C.e u’est point une fleur qu’on effeuille en passant
(^e n’est pas ce parfum qu’un souffle flétrissant Emporte au loin dans la tounuente.
4 lins jeUKE FII.I.E. I'.I9
Oh ! conserve toujours candeur et douce paix;
Que ton cœur de la foi ne s’éloigne jantais,
Comme une colombe égarée ;
Sois craintive aux soupirs qui n’appellent pas Dieu...
Quand il te faut des pleurs, laisse dans le saint lieu Se plaindre ton ame éplorée.
Que l’aile de ta mère abrite tes désirs !
Et quand en souriant l’essaim d’or des plaisirs Sur ton jeune front se balance,
Ne va pas follement, abeille du matin,
Rêvant d’autres trésors que la rose et le thym.
Leur confier ton espérance.
Ton espérance! elle est limpide et douce à voir;
C’est une onde sans flot, au cristallin miroir.
Qui reflète rive fleurie ;
C’est le tiède Zéphir qui dort sur une fleur !
C’est un écho muet qui sème dans le cœur Une ineffable rêverie.
Ton espérance! oh ! c’est mystère et pureté,
(Vest le parfum d’encens, quand la foule a quitté
A ir(IB JEUNE FII.I.E.
La nef muette et solitaire...
C’est le rayon qui glisse au bois silencieux.
C’est sur la harpe d’or un son mélodieux Qu’un ange ravit à la terre.
Et moi j’espère aussi; mais, moins jeune que toi. J’ai dévoré déjà bien des pleurs, et la foi Nourrit ma sainte poésie :
Je n’ai plus, comme toi, de songes veloutés.
Et mes désirs lointains, par le teins emportés. Mêlent du fiel à l’ambroisie.
Et je marche ici-bas solitaire et rêveur.
Et si mon front, hélas! détrompé du bonheur. Trouve un gazon... il s’y repose.
Et quand passe ton souffle à cette heure du jour. Je crois sentir encor comme un reflet d’arnour,
O jeune fille au teint de rose !
O POÉSIE
A MON AMI liAUBENT DE JUSSIEU.
Pour t’éveiller, ô Poésie !
J’ai donc la foi;
Et ce beau fleuve d’ambroisie Est donc à loi.
O POÉSIE
Et ces cris aux ailes de flamme, Et ces transports,
El tous ces soupirs de mon ame Sont tes accords.
Et le mystère et le silence Âu fond des bois.
Et la prière et respérancc Ce sont tes voix .
O Poésie! oh! passe encore Sur mes douleurs.
Passe comme un rayon d’aurore Chargé de pleurs.
Verse de les mains diaphanes Tous tes parfums.
Enveloppe de tes lianes Mes cheveux bruns.
Incline sur ton sein d’ivoire Mon front rêveur.
O POésiE !
El berce-le dans la mémoire De son bonheur.
Epanche en mon cœur qui repose Rêves d’amour,
El qu’à son doux réveil, il ose Sourire au jour.
O Poésie ! ô flot limpide,
Larme du ciel !
Oh! dans ma coupe amère, aride.
Goutte de miel !
Source fraîche de rêverie,
O pur ruisseau !
O doux parfum de la patrie ,
Fleur du tombeau !
Oh ! je t’aime, ô ma sœur! je t’aime !
Pâle et pensif;
El mon rej;ard est de lui-même Plus attentif.
?0-i O POÉSIE !
Et je t’invoque à mon rivage Quand vient le soir,
Et croyant' auprès ton image .l’y vais m’asseoir.
Et je te dis mes longs cantiques Et mes soupms,
Et mes accords mélancoliques Et mes désirs !
El la vague qui, blanche et douce.
Roule à mes pas,
A l’écho caché sous la mousse Parle tout bas.
Et le hêtre qui se balance Sur le rocher.
Et l’astre pâli qui s’avance A son coucher:
Et les derniers bruits de la grève Et des hameaux.
O POÉSIE
Et le vent du soir qui se lève Dans les roseaux :
Et l’ombre flottante et bleuâtre Sur le gazon,
Et les palais croulans d’albâtre A l’horizon:
Et de la cloche, en la vallée.
Le son lustral.
Et sous le dôme de l’allée L’air vespéral ;
Tout s’enveloppe de mystère,
De foi, d’amour.
Et les ailes de la prière Ferment le jour.
Et le cœur voilé se parfume Du nom de Dieu,
Et comme un grain d’encens, s’allume Dans le saint lieu.
O poAsib!
On entend de loin, dans le monde, Des bruits confus.
Flots où l’on a plongé la sonde.
Qu’on ne craint plus.
Et tout, ô Poésie, appelle Larmes d’espoir.
Et chaque parfum renouvelle Son encensoir.
Et comme un ramier solitaire.
Au rameau mort,
L’ame s’envole de la terre Sans nul effort.