XE ME DEMANDEZ PM'S
Vous laissent tremblante, inquiète, Sans que, sur ma lèvre muette.
Un seul mot trahisse mon cœur.
Sans que vous puissiez, consolée.
Prêter à mon ame isolée Un reflet de votre bonheur?
Ne me demandez plus ces longues promenades Que nous faisions le soir, au doux bruit des cascades Qui blanchissent sur nos rochers ;
Et le hêtre propice aux fraîches jaseries.
Et ces aveux suivis de longues rêveries,
Et le chant lointain des nochers!
Je ne veux plus de souvenance Qui retarde une heure mes pas ;
Je suis las de toute espérance Qui distrait mon ame icirbas.
Le bonheur! le bonheur!... c’est rêve, (7est un doux sommeil qui s’achève.
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Ce sont des pleurs pour le matin...
I^ourquoi m’inviter d’un sourire ?
La mort... la voilà qui m’inspire, Laissons-lui libre le chemin.
Viens, mon fantôme solitaire.
Monarque à qui tout est soumis; Vicns-t-en jeter un peu de terre Sur ces désirs mal endormis ; Viens, de ta main sourde et glacée.
Toucher mon front, où la pensée Jette encor d’ardentes lueurs ; Comme un flot sillonné d’orage. Marque ton sceau sur mon visage Pâli de ses froides sueurs!
N’as-tu pas, aux jours de tempête, Quand mon coeur nageait vers la foi.
Prélevé déjà sur ma tête Le tribut de ta sombre loi?
N’ai-je pas, dans le cimetière,
UE ME DEHfi^DEZ PI.US. . .
Pesant dans ma main ta poussière, Fleurie plus d’un crâne souvent ;
Et tout seul, assis sur le marbre, Senti soudain comme un grand arbre Abriter mon front du néant?
N’ai-je pas, à vingt ans à peine.
M’arrachant d’un monde pervers, (^omrne emporté par ton haleine, Consacré ta gloire en mes vers?
N’ai-je pas, dans ma solitude,
De ta beauté fait une étude.
Tout palpitant de ton espoir ?
Ne t’ai-je pas, dans ma tendresse, Dit ce qu’on dit k la maîtresse Près de laquelle on vient s’asseoir?
Eh! bien, tu me parais encore Belle, et d’un port majestueux ;
Ta faux livide te décore ;
Ton linceul blanc plaît à mes yeux!
NE ME DEM.iNDEZ PUIS.
Ton aile, qui bat froide et lente, Rafraîchit mon ame brûlante,
Qui flotte en un éther nouveau :
O mort! merci detla lumière.
Car je sens toujours ma prière Monter mieux de sur un tombeau !
Je sens ma harpe plus rapide Darder plus ardent son éclair;
Je sens ma lèvre moins aride Respirer plus libre dans l’air;
Je sens s’élancer ma pensée.
Comme une colombe pressée De se poser au toit d’amour;
Et mon regard tout plein de flamme Semble vouloir mêler mon ame Au rayon le plus pur du jour...
Passez, passez, flots de silence,
O mer, apaise tes soupirs!
Viens planer, ô mon espérance !
Sur les débris de mes désirs!