‹ Exercices zootomiquesChapitre 18 sur 22 · III. DESCRIPTION ANATOMIQUE · texte numérisé non relu

III. DESCRIPTION ANATOMIQUE

Organes de la vie de 7'elation. — Le cerveau est très -développé pour le volume de l’animal , du moins si nous considérons comme cerveau tout l’anneau œsophagien.

Cet anneau présente toute sa masse à la partie inférieure de l’œsophage. En dessus et en partie sur le côté, il est réduit à une simple commissure en forme de ruban.

La masse inférieure, vue de face, a une forme arrondie, déprimée. On distingue dans son milieu une ligne transverse qui est la ligne

GENRE TIEDEMANNIA.

de démarcation de la moitié postérieure avec la moitié antérieure. On aperçoit aussi les traces de la réunion des ganglions dans leur milieu, ce qui fait que cette plaque nerveuse offre l’aspect de quatre ganglions réunis entre eux.

Avec un peu de soin on peut séparer l’anneau nerveux en trois parties, ou pour mieux dire, en trois paires de ganglions. La première paire est située sur le côté de l’œsophage, à l’extrémité de la commissure sus-œsophagienne. C’est cette paire qui est placée au-dessus de l œsophage dans le plus grand nombre de Gastéropodes. Elle ne fournit qu’un seul nerf qui longe l’œsophage en avant.

La seconde et la troisième constituent la plaque nerveuse dont nous avons déjà parlé, et qui forme la masse principale du centre nerveux. {PI. 2, Jig. YÏÏI et IX.)

La moitié antérieure se sépare facilement de la postérieure, et envoie de ses bords de chaque côté deux nerfs assez forts qui plongent directement dans les ailes, et qui, en se subdivisant en éventail , se perdent vers la circonférence. On peut les suivre jusqu’à leur extrémité. La moitié postérieure fournit aussi encore deux nerfs de chaque côté qui ont la même direction que les précédens, et comme ils naissent d’autres ganglions, il est probable qu’ils diffèrent dans leur fonction. Nous sommes très-porté à regarder les premiers ou les antérieurs pour les nerfs du mouvement , et les seconds pour ceux du sentiment. Nous aurons dans d’autres circonstances l’occasion de développer notre manière de voir à cet égard.

Ce que nous ne pouvons négliger de signaler encore , c’est une petite vésicule saillante, et qui fait l’effet d’un cercle noir, sur la face inférieure des deux premiers ganglions inférieurs. Cette vésicule doit avoir son importance, car nous l’avons rencontrée encore dans différens autres genres.

Si on examine ces parties à l’aide d’un fort grossissement , on trouve de la substance granuleuse seulement dans les ganglions. Les nerfs ainsi que la partie supérieure de l anneau en sont complètement dépourvus.

GENRE TIEDEMANNIA.

Le genre Tiedemannia nous a montré, comme les autres genres voisins, les nerfs sympathiques. {Pl. 2, fg. YIÏÏ, c , et fg. X.)

On découvre entre la plaque inférieure de Panneau nerveux et l’œsophage , en écartant avec prudence ces deux organes , on découvre, dis-je, une paire de ganglions fortement unis entre eux, et qui sont liés au cerveau par deux courtes commissures. Ce sont les ganglions qui se logent ordinairement dans les autres Mollusques céphalés, en dessous de la cavité buccale : on les voit isolés pl. II, fig. 10. Ces ganglions renferment comme les précédens de la substance granuleuse. Nous n’en avons vu partir que deux nerfs qui nous ont paru se diriger vers l’estomac. Ils représentent , avec les nerfs qui en partent, le grand sympathique que nous trouvons dans tous ces Mollusques céphalés.

En parlant des organes des sens dans les Cymbuîies, nous avons dit qu’il se trouve au milieu du ganglion inférieur de l’anneau nerveux, une vésicule noirâtre que nous regardons comme l’oreille à l’état rudimentaire. Le Tiedemannia nous présente un organe semblable dans les mêmes dispositions.

A une courte distance au-devant de la verge et du même côté, se trouvent deux appendices qui, sans aucun doute, sont les tentacules de ces animaux. Ils se rapprochent à leur base l’un de l’autre et sont légèrement renflés à leur extrémité. Il m’a semblé aussi qu’ils pouvaient se dédoubler comme ceux des Gastéropodes. {Pl. 2, fig. Y, d. )

Les ailes occupent une grande étendue et se réunissent sur toute leur longueur, ce qui leur donne la forme d’un disque. Le corps luimême semble , par ses proportions , n’en être qu’une dépendance. L insertion au corps a lieu comme dans les Cymbuîies , et la diffé rence provient de l’extrême allongement du cou.

Ces ailes sont composées aussi de différentes couches dont les deux du milieu sont musculaires et les externes formées par la peau. (Pl 2 ,fig. VII.)

La direction des fibres se découvre à un faible grossissement. Elles s’entrecoupent à angle droit : les verticales , ou celles placées dans

GENRE TIEDEMANNIA.

l’axe du corps, sont disposées par faisceaux, et ressemblent à des colonnes, par l’intervalle que ceux-ci laissent entre eux. Les autres forment une couche contiguë.

Les ailes reçoivent plusieurs gros filets nerveux , qui , du bord postérieur, lieu d’insertion au corps, vont en se divisant vers la circonférence.

Organes de la vie de conservation. — L’animal, étendu sur le ventre, les ailes déployées, montre un long appendice qui occupe presque toute la longueur des ailes, et qui n’est adhèrent que par sa base. C’est la tête et le cou du Mollusque. [PI. 2, fig. b, c .)

La bouche s’ouvre presque à l’extrémité. Elle est dirigée en dessous de manière qu’il faut le renverser pour l’apercevoir. Des deux côtés de la bouche se trouvent des bourrelets en guise de lèvres, différemment repliés, et qui élargissent cette extrémité.

Nous n’avons trouvé aucune partie cornée dans son intérieur pas plus qu’une saillie et une cavité linguale. La mastication ne peut s’opérer dans cette cavité.

La bouche est suivie de l’œsophage, qui occupe la moitié de la longueur du corps. J’ai remarqué dans sa composition des rubans musculaires longitudinaux et transversaux.

L’anneau nerveux entoure ici l’œsophage seulement au moment où il va se renfler en jabot. Dans aucun genre nous ne l’avons vu placé si loin en arrière.

Le jabot est formé par le renflement insensible de l’œsophage. On remarque des plis longitudinaux dans son intérieur.

Le gésier a des parois épaisses qui doivent agir puissamment sur la matière ingérée. On découvre deux couches dans ses parois, dont l’extérieure est musculaire et très-forte, qui en constituent la charpente. La couche interne est garnie de plis et de plaques cartilagineuses de forme semblable à celles des Cymbulies (pl. 2, fig. II); l’estomac est pourvu d’un cul-de-sac à côté duquel commence l’intestin.

Celui-ci plonge immédiatement dans le foie et conserve aussi la

GENRE TIEDEMANNIA.

même épaisseur dans toute l’étendue que j’ai pu suivre. Nous croyons que l’anus s’ouvre au milieu du ventre.

Il ne se trouve pas de glande salivaire. Le foie par contre est volumineux, et forme une grande partie de l’abdomen.

Il présente le même aspect granuleux et de couleur brun-verdâtre comme dans les autres Mollusques. Je n’ai pas vu de canal excréteur.

Quoique l’appareil générateur ne soit pas complet , dans l’individu que j’ai à ma disposition, du moins j’ai pu m’assurer des dispositions principales de ces organes.

La verge est située sur la nuque , derrière les tentacules , mais à une plus forte distance que dans les Cymbulies. Elle est complète et ne présente aucune communication avec le reste de l’appareil. [PL 2, fig. II, e.)

L’ovaire est particulièrement répandu sur la partie inférieure du corps de l’animal en dehors du foie. Il se distingue encore de celui-ci par sa couleur, et par des sillons longitudinaux qui paraissent l’indice de tube. Nous voyons ici encore une disposition toute semblable à celle des Cymbulies, et quoique nous n ayons point trouvé ni l’oviducte ni le testicule (ces parties étaient enlevées) , nous n’avons aucun doute que ces organes ne soient disposés comme dans ces derniers animaux.

Si nous consultons maintenant les affinités zoologiques du genre Tiedemannia , comme on a pu le voir par la description intérieure et extérieure , c’est avec les Cymbulies qu’il en présente le plus , et c’est près de ce genre qu’il doit être placé.

En effet , les ailes sont réunies en disque dans l’un et l’autre genre ; ils portent également deux tentacules derrière lesquels se trouve l’ouverture de l’organe excitateur; l’estomac avec ses plaques ainsi que le collier œsophagien se ressemblent parfaitement : la différence principale consiste dans l’extrême allongement de la bouche et dans l’absence d’une coquille.

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MÉMOIRE SUR L’ANATOMIE

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