V9IE SOIRÉE DE BAI
C’est le dernier parfum de tant d’ames blasées , Et leurs ennuis parfois.
Et Moi je m’en allais encore Gaîment à leur table m’asseoir!
J’allais, sur ma lyre sonore,
Chanter leur refrain Jusqu’au soir!
J ’allais, pèlerin sur la terre ,
Jetant là bourdon, panetière,
Demander ma part du soleil...
Et tout enivré de mensonges ,
Me bercer dans les plus doux songes Sans m’importuner du réveil!
J’allais, car j’avais dans mon aine Soif d’amour, dévorante ardeur.
Chercher dans la foule une femme Pour la fatiguer de mon cœur...
J’allais, sans but, sans espérance,
Ballotté d’un désir immense ,
Comme une algue au roulis des flots.
Lui jeter, comme un glas suprême ,
l'ME SOIREE l>E BAI..
Ce mol. mystérieux je t’aime!
Et rire en voyant ses sanglots.
Oh! vous m’avez sauvé, Seigneur; un jet de flamme A sillonné mon front.
J’ai rougi de douleur et de honte... Et mon ame A lavé son affront.
Et mon esquif, errant aux lueurs de l’étoile.
Jeta l’ancre au rocher...
Et j’entonne avec joie, étendu sur ma voile.
Ma chanson de nocher.
Oui, je chante, et ma voix souvent sombre et plaintive. Toujours vouée aux pleurs,