui est importune, soit pour lui un obstacle à la vertu de douceur. Il serait dans l'er-

reur : la ca:ise du mal est en lui-même. Cette cause est la p;iss:on qu'i- porte dans son âme : c'est donc cette passion qu'il doit mortifier, au lieu de tuii les occasions.

Les empêchements généraux se réduisent aux trois suivants : l'orgueil, la sensualité, la dissipation de l'âme. Les moyens généraux seront donc : l'humilité, la mortification, le recueillement intérieur. On peut ajouter, comme appendice, la pensée de la présence de Dieu, l'usage des oraisons jaculatoires, le souvenir fréquent des motifs dont nous avons compris la force dans la méditation, l'attention à nous prémunir avec un soin tout spécial, lorsque la nécessité nous oblige à nous trouver dans des occasions où il nous arrive souvent de faillir, etc. Ces moyens, du reste, peuvent se rapporter à quelqu'un des trois généraux.

Je ne m'étendrai pas davantage sur les empêchements et les moyens en général. Que chacun fasse des considérations sérieuses sur soi-même, invoque les lumières du Ciel, voie ce qui est un empêchement pour lui en particulier, etqc.:el remède il peut employer. Il le connaîtra, sans doute, s'il est animé d'un véritable désir de son avancement spirituel. La grâce divine l'environnera de sa lumière ; les conseils de ses supérieurs et de ses directeurs, la droite raison même, éclairée par la foi, lui prêteront un puissant secours.

Telles sont les questions sur lesquelles doit s'exercer l'entendement. Si cette partie de la méditation se fait sérieusement, il est difficile qu'elle ne fournisse pas une matière suffisante à de solides réflexions. — Après avoir raisonné de la sorte sur une des vérités que l'on aura déduites du sujet de la méditation, on passera à la deuxième, puis à la troisième, puis à celles qui suivent, en se faisant toujours au moins quelques-unes des ques-

tions indiquées, quand on ne se les fera pas toutes. Parlons maintenant de l'exercice de la volonté.

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