DE PRIER
dans la considération du titre de Pb'e. On fera de même sur chique parole de l'Oraison dominicale, ou de toute autre prière que l'on voudra méditer selon cette manière de prier.
Première règle . On emploiera une heure à méditer ainsi toute l'Oraison dominicale, et, après l'avoir terminée, on récitera vocalement ou mentalement, de la manière ordinaire, c'est-à-dire sans pauses, la Salutation angélique, le Symbole, la prière Anima Christi et le Salve Regina.
Deuxième règle. S'il arrive qu'une ou deux paroles fournissent, même pendant l'heure entière, une matière suffisante à la réflexion, et que l'on trouve à les méditer du goût et de la consolation spirituelle, on ne se mettra point en peine de passer outre ; mais, l'heure écoulée, on récitera de la manière ordinaire le reste de l'Oraison dominicale.
Troisième règle. Supposé que l'on se soit arrêté une heure entière sur une ou deux paroles de l'Oraison dominicale, le jour suivant (1), quand on
saints les plus adonnés à l'oraison. C'est même le plus souvent par cette voie que l'Esprit-Saint daigne spécialement éclairer et instruire les âmes. Il ne faut donc pas se contenter de les effleurer, mais s'attacher à découvrir avec le plw grand soin les différents rapports qui peuvent exister entre l'objet et le terme de la comparaison* Cette remarque sur les comparaisons et les similitudes doits'appliquer, comme les précédentes, aux diverses sortes d'oraison mentale.
(1) [Le jour suivant. — Textuellement : un autre jour, ordinairement le lendemain, d'après les paroles de l'alinéa suivant : de manière que pendant quelque temps on s'exerce toujours sur l'une de ces prières.]
voudra reprendre la même prière, on dira de la manière ordinaire la parole, ou les paroles que l'on a déjà méditées ; puis on commencera à réfléchir sur celle qui suit immédiatement, comme il a été dit dans la seconde règle.
Première remarque. Après avoir terminé en un ou en plusieurs jours l'Oraison dominicale, on méditera, selon la même méthode, la Salutation angélique, et ensuite les autres prières (1), en sorte que l'on continue pendant quelque temps cet exercice sans interruption.
Seconde remarque. À la fin de l'oraison, on s'adressera à la personne que Bon a priée, et on lui demandera en peu de paroles les vertus ou les les grâces dont on éurouve un plus Dressant besoin.
(1) [Et ensuite les autres prières. — Celles, ce semble, qui sont indiquées dans la première règle de cette seconde manière de prier. On peut cependant, d'après les paroles qui précèdent immédiatement la première de ces règles, méditer selon celte méthode les autres prières de l'Eglise : Y Ave, maris Stella, le Fange lingua, le Veni sancte ou le Veni Creator Spiritus, etc.; et celles auxquelles on aurait plus de dévotion, comme le Sub tuum, le Memorare, et autres semblables. Un directeur expérimenté conseillait de méditer de la sorte les prières du matin et du soir, le Bencdicile, les grâces, quelques endroits du Bréviaire, l'ordinaire de la messe surtout, et généralement toutes les prières que l'on récite souvent vocalement.]
La troisième manière de prier est comme en mesure (t).
L'addition sera la même que dans la première et la seconde manière de prier.
L'oraison préparatoire, comme dans la seconào manière de prier.
Celte troisième manière consiste donc à prier de cœur, et à dire de bouche, à chaque respiration ou soupir, une parole de l'Oraison dominicale ou d'une autre prière, de manière à ne prononcer qu'une seule parole entre une respiration et l'autre. Et l'espace de temps qui s'écoule d'une respiration à l'autre doit s'employer à considérer spécialement la signification de cette parole, ou l'excellence de la personne à laquelle la prière s'adresse, ou notre propre indignité, ou la différence entre tant de grandeur d'un côté, et de l'autre tant de bassesse. On prononcera de la même manière
{{) En mesure. — L'expression espagnole, compas, compas et diapason, signifie une mesure en général, et en particulier celle qui divise régulièrement les sons et en détermine la durée. Cette métaphore, empruntée à l'art musical, rattache à celte manière de prier une idée de pieuse harmonie, qui fait succéder un soupir à une pensée sainte, une respiration enflammée à un ardent désir; réalisation touchante des paroles extatiques du Roi-Prophète : Mon cœur et ma chair ont tressailli dans 'e Dieu vivant : Cor meum et caro mea exultaverunt in Deum jivum. (Ps. lxxxih, 3.)