CINQUIEME CONTEMPLATION
La cinquième contemplation sera l'application des cinq sens a la première et à la seconde contemplation (1).
Après l'oraison préparatoire et les trois pré-
(1) [Cet Exercice s'appelle application des sens, parce que l'âme y emploie le secours des sens intérieurs pour se pénétrer d'un mystère qu'elle a déjà médité par le moyen de ses facultés. Les yeux voient, les oreilles entendent, l'odorat aspire, le goût savoure, les mains, les lèvres touchent. Les divers sentiments de l'âme venant à se communiquer au corps, notre chair avec notre cœur tressaille d'allégresse, ou s'abîme, pénétrée de respect et de crainte, en présence du Dieu bon, mais trois fois saint : Cor meum et caro mea exultaverunt in Deum vivum. (Ps. lxxxiii, 3.) L'Exercice de l'application des sens sera, d'après le Directoire (ch. xx, n. 4), spécialement utile en deux circonstances, et produira deux grands biens. Tantôt, l'âme incapable de se livrer à des spéculations plus profondes, se disposera peu à peu, par la vue des objets sensibles, à entrer clans des considérations plus relevées ; tantôt, au contraire, déjà toute pleine et toute fervente d'une dévotion qu'elle a puisée dans la connaissance des mystères les plus sublimes, elie descendra à la contemplation de ces oDjets matériels, et y rencontrera un aliment savoureux, une douce consolation, un fruit délicieux, provenant de l'abondance de l'amour ijiv la remplit, et fait que les moindres choses, un geste,