‹ Exercices zootomiquesChapitre 5 sur 22 · NERFS DE LA VIE DE CONSERVATION · texte numérisé non relu

NERFS DE LA VIE DE CONSERVATION

Nous venons de passer en revue les nerfs de la vie de relation. Comme nous l’avons déjà dit, il existe dans ces animaux des nerfs de la vie de conservation très- distincts et nettement séparés des autres. Des différens noms qu’on a proposés pour ces nerfs dans les animaux sans vertèbres , il me semble que celui de sympathique est encore préférable aux autres , parce qu’il indique à la fois l’analogie et le rôle physiologique.

Les nerfs viscéraux des Argonautes , et peut-être des Céphalopodes, sont divisés en deux groupes, dont l’un préside au jeu du canal intestinal et l’autre à celui de la respiration, de la circulation et peut-être de la reproduction.

Ce dernier est le seul qui ait été connu et décrit par Cuvier, sous le nom de nerf viscéral.

Nous commencerons la description par ceux du canal intestinal.

Cette branche se compose de deux gros ganglions , dont l’un est situé sous la cavité buccale et l’autre sur le gésier. Ils donnent chacun difFérens filets nerveux et sont unis ensemble par un cordon nerveux en partie double. Si chacune de ces parties doit recevoir un nom, on ne saurait en trouver un meilleur pour ceux-ci, que celui de stomato-gastrique , qui leur a déjà été imposé, et le premier ganglion serait le sous-buccal, le second, le gastrique (voy. pl. 3, fig. I, II et III).

1 Voyez Kritischi Darstellung , pag. 64, du Repertorium fiir Anatomie und Physiologie de Valentin, 1886.

SUR L’ARGONAUTE

Le ganglion sous-buccal {pl. 2, fig. IY, c, et pl. 3, fig. III, i ) est situé en partie sur les parois de la cavité buccale et du commencement de l’oesophage. Il adhère à cette cavité et en suit tous les mouvemens : sa forme est carrée. Il est uni au cerveau par deux commissures {fig. III, k) qui , avec le ganglion, forment un anneau au-devant de la première commissure cérébrale. Ces commissures se rendent un peu en dedans et près du bord antérieur des deux premiers ganglions cérébraux {pi. 2, fig. I, f, et pl. 3, o).

Il part de ces ganglions des fdets minces, surtout des angles antérieurs et des côtés , filets qui se perdent directement dans les parois de la cavité buccale. Ne serait-on pas tenté de considérer ces nerfs-ci comme présidant au mouvement, tandis que ceux qui se rendent directement du cerveau dans les mêmes parois en dessus, seraient des nerfs d’un sens spécial?

Du milieu du bord postérieur, part un gros filet nerveux qui longe Fœsopliage sur lequel il est couché, passe avec lui à travers le cerveau et la boîte crânienne , pour se rendre au ganglion gastrique , auquel il sert comme de commissure longitudinale. Non loin de sa naissance, ce nerf se bifurque; les deux branches s’écartent sur le jabot; elles donnent des filets très-minces à cet organe et se réunissent de nouveau en une seule branche avant de s’unir au ganglion de l’estomac. ( Voyez pl. 4 et pl. 3, fig. III , m .)

Le ganglion gastrique {pl. 3, fig. I et II, /, et III, n ,) est situé sur le gésier, un peu au-dessus du cæcum. Il est pyriforme et envoie de nombreux filets nerveux aux organes voisins.

Il envoie d’abord trois ou quatre filets qui longent le conduit biliaire dans les deux sens. C’est surtout cette disposition qui lui donne une grande ressemblance avec la masse ganglionnaire des animaux supérieurs que l’on désigne sous le nom de plexus solaire. Les filets marchent parallèlement les uns aux autres, mais quelques-uns s’unissent aussi et semblent s’anastomoser entre eux {fig. I, l).

En dehors de ces nerfs du conduit biliaire , naît sur le même bord du ganglion un autre nerf qui se rend droit au cæcum spiral. 11 se

MÉMOIRE

divise en deux branches qui se perdent sur cet organe, et envoie de plus une branche anastomatique aux nerfs précédens. Plus en dehors encore, naît une branche un peu plus faible qui se couche sur l’intestin et se perd dans ses parois.

Si on soulève légèrement le ganglion , ou qu’on regarde le gésier sur le côté , on voit partir de sa partie moyenne une forte branche qui est destinée au gésier. On voit distinctement deux rameaux qu’elle donne sur son trajet et on peut la poursuivre assez loin.

Du côté opposé à ce bord , et par la partie rétrécie du ganglion , naissent encore plusieurs filets qui se dirigent directement en avant , pour se perdre la plupart dans les parois du volumineux jabot.

Il se trouve en dernier lieu une forte branche qui naît à côté de celle qui établit la communication du ganglion sous-buccal , et qui m’a paru longer une artère.

Il nous reste à décrire les nerfs des branchies et des organes circulatoires. Cette exposition montrera une analogie pas moins frappante entre la disposition du système nerveux des Céphalopodes et celle des animaux supérieurs : je veux dire que si nous avons eu des raisons suffisantes pour comparer les nerfs stomato-gastriques au grand sympathique des vertébrés, nous serons pour ainsi dire forcés d’admettre une pareille analogie entre les nerfs dont nous allons parler et le nerf vague ( pneumato-gastrique) des animaux supérieurs.

Le nerf branchial naît directement de la partie supérieure et postérieure du cerveau. Il perce la boîte crânienne près de la ligne médiane, longe le pilier de l’entonnoir, et se porte insensiblement en dehors pour passer en dessous de l’ouverture de l’oviducte {pl. 1 , fig. VII, l). Il paraît donner de minces filets à l’extrémité de cet organe.

A une petite distance de l’oviducte, il se renfle en un ganglion longitudinal {pl. 3, fig. V, k) qui donne quelques filets nerveux, dont le principal se rend en dedans pour se perdre sur les parois supérieures du cœur proprement dit. (Voy. pl. 3, fig. V, k.) Il continue ensuite dans le même sens, se courbe légèrement, et sur l’artère

SUR L’ARGONAUTE

pulmonaire , il se renfle de nouveau en un ganglion sphérique plus fort que le précédent ( pl . 3, fig. Y, l). Ce ganglion donne différens filets, dont les deux plus forts se portent, l’un sur le sinus veineux (cœur pulmonaire), et l’autre remonte la veine. En dessous de ce ganglion , passe l’artère nourricière de la branchie , qui est contiguë au dernier filet, avec lequel on pourrait la confondre.

Le nerf semble ensuite continuer par la branche la plus forte qui sort du ganglion et qui longe, avec l’artère nourricière, l’artère pulmonaire.

Ici nous voyons de nouveau une disposition remarquable que Cuvier n’a pas figurée dans ses planches , mais qu’il semble cepen dant avoir connue. Ce nerf s’étend sur toute la longueur de la branchie et se renfle en une série de ganglions qui forment une chaîne semblable à celle qui se voit dans les pieds. Chaque renflement paraît correspondre à une lame branchiale. C’est surtout ici encore qu’on aperçoit une tendance très-prononcée vers la disposition ganglionnaire ( pl . I, fig. VIII).

DE l’appareil GÉNÉRATEUR FEMELLE.

Je ne fais mention de cet appareil que dans l’intention de faire connaître le grand développement de l’ovaire, à l’époque du frai, et la manière dont les œufs remplissent l’oviducte sur toute son étendue.

La nature du sexe de ces animaux trouvés dans la coquille se rattache à la question du parasitisme. Les 10 ou 12 individus du musée britannique, examinés par M. Gray, paraissent avoir appartenu au sexe femelle U II en est de même des trois individus que je

1 De Blainville , Lettre sur le poulpe argonaute , pag. 26 en note.

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