REPOS DU COEUR
Je l’ai touchée enfin celte lointaine plage ,
Ces lieux toujours rêvés et toujoui's méconnus , Cette halte du coeur, où le cœur se partage Pour goûter à la fois mille plaisirs de plus I
IIEIH>.S Mt CIKUR.
Qu’importe à quels écueils échappa mon étoile? Quand la rame agitée a rencontré le bord ,
Le nocher satisfait, étendu sur sa voile,
Chante l’hymne du soir et doucement s’endort.
Que l’Océan au loin évoquant la tempête
Roule ses grandes voix comme de sourds sanglots !
Que, tel qu’un noir dragon qui redresse sa crête.
Il vomisse l’écume et la mort dans ses flots !
Je dors.... et le zéphyr a de sa moite haleine. Comme une douce main qui berce un jeune enfant , Effleuré, fugitif, la riante carène Qui plie et se relève au rameau caressant.
(Voulez, heures de paix ! épanche-toi , ma vie !
Sans ti'ouble, sans remords, cueille encore une fleur! Savoure ce parfum dont toute ame est remplie ;
C’est ta force ici-bas , c’est un don du Seigneur !
O mon (ils, ILs si pur qui balance ta tige Comme ce h'ais rosier dans le creux du i-ocher !
REI'US Di: C(KtB.
Dont l’encens, chaque soir, laisse au cœur un vestige, Comme un sillage d’or à l’esquif du nocher !
O mon fils , c’était toi que je rêvais peut-être , Quand, las de remuer de la fange ici-bas.
Je in’en allais la nuit, seul, au pied du vieux hêtre Interroger un ange attentif à mes pas...
C’était loi qui, dans l’ombre, au fond de la vallée, Comme une étoile blanche endormie au gazon , Jonchais de rêves purs ma solitaire allée ,
Sous les molles clartés d’un nouvel horizon !
Oh! maintenant tu vis, je te vois, je te presse Sur mon sein... tendre plante encor loin de fleurir! Ah! reste, reste là... mais je crains ma caresse! Car ma main tant de fois à touché pour flétrir !
Mais mon front n’avait plus sa brillante auréole ; Mon œil était éteint comme un fanal au soir.
Et nulle voix d’en haut n’avait d’une parole Dans mon aine de bronze animé l’encensoir.
RBPOS Dll coetit.
Ët je n’essuyais plus de pleurs à ma paupière !
Et je heurtais du pied la pierre des tombeaux :
Et je souriais froid au seul nom de prière ;
Et mon espoir s’usait, terne sur des lambeaux !
Aujourd’hui, grâce à vous, Seigneur, je crois, j’adore, J’aime, j’aime d’amour pur, immortel, divin;
Je sème l’espérance... et mon cœur fait éclore Un ruisseau dans le sable , et de l’ombre au chemin.
DigitizidT