‹ Exil et patrieChapitre 35 sur 78 · Livre, sans nul regret, aux vagues de sa rive Vos couronnes de fleurs · texte numérisé non relu

Livre, sans nul regret, aux vagues de sa rive Vos couronnes de fleurs

Sans regret, je vous vois d’un œil mélancolique Folâtres dans le bal ;

Tant de fois je cachai sous ce masque magique Un désespoir fatal!

IHi: SOIRÿ.E DE BAI..

Tant de fois je froissai d’une main de colère Ces robes de satin;

Tant de fois Je jetai sur la gaze légère Froid regard de dédain. . .

Et toujours plus ardent de vie et de jeunesse, A moi-même menteur,

Tant de fois, vainement, je demandai l’ivresse, A défaut de bonheur!

Pauvre jeunesse empoisonnée.

L’ivresse fuyait sous tes pas :

C’était feuille d’avril fanée.

C’était fruit qui ne mûrit pas.

C’était immense inquiétude,

C’était amour de .solitude.

C’était dégoût sitôt après.

(c’était inénarrable chose...

Un enfant impie, une rose

Qui croît aux rameaux d’un cyprès.

O mon Dieu ! si leur espérance

t'NE SOIRÉE DE B«l..

Leur verse une ouibre de bonheur, IVai-je pas ma reconnaissance Pour dilater aussi mon cœur ?

S’ils ont une nuit leur délire,

IVai-je donc pas aussi ma lyre,

Ses purs, ses immortels accords?

S’ils ont pâle reflet qui tombe,

IN’ai-je pas, planant sur la tombe.

Mon ame vierge de remords ?

Et tous ces parfums de prière.

Et ces élans mélodieux...

Et ces regards pleins de mystère Voilés de pleurs délicieux;

Et ce qu’on ose dire à peine ;

Cette fraîche et céleste haleine Qui passe sur le front pensif;

Cette voix qu’on entend dans l’ame...

Qui vous berce ainsi qu’une lame Berce sur son lac un esquif.

O douce pensée

l'NF. SOIB^.B UE BAI..

Coule avec amour!

Suave, apaisée Comme un flot de jour.

Laisse l’innocence Parler sans effort :

Laisse l’espérance Te pousser au port.

J’ai vu sur ta rive De riantes fleurs Que ta main craintive Doit cueillir ailleurs.

C’est celle qui penche, En riche trésor,

Sa corolle blanche Etincelant d’or.

C’est celle qui pleure Au lever du jour Quand le vent l’effleure D’une aile d’amour.

O douce pensée !

iN’es-tu pas, dis-moi.

Dans ma voix bercée.

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