‹ Exil et patrieChapitre 55 sur 78 · TOUJOURS DES PLEURS · texte numérisé non relu

TOUJOURS DES PLEURS

Toujours des pleurs à ma paupière Quand la verve bout dans mon sein ; Toujours tourbillon de poussière Qui couvre mon liront incertain;.

'l'oujours nuit, vision étrange :

Cris de démon, cantiques d’ange, Fantôme errant sur un tombeau; Toujours pensers d’amour dans l’ame.

Et toujours l’éternelle flamme Qui les brûle comme un roseau !

N’est-il donc plus rien dans le monde Tout est-il flétri sous mes pas?

Je porte en mon ame profonde Un tourment qu’on ne comprend pas.

Si la route est enfin trop rude.

Je puis briser ma solitude :

Rien ne m’enchaîne à mon rocher.

Voilà ma barque à mon rivage;

Je puis, d’un seul bond, sur la plage.

Lancer ma voile de nocher.

Je puis, sur l’Océan immense.

Comme un alcion sur les mers.

Libre, chanter mon espérance A Dieu, l’ame de mes concerts.

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