RÈGLES DE LA TEMPÉRANCE
Première règle. C'est moins dans l'usage du pain, que dans celui des autres mets, que nous devons pratiquer la tempérance. A l'égard d'une
(t) Saint Ignace paraît avoir placé ces règles à la fin de la troisième semaine à cause de la première contemplation, dont le sujel est la Cène (voy. règle 5) ; car elles n'ont pas de rapport plus direct avec cette semaine qu'avec les autres semaines des Exercices, ou même qu'avec toute notre vie. On pourrait ajouter que, la seconde semaine se trouvant si féconde en remarques et en additions, il convenait de renvoyer les moins pressées à la troisième. Les règles présentes s'appliquent, il est vrai, directement à la nourriture; mais plusieurs d'entre elles renferment une doctrine dont on peut se servir très-utilement pour régler toutes ses actions et toutes les passions de l'âme; l'orgueil, par exemple, et la colère, aussi efficacement que la gourmandise. Saint Ignace indique deux causes qui portent l'homme au dérèglement dans le manger, et il enseigne à les observer et à les combattre. Ces deux causes sont l'appétit naturel et la tentation du démon (Voyez règles 1, 3, 8). La méthode ici tracée peut donc et doit s'observer contre tout dérèglement quelconque; et plusieurs des remèdes prescrits, surtout depuis la cinquième règle jusqu'à la fin, peuvent également s'employer contre toute affection déréglée qui a pour cause Vappétity ou le mouvement de la partie basse de l'âme vers les objets sensibles, et la tentation.