‹ Exercices zootomiquesChapitre 14 sur 22 · II. DESCRIPTION EXTÉRIEURE · texte numérisé non relu

II. DESCRIPTION EXTÉRIEURE

L’animal est recouvert de sa coquille , comme un capuchon volumineux recouvrirait toute l’étendue d’un corps. Les ailes sont les seules parties qui ne sont point logées dans son intérieur. Quels que soient les efforts de l’animal, il ne saurait faire rentrer cellesci à cause de leur volume.

La coquille est oblongue et ressemble, comme on l’a déjà dit , à un sabot, dont le rebord postérieur aurait disparu. Elle s’élargit insensiblement vers son extrémité antérieure. La partie postérieure est tronquée. Yue de profil elle est légèrement courbée en avant. Elle est cristalline, d’une parfaite transparence, au point que dans la liqueur ou dans l’eau on ne la voit que confusément ; on dirait que c’est une masse de gélatine qui a pris dans un moule une forme déterminée. La seule ouverture est placée à sa face inférieure. La surface antérieure est garnie de granulations disposées régulièrement sur des lignes qui se continuent sur le côté. Les deux bords de l’ouverture sont armés de dents jusqu’au bout. Un épiderme très -mince, qui descend des ailes, recouvre toute la coquille. On l’aperçoit trèsdistinctement à la base de ces organes locomoteurs.

Si la coquille est transparente comme une glace, il n’en est pas de même de l’animal, comme le disent quelques auteurs. Il n’y a de transparent dans l’animal que le sac branchial et le cœur avec son

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oreillette. Lorsqu’on regarde l’animal encore attaché à sa coquille, on voit que le sac branchial remplit une grande partie de l’excavation , dans la portion antérieure de la coquille.

La bouche est située vers l’extrémité antérieure , à l’endroit où les ailes se réunissent. Elle est grande et entourée d’une forte lèvre qui forme en même temps un rebord aux ailes de chaque coté. Sa couleur est d’un brun noirâtre et contraste avec les organes environnans. Nous ne l’a*vons bien vue représentée dans aucune des figures que nous connaissons , pas même dans celle , qui paraît du reste fort exacte , de la nouvelle édition du Règne animal.

Quelques-uns paraissent même avoir méconnu la véritable situation de la bouche. Péron a pris pour elle l’ouverture de la verge, et cet organe excitateur pour une trompe. Il ne peut y avoir de doute à cet égard puisqu’il a figuré cet organe dans son Mémoire sur les Ptéropodes , et qu’il est situé au-dessus des tentacules. Du reste, cette situation singulière de la verge pouvait facilement induire en erreur, surtout à l’époque où il écrivait, et où l’on commençait seulement à débrouiller l’organisation d’un grand nombre de Mollusques.

En dessous de l’ouverture de la verge et en dessus de la bouche, on aperçoit deux petits tentacules que Péron a très -bien reconnus et qu’il considère comme des tentacules oculaires. Nous n’osons point nier l’existence d’yeux dans ces animaux , quoique nous n’en ayons point trouvé , ni aux tentacules ni ailleurs. Il faut croire que les yeux sont souvent distincts dans les animaux frais, et qu’ils se décolorent et disparaissent à la vue par l’effet de la liqueur.

Dans sa manière de considérer la bouche par rapport à la situation des tentacules , Péron doit avoir eu une fausse idée de l’animal, et il faut qu’il ait pris le dos pour le ventre.

L’animal adhère à sa coquille par deux rubans musculaires, qui partent du bord postérieur des ailes. Ces bandes musculaires sont les mêmes que celles qui attachent les Hyales à leur coquille , avec cette différence cependant, que dans ces derniers animaux le muscle longi-

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tudinai se trouve sur le dos , tandis qu’ici il se trouve sous le ventre et nait.du bord inférieur des ailes.

Les ailes se présentent sous la forme d’un large disque éehancré à sa partie antérieure. Les deux surfaces sont couvertes d’un épiderme mince et transparent qui s’étend même sur toute la coquille. Ces ailes n’offrent rien de branchial comme plusieurs auteurs Pont cru , pas plus que les autres Ptéropodes. Ces ailes sont fortes, assez épaisses et montrent à l’œil nu la direction des fibres musculaires.

Le corps même de l’animal , qui est entièrement logé dans la coquille , est envelopé d’un manteau surtout très-mince sur le dos , où il forme la paroi extérieure du sac branchial. Derrière cette partie transparente, la peau devient granuleuse, opaque et s’étend loin en arrière en suivant la coquille et en abandonnant le corps.

Ainsi l’animal , vu de face , présente ses deux nageoires sous forme de disque, qui masque tout le corps et une partie de la coquille. La bouche est placée à l’endroit où les ailes s’unissent l’une à l’autre antérieurement, puisque leur bordure forme en partie la lèvre inférieure. Au-dessus de la bouche, en écartant les nageoires, on découvre les deux courts tentacules , et puis plus haut encore l’ouverture de la verge au milieu. C’est là tout ce qu’on peut observer de l’animal contenu encore dans sa coquille et vu de face.

Quelques auteurs ont parlé d’un troisième lobe ou aile. Nous croyons qu’ils ont pris pour tel , les deux rubans musculaires couverts de peau qui s’étend jusqu’à l’extrémité postérieure.

On découvre l’ouverture de l’appareil générateur femelle , non plus à côté de l’ouverture de la verge , comme dans la plupart des Ptéropodes, mais sur le côté droit à la hauteur du cœur et des branchies. Il suffit d’écarter les ailes , de soulever un peu la branchie de droite , et on aperçoit l’ouverture en dessous (yoj.pl. 1 , fig. II, g.)

L’anus s’ouvre dans le sac branchial , mais comme l’animal est un peu plié dans la coquille , au lieu d’être dirigé en avant , il l’est en arrière , et occupe à peu près le milieu de la face inférieure de l’abdomen.

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Le sac branchial est ouvert en arrière pour recevoir Peau de respiration, quoique la disposition organique du manteau ne diffère que peu de celui des Hyales. C’est le résultat de la position de l’animal dans sa coquille. Nous ne pouvons mieux faire comprendre ces rapports de l’animal avec sa coquille, qu’en nous représentant une seiche ou tout autre Céphalopode, qui aurait une coquille légèrement courbée , placée sur l’extrémité postérieure du corps , en recouvrant cependant aussi par la portion repliée le dos de l’animal. C’est à peu près ce que nous voyons dans les Argonautes. Si maintenant les pieds inférieurs étaient réunis pour former un disque qui se placerait du côté du ventre, le bord libre et inférieur du manteau serait refoulé en arrière, et l’eau n’entrerait plus dans le sac branchial de devant en arrière , mais d’arrière en avant. C’est tout à fait ce qui est arrivé aux Cymbulies. Mais le sac branchial s’étend sur tout le dos, au lieu de se borner au ventre comme dans les Céphalopodes, et l’eau entoure de même que dans les Hyales, les viscères de tout côté.

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